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roland barthes

  • Le plaisir de lire se partage

    « Nous voulons faire de la lecture un plaisir. Les vacances sont l’occasion de sortir du temps de lecture obligatoire qui a lieu à l’école et qui est nécessaire, mais pas suffisant. L’école apprend, très bien, à lire, mais la majorité des adultes qui savent lire ne lisent plus de livres après leur scolarité. La majorité des gens qui savent lire n’y trouvent aucun plaisir. Ou plutôt pense n’y trouver aucun plaisir ! » Constatation un peu abrupte de Vincent Monadé, président du Centre National des Lettres, à propos de l’opération Partir en livre. Déclaration tempérée par ce commentaire : « Notre objectif est de montrer que savoir lire n’est pas seulement utile, c’est également un bonheur. »

    Les lecteurs sont plus sensibles que les autres constatait en 2015 un article d’Actualitté qui comparait les différents supports de lecture, papier ou écran. On pouvait lire : « Le développement intellectuel et émotionnel repose pour partie sur les lectures pratiquées : roman, poèmes, nouvelles, qu'importe, il s'agit de lire pour former le cerveau et parvenir à partager les sentiments des personnages. Par ce phénomène d'appropriation, sorte de mimétisme que le lecteur applique au récit, les stimulations de différentes régions du cerveau forment une expérience par procuration. Dilemmes moraux, frayeurs, émotions bouleversantes : toutes ces résultantes de nos lectures participent de la formation personnelle. »

    Partir en livre, Vincent Monadé, CNL, Actualtté.com, Jules Renard, Francis Richard, François Mauriac, Roland Barthes, 20 minutesBonheur et formation personnelle, les atouts de la lecture ne manquent pas. Au rayon « plaisir de lire », on citera Jules Renard «  Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux. » ou François Mauriac « La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté. » Dans une analyse du livre Le plaisir du texte, Francis Richard cite sur son blog l'auteur Roland Barthes : « Si je lis avec plaisir cette phrase, cette histoire ou ce mot, c’est qu’ils ont été écrits dans le plaisir. »

    Plaisir d’écrire, plaisir de lire, autant de satisfactions que l’on peut aussi partager. Le quotidien 20 minutes invite ses lecteurs à rejoindre sa « communauté « Livres » et les incite à chroniquer leurs livres préférés sur une plateforme - où tous les genres « polar, chick lit, Heroic Fantasy, littérature générale, jeunesse ou érotique -, ont leur place ». Seule consigne pour la rédaction de ces fiches, que le livre ait plu.

  • Insécurité routière et littérature

    La littérature verse un lourd tribut aux accidents de la route. En ce début d’année on apprenait que l’éditeur Paul Otchakovsky-Laurens avait trouvé la mort à 73 ans, dans un accident de la route à Marie-Galante, en Guadeloupe. Editeur et directeur de collection chez Flammarion et Hachette, il avait fondé en 1983, sa propre maison d'édition, P.O.L. Télérama écrit à son propos : « Les éditions P.O.L, laboratoire de la littérature française contemporaine dans ce qu'elle a de plus neuf et original ? Certes. Mais, loin de demeurer marginaux ou invisibles, les auteurs de chez P.O.L – ils s'appellent notamment Emmanuel Carrère, Mathieu Lindon, Marie Darrieussecq, Nicolas Fargues, Jean Rolin, Atiq Rahimi, Patrick Lapeyre...– accumulent aujourd'hui les succès de librairie et les prix littéraires. » Paul Otchakovsky-Laurens est également le réalisateur du film « Editeur » dans lequel il évoque son métier.

    Autre accident récent, celui qui a coûté la vie en août 2017 en Normandie, près de Pont-L'Évêque à Gonzague Saint-Bris passager d’une voiture conduite par sa compagne. Celle-ci a été mise en cause et a comparu début janvier 2018 devant le tribunal correctionnel de Lisieux pour homicide involontaire. Fils d’éditeur, écrivain, il était l’auteur de plus de 50 ouvrages, son dernier livre « Les aristocrates rebelles » (Les Arènes) est paru après sa mort.

    On se souvient également de l’accident de Roland Barthes en 1980, percuté par un véhicule rue des Ecoles à Paris alors qu’il sortait de la brasserie Le Balzar et se dirigeait vers le Collège de France où il professait. Il avait 64 ans. En 2015, cet accident suscitera le roman de Laurent Binet « La septième fonction du langage » (Grasset), dans lequel il imagine que l’écrivain a été assassiné. Une œuvre de pure fiction mais qualifiée par Le Point de « roman le plus drôle et le plus savant de la rentrée littéraire ».

