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pierre bourdieu

  • Le métier d’écrivain, de l’imaginaire à la réalité

    L’alchimie de l’écriture

    La romancière Célia Houdart a accordé un grand entretien au magazine Diacritik. Elle y parle avec Johan Faerber de son dernier roman « Tout un monde lointain » (P.O.L), mais évoque aussi son travail d’écriture. Morceaux choisis :

    41qqN2rZtaL._SX195_.jpg« Littérature du sensible est une belle façon de qualifier ce que je cherche et laisse venir au cœur de l’écriture. Je façonne des personnages et puis, dans une sorte d’attitude contemplative, presque passive, je les observe. Je vois comment le contexte (lieu, climat, lumière) où ils sont, agit aussi sur eux, les modifie. Je compose alors un monde suffisamment ouvert pour que les personnages et ensuite les lecteurs puissent se l’approprier. Se glisser dedans. » (…)

    (…) « Je trouve que souvent la relation linéaire, cause-conséquence ne rend pas assez compte de la complexité du monde. Alors je m’en remets à des matières, à la lumière, à des rythmes, à l’atome, oui, à toute une alchimie du vivant. Cela me semble plus fidèle au réel, tel que je le perçois. La lecture de Musil a été, sur ce point, déterminante pour moi. Elle m’a ouvert de nouveaux horizons. Mon intérêt pour les lois physiques, la thermodynamique, la météo, vient de là. Ma défiance aussi pour la psychologie des personnages et la soi-disant logique du récit. »

    Les difficultés à en vivre

    direct.jpgLe livre « Profession ? Écrivain » (CNRS édition) publié sous la direction de Gisèle Sapiro et Cécile Rabot, est présenté par le blog Pierre Bourdieu un hommage, comme « la première enquête de fond sur les conditions d’exercice du métier d’écrivain aujourd’hui en France. » L’auteur de l’article écrit : « Alors même que l’activité d’écrivain tend à se professionnaliser, les auteurs connaissent aujourd’hui une précarisation : rares sont celles ou ceux qui parviennent à vivre uniquement de leur plume. Certains exercent un autre métier plus ou moins lié à l’écriture (enseignement, édition, écriture de scénarios, etc.), qui est leur source de revenus principale. Pour d’autres, les activités connexes occasionnelles – lectures-débats, résidences, ateliers d’écriture – constituent une ressource économique de plus en plus importante. C’est sur ces activités et les échanges qu’elles impliquent avec d’autres médias, théâtre, cinéma, musique, qu’est centré le présent ouvrage. Quel est le rôle de ces interactions dans le processus de reconnaissance littéraire ? Comment s’articulent-elles avec l’écriture ? »

  • Les « invisibles » racontent leur vie

    « Par les voies du livre et d’internet, Raconter la vie a l’ambition de créer l’équivalent d’un Parlement des invisibles pour remédier à la mal-représentation qui ronge le pays. Il veut répondre au besoin de voir les vies ordinaires racontées, les voix de faible ampleur écoutées, les aspirations quotidiennes prises en compte. En faisant sortir de l’ombre des existences et des lieux, Raconter la vie veut contribuer à rendre plus lisible la société d’aujourd’hui et à aider les individus qui la composent à s’insérer dans une histoire collective. »

    Ces quelques lignes résument l’esprit de Raconterlavie.fr,  un site internet participatif, mais également une collection de livres publiée par les éditions du Seuil au prix de 5, 90 euros.

    Initiés par l'historien Pierre Rosanvallon, professeur au collège de France et spécialiste de l'histoire de la démocratie, ces projets ont pour ambition la création d’un « Parlement des invisibles » dont il détaille la philosophie dans un livret- manifeste de 68 pages au titre éponyme (également disponible sous format numérique EPub), et dans une vidéo.

    Sur FranceTV Info on apprend qu’il s’est s'inspiré de l'expérience « Les Français peints par eux-mêmes » au XIXe siècle, « 400 brochures illustrées consacrées chacune à un type social » et dont Balzac a inauguré la série avec un portrait de l'épicier. Il cite également l'ouvrage « La France invisible » publié quelques mois avant l'élection présidentielle de 2007, sans oublier Pierre Bourdieu et « La misère du monde »

    De nombreuses catégories sociales sont représentées parmi les 2400 membres de la communauté déjà réunis sur le site, des retraités, des lycéens, des étudiants, des ouvriers, des artistes. Une diversité qui se retrouve aussi dans les thèmes abordés dans les opuscules : « A l’ANPE », de Jean-Pierre Mazet, conseiller à l’emploi,  « Je fais partie de l’écosystème », de Jocelyne Marce, maraîchère, « Chercheur au quotidien » de Sébastien Balibar, physicien expérimentateur,  ou « Au fast-food » d’Anne-Florence Lièvremont.

    Philosophie magazine lui aussi a consacré un article à cette initiative et explique « Les règles de ce site participatif sont simples : format court, exigence minimale de style et liberté d’expression. Cinq catégories ont été créées afin de définir de grands chapitres sous lesquels classer ces témoignages spontanés : Changer de vie ; Impossible séparation ; Être au service des riches ; Manque de respect ; Entre deux mondes ; Vivre low-cost. »

    Le magazine Prima (daté juin 2014) s’intéresse aussi au phénomène et une de ses journalistes, Valérie Zerguine, l’a testé. Elle conclut ainsi son texte « Vous aussi, en découvrant la vie des autres, puis peut-être en écrivant la vôtre, vous deviendrez membre de cette communauté dont l’humanité est le fil conducteur. Poster son témoignage donne un sens à ce que l’on a vécu : on devient visible, on se sent entendu. Sur « Raconter la vie », il n’est pas question de célébrité ni d’ego, mais tout simplement de reconnaissance et de lien social. » Racontervie.jpg

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