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  • L'art de bien traduire les mots

    « Dans la traduction, on a déjà l’architecture globale, le livre existe déjà, ce qui n’est pas le cas dans l’écriture. La traduction, c’est du travail d’orfèvre, très minutieux. » C’est ainsi que le traducteur Brice Matthieussent invité d’honneur du Festival VO-VF de Gif-sur-Yvette, parle de son métier. Une manifestation littéraire, créé en 2013 à l’initiative de deux libraires Hélène Pourquié et Pierre Morize, avec Sylvie Melchiori. Une manifestation « unique en son genre, puisqu’elle donne la parole au traducteur, lecteur idéal et formidable passeur entre les littératures du monde. » écrivent ses organisateurs

    Une profession incontournable dans l’édition française où la part des traductions dans la production, tous genres confondus, littérature, bande dessinée, jeunesse, sciences humaines et sociales, art, a atteint en 2017 19,1 % des 13 027 nouveautés Une progression de 14 % en dix ans.

    Livres Hebdo confirme ce niveau record : « Lentement mais sûrement, la part des traductions dans la production de l’édition française progresse. Témoignant de la mondialisation croissante du secteur, au sein duquel les échanges de droits se sont multipliés au fil des années.»

    Ce savoir faire artisanal et très spécialisé sera-t-il un jour bousculé par la technologie ? Le 18 octobre 2018 était publié le premier livre entièrement traduit par une intelligence artificielle. Ironie de la chose, l’ouvrage est consacré… à l’intelligence artificielle. France Info qui apporte cette précision explique : « 800 pages de concepts et de formules mathématiques. Le livre L’apprentissage profond, écrit en anglais par trois scientifiques, Ian Goodfellow, Yoshua Bengio et Aaron Courville, fait référence dans le domaine de l’intelligence artificielle. Il sortira prochainement pour la première fois en langue française. Alors qu’il aurait fallu des semaines à un humain pour le traduire, il a suffi d’une douzaine d’heures au logiciel de traduction mis au point par l’entreprise Quantmetry pour exécuter cette tâche. » L’article se termine par ce constat : « "Il n’est pas possible de traduire automatiquement de la littérature" », confie encore Jérémy Harroch. Les traducteurs humains ont encore quelques belles heures devant eux. » 

    Un travail que l’on peut découvrir sur le site de Télérama qui diffuse en avant-première et en accès libre jusqu’au 9 novembre, le film d’Henri Colomer, “Des Voix dans le Chœur – Eloge des traducteurs” (photo), projeté lors du festival Les Etoiles du documentaire organisé par la Scam (Société civile des auteurs multimédias) au Forum des Images à Paris les 10 et 11 novembre 2018.

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  • Bientôt la rentrée (littéraire)

    Vainqueur incontesté des ventes de livres cet été Guillaume Musso. Le quotidien 20 minutes nous en dit plus : « Eté comme hiver, année après année, livre après livre, il caracole en tête des ventes. Et son dernier roman ne fait pas exception. La jeune fille et la nuit de Guillaume Musso a été le livre le plus vendu ( et donc le plus lu ?) de l’été, s’est félicité mercredi son éditeur Calmann Levy. Ce thriller qui se déroule sur la Côte d'Azur s’est écoulé à plus de 55.000 exemplaires depuis juillet, a indiqué la maison d’édition en se basant sur les chiffres de l’institut GfK. Au total, depuis sa sortie en avril, le quinzième roman de Guillaume Musso s’est vendu à plus de 555.000 exemplaires. »

    Une bonne nouvelle pour son éditeur qui doit espérer que cela continue à l’automne, car comme à chaque rentrée littéraire les libraires vont être submergés de nouveautés, au total 567 romans. Particularité cette année, relevée par la presse, le nombre – 94 - de « premiers romans ». Un phénomène que Le Huffington Post analyse en donnant notamment la parole à Charlotte Milandri créatrice du blog 68 premières fois : « Il y a un intérêt grandissant autour des premiers romans car ils reçoivent une attention particulière de la part des médias. Le premier roman me semble-t-il, est devenu un objet marketing, au point que certaines maisons d'édition utilisent des stratagèmes pour que des romans obtiennent le qualificatif de premier roman (publication sous pseudo, explication discutable sur un texte précédent, tentative de qualification d'un premier texte comme une autobiographie). Le présenter comme un premier roman est déjà en soi un argument de mise en avant ».

