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  • Un éditeur, des bibliothèques, et une célébration inopportune

    Jean-Claude Lattès

    Sur France Info Bernard Pivot a rendu hommage à l’éditeur et écrivain Jean-Claude Lattès décédé le 27janvier 2018 et dont il était devenu l’ami en 1991, après la vente de sa maison d’édition à Hachette : « Il a eu beaucoup de succès comme éditeur. Il a d'abord été journaliste et puis sa curiosité de journaliste s'est portée dans l'édition. Il a eu la main heureuse puisqu'il a publié Joseph Joffo et il a publié un autre grand bestseller qui s'appelle Louisiane. Il a publié aussi des romans de Jean d'Ormesson, au moins une demi-douzaine, dont un qui a eu un énorme succès : Mon dernier rêve sera pour vous. Il s'agit d'une biographie sentimentale de Chateaubriand. C'est un éditeur très éclectique. Jean-Claude Lattès publiait aussi bien des romans populaires que des ouvrages savants sur la musique ou l'antiquité gréco-latine. »

    Ingvar Kamprad

    Finnby, Gersby, Liatorp, Brusali, Brimnes, Hemnes, et surtout Billy, avec ses déclinaisons ; Gnedby, Oxberg, Morliden, sont les noms des œuvres de Ingvar Kamprad, fondateur d’Ikea, le plus grand fournisseur de bibliothèques au monde et dont on vient d’annoncer la mort à 91 ans. Des meubles incontournables, pour tous les passionnés de livres et de littérature. Sur le site BDGest un internaute amateur de bandes dessinées explique à propos de la bibliothèque Billy : « Faut savoir que tu peux mettre environ 35 BD par étage dans une Billy de 40cm, ça te fait donc : Soit 140 BD "grand format" + 2 étages de manga/DVD/romans ! (4 "grands étages" + 2 petits), Soit 210 BD "format classique" ! (6 étages "normaux") »

    BILLY Bibliothèques série IKEA__201708-serie-rangement-bibliotheque-billy.jpg

    Charles Maurras

    Après la polémique suscité par l’annonce de la réédition des livres antisémites de Louis-Ferdinand Céline, nouveau remous créés par la décision du Haut-Comité aux commémorations nationales d’inclure Charles Maurras, auteur antisémite d'extrême droite, dans le Livre des commémorations 2018. D’après Europe 1, le ministère de la Culture a finalement retiré cette célébration du programme après l’indignation manifestée par plusieurs associations antiracistes et des historiens, dont Nicolas Offenstadt, membre du comité scientifique des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale.

  • Ces livres qui créent la polémique

    Finalement les éditions Gallimard ont annoncé qu’elles suspendaient leur projet de publier les pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline « Bagatelles pour un massacre », « L’Ecole des cadavres », « Les Beaux Draps ». Selon Antoine Gallimard, « les conditions méthodologiques et mémorielles ne sont pas réunies » pour « envisager sereinement » ces rééditions autorisées par la veuve de l’écrivain (105 ans) et dont l’annonce a suscité de fortes réactions contraires. Etonnamment les textes sont disponibles sur Internet.

    Autre décision celle d’un plus petit éditeur, De Varly , qui envisageait de rééditer les albums de bande dessinée « Bamboula » parus en 1951. Accusé de racisme colonial, l’éditeur Georges Fernandes a déclaré : « Le terme de « Bamboula » est une insulte en France. Personne ne devrait dire le contraire. Il y eut de nombreuses utilisations, la dernière en date est pour désigner, avec une forte connotation raciste, les Africains. L’auteur Marcel Turlin, dit « Mat » (1895-1982), était un homme de cœur. Il aimait faire rire les enfants et il détestait l’injustice. Il souhaitait la fraternité entre les hommes… Il a donc voulu prendre à contresens les idées de son époque. » Le projet a été abandonné.

