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michel onfray

  • Don Quichotte nous fait son cinéma

    El_ingenioso_hidalgo_don_Quijote_de_la_Mancha.jpgLe film « "L'Homme qui tua Don Quichotte" réalisé par Terry Gilliam sera finalement présenté dans le cadre du festival de Cannes 2018. Un aboutissement heureux pour ce long-métrage souvent qualifié de « film maudit » car il aura mis plus de 20 ans à être terminé, mais aussi l’occasion de rappeler que les aventures de « L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche » sont une création de l’écrivain Miguel Cervantès. Un roman dont les deux volumes ont été publiés en Espagne en 1605 et 1615. Une œuvre satirique qui conte les pérégrinations à travers le pays d’un gentilhomme extravagant qui tente de concrétiser son rêve de devenir un Chevalier combattant le mal et au service des opprimés. Michel Onfray cité en 2014 par Télérama voit en Don Quichotte « l'homme de la dénégation, pour qui « le réel n'a pas eu lieu ». On y découvre en creux l'archétype du lecteur : « ce qu'il croit devient vrai et le vrai devient une fiction ». Lire ou quand « croire suffit pour voir ». Comment mieux traduire la complexité de ce texte qui pourtant a traversé les siècles ?

    Le récit a déjà adaptée de très nombreuses fois au théâtre comme au cinéma dans le monde entier. Il a inspiré un opéra, divers morceaux de musique, des ballets, des chansons, et aux Etats-Unis une comédie musicale « L’homme de la Mancha » adaptée ensuite en français et magistralement interprétée par Jacques Brel.

    Le texte du roman a aussi donné du fil à retordre à ses traducteurs. Le site Bulletin Hispanique pose la question de la traduction des « archaïsme » et en 2008 Le Monde constatait « Le roman "carnavalesque" de Cervantès pose, avec une particulière acuité, le dilemme classique de la traduction ». Le quotidien donne la parole à Jean-Raymond Fanlo traducteur d’une des ultimes traductions de l’œuvre : « A un moment, il faut arriver à une interprétation de la phrase pour la recréer en français. Au départ, je voulais être fidèle à la phrase de Cervantès. Et je me suis rendu compte que c'était illisible avec nos critères esthétiques. Ce que j'ai cherché à restituer pour les lecteurs d'aujourd'hui, c'est l'effet que pouvait espérer produire Cervantès en son temps. C'est une affaire de sensibilité aux mots. Pour moi, l'esprit tue, c'est la lettre qui vivifie. C'est en cherchant dans les détails que l'on voit apparaître les effets de bigarrure de la langue. »

    La bande-annonce du film :

    Don Quichotte.png

  • Les écrivains enterrés à Paris

    La famille de l’écrivain Michel Déon mort en Irlande en 2016 souhaitait que celui-ci fût définitivement enterré à Paris. Une volonté que la municipalité a rejeté arguant que l’écrivain ne répondait à aucun des critères administratifs le permettant. A savoir : être décédé sur le territoire de la commune, être domicilié sur le territoire de la commune, avoir une sépulture de famille dans la commune, et être inscrit sur la liste électorale de la commune. »

    Un appel indigné paru dans Le Figaro et signé par Antoine Gallimard, Yasmina Reza, Bernard-Henri Lévy, Michel Houellebecq, Delphine de Vigan, Amélie Nothomb, Philippe Sollers, Pierre Nora, Michel Onfray, Bernard Pivot, Erik Orsenna, Jean-Christophe Rufin, Tatiana de Rosnay, a cependant poussé la municipalité à trouver une solution. Selon Le Parisien la maire « a demandé à ses services d’accorder une dérogation pour répondre favorablement à la famille de l’écrivain ainsi qu’à Hélène Carrère d’Encausse (NDLR : secrétaire perpétuel de l’Académie Française dont Michel Déon était membre) ».

    Cortazar.jpgA Paris, le cimetière du Père-Lachaise (confesseur de Louis XIV) accueille sur ses 43 hectares un grand nombre de tombes d’écrivains. Le site Un Monde littéraire en dresse la liste : Marcel Proust, Guillaume Apollinaire, Honoré de Balzac, Gérard de Nerval, Beaumarchais, Antoine Blondin, Daudet, Alfred de Musset, Raymond Radiguet, Oscar Wilde, etc.. Toujours dans la capitale, c’est au cimetière du Montparnasse que l’on trouve les sépultures de Charles Baudelaire, Guy de Maupassant, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Emmanuel Berl, Marguerite Duras, Roberts Desnos, Alphonse Boudard, Maurice Leblanc, Régine Desforges.

