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rue 89

  • Les auteures exclues du bac littérature

    « Le nouvel auteur au programme de littérature en terminale L est André Gide, avec son roman Les faux monnayeurs. C'est un beau livre, écrit par un auteur important qui mérite d’être étudié. Ce n’est pas lui, le problème. 

    110145_couverture_Hres_0.jpgMais jamais une auteure femme n’a été au programme de littérature en terminale L. Nous ne demandons pas la parité entre artistes hommes et femmes. Nous aimerions que les grandes écrivaines comme Marguerite Duras, Mme de Lafayette, Annie Ernaux,  Marguerite Yourcenar, Nathalie Sarraute, Simone de Beauvoir, George Sand, Louise Labé... soient aussi régulièrement un objet d'étude pour nos élèves. A un type de classe composé en majorité de filles et des profs de lettres qui sont majoritairement des femmes, quel message subliminal veut-on faire passer ? »

    C’est par ses quelques lignes que commence la pétition initiée par Françoise Cahen, professeure de littérature de terminale L. Intitulée « Pour donner leur place aux femmes dans les programmes de littérature au bac L », elle est adressée à Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

    Dans sa réponse, la ministre explique que ce choix dépend d’une commission qui « prend en compte plusieurs critères dans le choix des œuvres : des critères d’ordre littéraire et esthétique, la longueur des textes, l’accessibilité et la difficulté des œuvres pour les élèves de terminale dans la perspective de l’examen, les choix effectués les années précédentes pour varier les approches (genres et périodes). » Elle conclue sa lettre ainsi : « Je souhaite que désormais la place respective des auteures et des auteurs soit ajoutée à ces critères afin que les œuvres des auteures femmes puissent être étudiées. Un travail de sensibilisation sera par ailleurs mené afin que ce critère soit aussi retenu dans le choix des textes sélectionnés pour les sujets d’examens. Vous pouvez compter sur ma détermination et mon engagement pour donner aux femmes toute leur place. »

    A ce sujet Le Magazine littéraire rappelle que « La pétition reprend le combat mené par une lycéenne, deux ans auparavant, relayé par le site de rue89. » A l’époque, « Ariane, jeune bordelaise, s’adressait à Benoit Hamon, alors ministre de l’Education Nationale à l’époque, en ces termes « Si l’école a aujourd’hui la vocation de former autant des citoyennes et des citoyens que des esprits – comme le témoigne par exemple l’enseignement d’éducation civique –, qu’elle montre l’exemple vers une société égalitaire. Actuellement, elle ne fait que refléter le sexisme toujours ambiant de notre culture. » Le magazine conclut : « Mais bien que la lettre ouverte ait fait le tour d’internet, le gouvernement n’avait pas réagi... »

  • Pauvres auteurs

     

    « Paupérisation » est le mot le plus entendu au cours du dernier festival de la BD d’Angoulême. Il concerne la situation des auteurs dans ce milieu, mais pas uniquement, comme en témoignent des articles parus récemment.

    Sur le site Rue 89, Claire Richard, écrit « La Société des gens de lettres, qui représente des auteurs littéraires, alerte elle aussi sur une « spirale de paupérisation », liée à « une baisse des tirages, une baisse des à-valoir, et une baisse des pourcentages de droits d’auteur ». Ailleurs, même chose : en Grande-Bretagne, une récente étude indique que le revenu médian des auteurs professionnels (qui tirent plus de 50% de leurs revenus de leur plume) est inférieur au salaire minimum. »

    Actualitté de son côté, publie une tribune qui se fait l’écho de la situation des illustrateurs jeunesse : « Pourquoi l’auteur jeunesse est-il si mal rémunéré ? Il touche en moyenne 6 % de droits d’auteur par livre vendu (dans le cas des albums créés par un binôme, la réalité se situe souvent autour de 2 % ou 3 % chacun), contre 10 % dans les autres domaines (bande dessinée et littérature générale). Aucune raison, ni artistique ni économique, de légitimer cette sous-rémunération. À moins de se pencher sur des habitudes ancrées dans l’histoire, mais complètement obsolètes : les premières artistes de la littérature jeunesse étaient des femmes, qui défendaient peu leurs droits et ne prétendaient pas vivre de leurs écrits. »

    Dans une enquête publiée en décembre 2014, les Inrockuptibles indiquaient « Combien gagnent vraiment les écrivains made in France ? Il existe en réalité un contrat-type relativement encadré. Les romanciers sont rémunérés en droits d’auteur, c’est-à-dire la part qui leur revient sur le prix du livre, selon la règle du “8/10/12”. Cela signifie qu’ils touchent généralement 8 % de droits jusqu’à 10 000 exemplaires vendus, 10 % entre 10 000 et 20 000 exemplaires et 12 % au-delà. Cette échelle de droits peut varier d’une maison d’édition à l’autre, mais aussi en fonction de la notoriété de l’auteur, de ses ventes précédentes ou des prix (Goncourt, Renaudot…) qu’il a reçus. Pour un écrivain confirmé, qui vend autour de 40 000 à 50 000 exemplaires, peut ainsi être pratiqué le “10/12/14” voire plus. »