    Des primo-romanciers revitalisants pour un secteur de l’édition en plein « remue-ménage » selon Le Monde qui récapitule la « série de cessions et de réorganisations d’une ampleur rarement égalée », et annonce une rentrée « morose » : « Les groupes d’édition gèrent plus que jamais à l’économie, ce qui peut se traduire par des suppressions d’effectifs. En redressement judiciaire, France Loisirs a licencié 450 salariés sur 1350 en France cette année. Bien plus modeste, un plan de sauvegarde de l’emploi concerne une quinzaine de salariés dans les sociétés holdings de La Martinière et de Média-Participations. Cette reprise en main suscite des inquiétudes, notamment au Seuil, dirigé depuis avril par Hugues Jallon, venu de La Découverte (Editis).»

    D’autres articles sur la rentrée littéraire : Télérama « Rentrée littéraire 2018 : voici notre sélection des meilleurs romans », « Rentrée littéraire 2018, les choix de France Culture et de L'Obs », L’Express « Nos coups de cœur de la rentrée littéraire », Les Inrocks « Nos 40 romans préférés de la rentrée littéraire ».

    Photo : petit échange entre Tatiana de Rosnay et Guillaume Musso sur Facebook.

    Guillaume Musso, Le Huffington Post, Charlotte Milandri, Le Monde, Hugues Jallon, Télérama, france culture, L'Obs, L'Express, les inrocks

  • Des romans trop réels, V.S Naipaul, et des visas refusés

    Des romans trop vrais pour être honnêtes

    L’écriture se nourrit de l’imagination de l’auteur-e, mais également de son vécu, de ses expériences, des personnes de son entourage. Il s’agit ensuite d’écrire une histoire, de l’inventer. Certains pourtant ignorent cette étape et ce contentent de copier-coller la réalité pour en faire un roman. Prenant prétexte des déclarations de Séverine Servat de Rugy, épouse du président de l'Assemblée nationale, qui estime que le roman "Vivre ensemble" d'Émilie Frèche, à paraître le 22 août, porte atteinte à sa vie privée, France Info rappelle les démêlés judiciaires de « cinq romanciers condamnés pour s'être (un peu trop) inspirés de la vraie vie ». Les ouvrages cités en exemple sont "Fragments d'une femme perdue" de Patrick Poivre d'Arvor, "Colères" de Lionel Duroy, "Les Petits" de Christine Angot, "Belle et bête" de Marcela Iacub, et "La Ballade de Rikers Island" de Régis Jauffret. France Info détaille le contenu du roman, les de la plainte, et les décisions de justice. Séverine Servat de Rugy n’a pas demandé l’interdiction du livre mais a obtenu qu’un encart précisant qu'il s'agissait bien d'une "œuvre de fiction" soit inséré dans le livre.

    9782264017499FS.gifLa disparition de V.S. Naipaul

    La mort à 85 ans de l’’écrivain britannique Vidiadhar Surajprasad Naipaul, prix Nobel de littérature en 2001 et auteur de plus de trente ouvrages, aurait pu passer inaperçue en plein mois d’août si quelques journalistes n’étaient pas encore partis en vacances.

    Télérama écrit : « Ce romancier et essayiste voyageur était « l’écrivain plus opposé aux idées reçues et à la bien-pensance qu'on puisse imaginer » (dixit Télérama), portant un regard sans concession sur les sociétés post-coloniales, et notamment sur la place de l'islam chez les peuples non arabes », et republie un grand entretien qu’il avait accordé au magazine en 2001. Libération publie la réponse à la question posée en 1985 par le quotidien « Pourquoi écrivez-vous ? » : « Ne pas écrire, c’est ne pas contempler ; ne pas contempler, c’est se révéler incapable d’extraire le sens réel, la pleine valeur de son expérience ; c’est laisser la vie, le temps, s’écouler sans avoir de signification», et Le Figaro recommande les « Cinq livres de V.S. Naipaul à lire.

    Livres sans frontières

    Livres Hebdo nous apprend que une douzaine d’auteurs invités au Festival international du livre d’Edimbourg qui se déroulera du 11 au 27 août, se sont vus refuser l’entrée sur le territoire britannique : « Le festival, qui invite 900 auteurs et illustrateurs de 55 pays, fournit régulièrement une assistance dans les démarches de demande de visa. Nick Barley, directeur du festival, dénonce dans The Guardian un "processus de demande humiliant" qui dissuade les auteurs de venir sur le sol britannique. "Nous avons tellement de problèmes avec les visas, nous avons réalisé que c’est systématique. Nous voulons en parler et résoudre ce souci. Pas seulement pour le festival mais aussi pour les organisations culturelles au Royaume-Uni" ».

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