    Quelques auteurs étrangers y reposent pour l’éternité : Samuel Beckett, Emil Cioran, Julio Cortázar, le poète péruvien César Vallejo.

    On y découvre aussi des tombes d’éditeurs renommés comme celle de Louis Hachette, Pierre Larousse, Pierre-Jules Hetzel, l’éditeur de Jules Vernes, ou Pierre Seghers.

    A Paris il existe pas moins de six cimetières susceptibles d'offrir le repos éternel à des écrivains et célébrités. Depuis des années Bertrand Beyern qui se présente comme « nécrosophe », et « l’homme qui passe sa vie dans les cimetières » (il propose des visites guidées) en dresse sur son site la liste, une liste constamment mise à jour. Il est également l’auteur de « Guide des cimetières en France » (Cherche-midi éditeur -1994) « Carnet de dalles » (Cherche-midi éditeur - 2011).

    Michel Déon reposera finalement au cimetière du Montparnasse dans le quatorzième arrondissement de Paris.

    Photo : la tombe de Julio Cortázar (document Bertrand Beyern).

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  • Le nouveau nouveau Magazine Littéraire

    Alors que l’on apprend que le constructeur Renault investit dans la presse en rachetant 40% de Sophia Publications appartenant à Claude Perdriel (fondateur du Nouvel Observateur), ce dernier reprend de son côté la main sur Le Magazine Littéraire.

    I-Autre-77200_360x440-le-nouveau-magazine-litteraire-n-1-janvier-2018.net.jpgCelui-ci devient Le nouveau Magazine Littéraire et amorce un virage éditorial puisqu’il « ambitionne d’être la revue des débats de la « gauche hors les murs ». Son directeur de la rédaction l’essayiste Raphaël Glucksmann déclare au Monde : « Il n’y a pas de ligne politique partisane, on veut offrir un regard littéraire sur le monde, raconter les idées, la société, les débats idéologiques ». Parmi les premiers signataires on note les noms de Najat Vallaud-Belkacem, Edgar Morin, Leïla Slimani, Michel Onfray.

    Une énieme aventure pour ce titre créé en 1966, et qui a changé plusieurs fois de propriétaire. Il a été détenu notamment par le groupe Artémis de François Pinault qui l'a cédé en 2014 à un groupe de quatre d’actionnaires, parmi lesquels Claude Perdriel. Le journaliste Maurice Szafran initiera une nouvelle formule pour relancer les ventes (voir chronique du 21 janvier 2015), en vain. Claude Perdriel est toujours l’actionnaire majoritaire du magazine désormais dissocié de Sophia Publications même s'il souhaite ouvrir le capital à d’autres investisseurs comme Xavier Niel (Free, copropriétaire du Monde).

    Plusieurs écrivains ont assuré la rédaction-en-chef de ce bi-mensuel à l’origine, devenu mensuel. On peut citer François Bott, Jean-Jacques Brochier, Laurent Nunez, José Macé-Caron, et Pierre Assouline.

    Sur Facebook Raphaël Glucksmann écrit :

    (…) « Pendant de trop longues années, le déclinisme et la tentation du repli, la pusillanimité et la xénophobie ont dominé notre paysage idéologique, médiatique et culturel. Comme si le pays de Voltaire et Montaigne, Gary et Rabelais, La Boétie et Zola s’était résigné à n’être que la nation de Maurras et de Maistre.

    Pendant de trop longues années, les « intellectuels-(dits)-de-gauche » - ce qui semblait être un pléonasme il y a quarante ans est presque devenu une contradiction - ont cédé du terrain, abandonné des mots, délaissé des causes, opté pour le nombrilisme et le défaitisme, le nombrilisme défaitiste et le défaitisme nombriliste.

    Il est temps de tourner cette page!

    Temps de retrouver le goût de l’aventure intellectuelle collective.

    Temps de renouer avec l’empathie qui est au cœur de la création littéraire comme de l’esprit humaniste.

    Temps de revisiter, repenser, réinventer l’Europe et le monde.

    Temps de "donner un sens plus pur aux mots de la tribu », la mission éminemment politique que Mallarmé assignait à la poésie.

    Temps, aussi, d’en finir avec les esprits douaniers, de décloisonner la littérature, le cinéma, la philosophie, la sociologie, l’Histoire, la géographie ou la science.

    Temps, enfin, de construire une maison commune. (…) »

    Dans les kiosques depuis le 18 décembre 2018.

    En photo, la couverture du Nouveau Magazine littéraire, on est loin des flamboyantes couvertures dessinées autrefois par le peintre Raymond Moretti.­­

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