    Mais voilà, pour vivre de son écriture, il faut vendre des livres. Une stratégie dont personne ne connaît la recette miracle. Il faut dire aussi que le monde de l’édition est devenu une vaste loterie, où les éditeurs publient des auteurs en tout genre avec l’improbable espoir que, dans le lot, quelques-uns vont attirer en masse le public. De là à espérer payer son loyer avec...

    Comme le rappelle Actualitté, Fleur Pellerin, ministre de la Culture, annonçant une fête jeunesse autour de la littérature, a dit : « Les bons résultats économiques de la filière ne doivent pas faire oublier les inquiétudes des créateurs, et j’y suis sensible. » 

    Dessin de James publié par le site Bodoï (2014).

    james-snac.jpg

     

  • Les ados lisent aussi

    Depuis Harry Potter et ses 7 volumes, des sagas comme Eragon, ou Hunger Games, on sait que les adolescents peuvent se plonger avec délectation dans des livres de plus de 700 pages contredisant ceux qui déplorent que les écrans de jeux ou d’ordinateur sont leurs seuls centres d’intérêt.

    Un nouveau genre éditorial va dans ce sens. Le site Rue 89 / Nouvel Observateur y consacre un grand article et explique : « Bien que l’édition jeunesse subisse un fort recul d’activité (-7% selon les derniers chiffres du Syndicat national de l’édition), les éditeurs et les libraires sont d’accord : les ventes de cross-age sont en augmentation constante. Elles sont cependant difficiles à mesurer, un même ouvrage pouvant être classé jeunesse, jeune adulte ou adulte selon les librairies. Mais que celui qui affirme que les jeunes ne lisent plus se jette le premier tome ! »

    Le « cross-age », est un anglicisme  qui désigne une littérature spécifique pour les 12-18 ans et qui fait la transition entre les livres pour enfants et ceux pour « adultes ». Un genre qui flirte avec les règles de la loi de 1949 sur la protection de la jeunesse qui codifie les contenus des livres et journaux destinés aux enfants.

    En effet les thèmes abordés dans ces romans sont actuels et le langage utilisé puise dans l’univers quotidien des jeunes. Rue 89 précise « la littérature jeunes adultes est encore très peu conseillée par les prescripteurs, qu’ils soient parents ou enseignants. En cause, le niveau de langue, parfois grossier, ou la complexité des thèmes abordés. Erreur ! Car si l’on parle de sexe, de violence, de drogue, d’immigration, de grossesse précoce, de maladie ou d’homosexualité, comme c’est le cas dans les romans contemporains des collections DoAdo, DoAdo Noir ou Exprim’, ce n’est jamais gratuit, et les qualités littéraires tout comme la cohérence narrative sont au rendez-vous. »

    Un phénomène très en vogue que décrypte également le site « Ne vois-tu rien venir ? » dans un dossier très complet : « La littérature pour adolescents et pour jeunes adultes est la seule à être définie par son public plutôt que par son genre ». Les contours du public, comme ceux des genres sont tout autant difficiles à délimiter. Derrière l’expression galvaudée « young adults » (YA) se cache une offre littéraire diverse, étroitement liée à l’évolution du secteur jeunesse de ces 20 dernières années qui a vu la massification de la production ainsi que son Sarbacane, Exprim', Rue 89, cross-age, Ne vois-tu rien venir ?, young adultsinternationalisation. Tout d’abord, certains succès ont eu des répercussions telles que les éditeurs ont redéfini leurs stratégies marketing afin de toucher les lecteurs au-delà du public adolescent. Ainsi, la double publication en jeunesse et en littérature générale est désormais courante. Les grands formats ont évincé les collections poches, cantonnées désormais aux rééditions ou aux classiques, destinés aux plus jeunes des lecteurs. Les codes graphiques ont eux-mêmes évolué, tout comme les noms des collections. Il s’agit de gommer les attributs « jeunesse ». Ainsi, les photographies remplacent les illustrations ; des logos au design moderne évincent les mentions « jeunesse » en couverture ou sur les quatrièmes, etc. Le roman pour adolescent a revêtu des attributs hybrides, lui permettant de s’insérer dans les différents rayons des librairies et des bibliothèques. »  

    En France, on trouve cette littérature, dans plusieurs grandes maisons d’édition mais aussi chez Sarbacane qui dès 2006, lançait « une collection de romans Nouvelle génération tournée vers les grands ados et jeunes adultes, sous le label Exprim’ » (en photo).

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