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maurice nadeau

  • Le talent n’a pas d’âge

    A plus de 80 ans, ils nous montrent que l’écriture, c’est leur vie.

    L’Express publie un portrait d’Edmonde Charles-Roux, présidente du Prix Goncourt à 94 ans. Son éditeur Marianne Payot écrit « Il y a un mystère Charles-Roux: comment expliquer que cette grande bourgeoise, amie des légionnaires et des intellectuels, l'âme combative et le coeur à gauche, à la fois autodidacte et lettrée, suscite tant de bienveillance? Ou de déférence? Prononcer son nom est un sésame, les téléphones se décrochent pour dire, toujours, la même admiration, sans un mot discordant, comme si le temps et le respect dévolu à l'âge biffaient les aspérités: "Gaie, dynamique", louange Bernard Pivot, son compère du Goncourt. "Ardente, batailleuse, guerrière", pour Bernard-Henri Lévy, qui la côtoie depuis 1975. "Elégante, pudique, talentueuse", selon Pierre Bergé, qui annonce, dans un mouvement de fierté, la connaître depuis soixante ans. »

    Jean d’Ormesson, 88 ans, après avoir connu des problèmes de santé (un cancer, c’est lui même qui l’a dévoilé publiquement), fait la tournée des médias pour conforter le succès de son dernier livre Un jour je m’en irai sans avoir tout dit (Robert Laffont) déjà vendu à plus de 70 000 exemplaires et en tête des meilleures ventes dans le palmarès L’Express/Tite-Live.

    Autre « rescapé », le dessinateur Siné, désormais patron de presse, et qui, a 84 ans, publie Journal pré-posthume (Cherche Midi) dans lequel il raconte avec sa verve habituelle son terrible combat contre une leucémie aiguë myéloïde dont il est finalement sorti vainqueur. Une vraie leçon de ténacité.

    Toni Morrisson, 81 ans, romancière « afro-américaine », prix Pulitzer en 1987, pour son cinquième roman Beloved, prix Nobel de littérature 1993, a l’an dernier reçu les honneurs de la presse française pour son dixième roman Home qui paraît cette année en édition de poche (10/18).

    Sans oublier John Le Carré, 82 ans, lui aussi classé dans les meilleures ventes avec son dernier livre Une vérité si délicate (Seuil).

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    Aimé Césaire nous a quitté à 95 ans, Carlos Fuentes à 83 ans, Tom Sharpe à 85 ans, et l’écrivain et éditeur, Maurice Nadeau est parti à 102 ans. Le plaisir d’écrire est-il source de longévité et de jouvence ? Le secret est peut-être à trouver dans leurs livres.

    Photo : Cavanna raconte Cavanna (90 ans). Les Echappés.

  • Maurice Nadeau éditeur de son siècle

    Pour tous ceux qui aiment les livres et qui rêveraient de devenir éditeur comme Maurice Nadeau, « éditeur génial » (Le Monde) disparu le 16 juin 2013 à 102 ans, voici quelques traces de son itinéraire :

    41YPND9QBNL._SY445_.jpgNé le 21 mai 1912 à Paris, Maurice Nadeau avait pris le goût de la lecture indirectement de son père, un homme de la campagne "monté" à Paris pour faire le coursier, qui écrivait des chansons à ses heures. Mort sur le front en 1916, il avait laissé à ses deux orphelins une bibliothèque hétéroclite où l'on piochait les livres au hasard, de la Bible aux romans roses en passant par les Contes de La Fontaine. (Le Monde)

    « Pendant toute ma vie, j’ai toujours eu la bonne place pour découvrir des écrivains. J’étais à l’affût, j’écoutais, je lisais beaucoup, des manuscrits, les revues, la presse étrangère ». D’après l’AFP citée par Libération

    Le nouveau l'intéresse. La résonnance entre le style et l'époque. De la littérature, le trotskiste Nadeau n'attend jamais la conformité idéologique, mais cherche la singularité du regard, l'implication folle et totale d'un écrivain dans son monde, dans le monde. (Le Monde)

    « Contre la censure à l'occasion des poursuites contre Henry Miller. Contre les familles à propos d'Antonin Artaud. Pour des auteurs peu connus du public comme Henri Michaux, Georges Bataille, Maurice Blanchot ou Paul Léautaud. Pour de nouveaux venus, Jean Genet ou Samuel Beckett. J'accueille André Breton, de retour, glorieux mais éclipsé par Sartre et Camus, lesquels règnent. Je donne la parole à un jeune inconnu, Roland Barthes.» Cité par Le Figaro

    « Je privilégie les ouvrages qui interrogent le lecteur ou dont je perçois que leurs auteurs n'ont pas été sans se poser la question qu'a formulée Blanchot : “Qu'est-ce qu'écrire ? Pourquoi écrire ?”. J'écarte du même coup et tout naturellement les auteurs à succès, les bonnes âmes et les donneurs de leçons, ceux qui visent (pourquoi pas ?) le simple divertissement. » Cité par Le Figaro

    La Quinzaine littéraire, menacée depuis sa naissance de disparition, a connu récemment un épisode dramatique. On a bien cru que c’en était fini de cette revue entièrement vouée aux livres, aux écrivains et à l’édition, de cette « feuille » à l’ancienne, ultime représentante de trois siècles d’intérêt français pour les choses de l’esprit et de la plume. Mais Maurice Nadeau avait de la ressource et toute sa tête. Il a réagi comme il convenait, et a créé une société par actions (valeur : 100 € l’action) ouverte aux lecteurs, dans le but de réunir un capital de 80 000 € (http://www.quinzaine-litteraire.presse.fr/quinzaineenperil.php). Causeur.fr

    Le rencontrer dans son bureau balzacien de La Quinzaine littéraire, dont il a assuré la direction jusqu'au bout de ses forces, c'était se trouver en présence du « dernier des Mohicans », rebelle qu'aucun groupe, aucune instance, aucun cénacle ne parviendra à apprivoiser et encore moins à embrigader. Véritable institution de la marginalité, Maurice Nadeau pouvait se permettre de regarder de haut les beaux esprits qui venaient frapper à sa porte. (Le Figaro)

    Il adorait ça, Maurice, être à sa table de travail, lire, écrire, recevoir les écrivains, animer la revue, découper et coller, mettre en page, surveiller l'imprimerie. (Le Monde)

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    A lire de Maurice Nadeau : Grâces leur soient rendues (Albin Michel -1990), Une vie en littérature, conversations avec le philosophe Jacques Sojcher, sous le titre Une vie en littérature (Éditions Complexe, 2002), Serviteur !, sous-titré Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945 (Albin Michel, 2002), Le chemin de la vie, entretiens avec Laure Adler (éditions Verdier – le site de cet éditeur propose de nombreux articles de presse consacrés à Maurice Nadeau).

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