    Emmanuel Carrère, Mathieu Lindon, Marie Darrieussecq, Nicolas Fargues, Jean Rolin, Atiq Rahimi, Patrick Lapeyre, Paul Otchakovsky-Laurens, Gonzague Saint-Bris, Roland Barthes, Albert Camus, Myriam Lebret, Bernard de Fallois, Marcel Pagnol, Robert Merle, Raymond Aron, Jacqueline de Romilly, Fernand Braudel, Joël Dicker

    Photo L'Yonne républicaine.

    Plus loin encore, le décès d’Albert Camus prix Nobel de littérature 1957, le 4 janvier 1960, dans un accident où il se trouvait en compagnie de son éditeur Michel Gallimard qui lui, éjecté de la Vega Facel, succombera à ses blessures. Comme l’écrit Myriam Lebret dans L’Yonne républicaine : « On retrouve dans la voiture, après l'accident, le manuscrit inachevé du Premier homme. Ainsi qu'un billet de train. »

    Mais il ne faut pas tirer de généralités de ces exemples, la route n’est pas la seule cause de décès des écrivains et des éditeurs. Dans le même temps on apprenait la disparition de Bernard de Fallois, 91 ans, président et fondateur en 1987 des Editions de Fallois, dont Le Monde nous apprend qu’il a publié « Plus de 800 romans français et étrangers, essais, ouvrages philosophiques, études historiques. » Dans son catalogue d’auteurs on peut citer Marcel Pagnol, Robert Merle, Raymond Aron, Jacqueline de Romilly, Fernand Braudel, et Joël Dicker, dont le roman « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert », a été un best-seller mondial.

  • Fabrice Luchini l’homme qui fait aimer les textes

    Louis-Ferdinand Céline, Arthur Rimbaud, Roland Barthes, Victor Hugo, La Fontaine, Sacha Guitry, Charles Peguy, Chrétien de Troyes, Fabrice Lucchini, Rimbaud, Molière, Céline, Flaubert, Labiche, Laurent Terzieff, Paul Valéry,  Louis-Ferdinand Céline, Arthur Rimbaud, Roland Barthes, Victor Hugo, La Fontaine, Sacha Guitry et même Charles Peguy ou Chrétien de Troyes, Fabrice Lucchini a lu, ou plus souvent dit - de mémoire -, les textes de ces auteurs. Des écrivains du répertoire qui l’ont « métamorphosé » explique-t-il à Culturebox.

    Amoureux du verbe et de la littérature, le comédien a bâti nombre de ses spectacles autour d’eux. Sur le blog des « Luchinistes » (sic) on trouve cette citation à propos de son travail : « Voilà : si on ne s'est pas demandé comment l'écrit pouvait devenir de l'oral, si on ne s'est pas demandé comment oraliser l'écrit sans le trahir, alors on ne peut pas réussir. C'est quoi, l'écrit ? Ça n'a l'air rien de rien, cette question, mais on doit se la poser de façon quasiment névrotique. L'imprimé, c'est des cicatrices, pas des mots. Je parle des cicatrices organiques dont les mots sont porteurs. Les mots sont des planches jetées sur un abîme. Et un acteur, c'est celui qui déchiffre non pas les mots mais les cicatrices. Dès l'âge de 26, 27 ans, je ne me suis plus occupé que de ça : les cicatrices. Je suis un obsédé de la note. La note qui se trouve dans la phrase. C'est ça, travailler un texte. Mon obsession, avec Céline, était la suivante : comment restituer la perfection de l'écrit dans une oralité qui ne trahisse pas les intentions premières de l'œuvre ? Voilà. Cette obsession est devenue une passion. »

    A propos du spectacle « Poésie ? » qu’il joue actuellement et jusqu’à fin juin à Paris et où il dit des textes de Rimbaud, Molière, Céline, Flaubert, Labiche, il explique :

     « J’ai eu envie de me confronter de nouveau à des textes de pure poésie, des textes de pure littérature, de pur théâtre… Après une année passée aux côtés de Laurent Terzieff et en souvenir des dîners qui prolongeaient nos représentations, j’ai eu envie de lui rendre un hommage discret, lui qui disait : “être un poète, c’est une manière de sentir”»

    En 2014 dans Le Figaro il racontait la genèse du spectacle : « La poésie ne s'inscrit plus dans notre temps. Ses suggestions, ses silences, ses vertiges ne peuvent plus être audibles aujourd'hui. Mais je n'ai pas choisi la poésie comme un militant qui déclamerait, l'air tragique : « Attention, poète !» J'ai fait ce choix après avoir lu un texte de Paul Valéry dans lequel il se désole de l'incroyable négligence avec laquelle on enseignait la substance sonore de la littérature et de la poésie. Valéry était sidéré que l'on exige aux examens des connaissances livresques sans jamais avoir la moindre idée du rythme, des allitérations, des assonances. Cette substance sonore qui est l'âme et le matériau musical de la poésie. »

    Si Fabrice Luchini "passeur de textes", se passionne pour les auteurs, il raconte aussi sa vie dans « Comédie française » (Flammarion) qui vient de paraître.

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