    le-livre-sur-le-chaos-la-maison-blanche-en-vente-des-aujourd-hui-malgre-les-pressions-de-trump_0.jpgAux Etats-Unis, c’est le livre sur les premiers mois de présidence de Donald Trump « Fire and Fury » de Michael Wolff (éditions Henry Holt) qui mobilise les médias et surtout ses opposants. Même si les méthodes de son auteur pour recueillir les informations sont controversées, le livre qui présente un portrait peu flatteur du milliardaire s’est vendu à 1,4 million d'exemplaires en Amérique du Nord. L’édition française est annoncée le 22 février chez Robert Laffont avec un premier tirage de 80 000 exemplaires. En essayant, dans un premier temps, de le faire interdire par ses avocats, le président Trump lui a assuré une grande publicité.

    Enfin, dernier livre qui lui aussi a de grandes chances de susciter quelques remous, le premier tome des mémoires de Jean-Marie Le Pen, annoncées depuis des années, paraîtra le 1er mars 2018 (éditions Muller). Le fait que cette publication ait lieu quelques jours avant le Congrès du Front National dirigé par sa fille avec qui il est fâché n’est qu’une coïncidence. La preuve, ce volume ne couvre que la période 1928-1972, alors que le parti d’extrême-droite n’existait encore pas.

  • Des écrivains dans l’actualité de Zola à Elie Wiesel / Revue de presse

    Dans Paris Match : « Au Festival de Grignan, Brigitte Emile-Zola, l’arrière-petite-fille de l’écrivain, va lire les lettres du romancier à sa femme, Alexandrine. Une correspondance où plane la présence de sa maîtresse, mère de ses deux enfants. » (…)

    product_9782070139217_195x320.jpg« Qu’est-ce qui vous a poussée à  publier la correspondance de votre aïeul ?
    J’avais 18 ans quand mon grand-père a disparu. Il m’avait fait promettre sur son lit de mort de publier les lettres d’Emile Zola à Jeanne puis à Alexandrine… mais pas avant le XXIe siècle. Lui-même était médecin et avait passé sa vie à honorer la mémoire de son père en recevant chez lui les spécialistes de l’œuvre de Zola du monde entier.

    « Lettres à Alexandrine. 1876-1901 », d’Emile Zola, Gallimard, 832 pages. Festival de la correspondance de Grignan, du 5 au 10 juillet. Lecture de Brigitte Emile-Zola le 7 juillet. »

     

    Dans Télérama : « Grand voyageur, lecteur insatiable, brillant traducteur et essayiste, Yves Bonnefoy est décédé, à l'âge 93 ans. Il laisse une œuvre abondante, humaine et profuse, à son image. » (…) « Un seul livre a suffi à Bonnefoy pour figurer au premier rang des poètes français contemporains, une place qu’il ne quittera plus. Signe de cette surprenante célébrité, son deuxième recueil, « Hier régnant désert », obtiendra en 1959 le très « branché » prix de la Nouvelle Vague décerné par le journal L’Express. »

     

    Dans BibliObs  un témoignage inédit de Roger Grenier : « Quand André Gide est mort, en 1951, le seul journaliste disponible à France-Soir  était un spécialiste du fait divers, d'ailleurs excellent. On l'expédia rue Vaneau. Il ne rappela que le soir : « Aucun intérêt, c'est une mort naturelle. » C'est sans doute pour éviter un tel malentendu que, pour l'enterrement de Céline, comme j'étais catalogué littéraire, c'est moi qui fus envoyé. » (…) « Suivi de quelques voitures, le corbillard entama la montée, à travers les rues de Meudon, vers le cimetière des Longs-Réages. Il continuait à pleuvoir. Le convoi n'est pas passé par l'église, et il n'y a pas eu de discours. A peine au cimetière, le cercueil a été glissé dans la fosse. Quelques fleurs et c'en fut fini à jamais du docteur Destouches, alias Louis-Ferdinand Céline, dont la vie fut si longtemps pleine de bruit et de fureur. Il était à peine 9 heures du matin. Dans mon reportage de France-Soir, je m'étais permis d'écrire : « Il est toujours triste d'être obligé d'avoir honte d'un grand écrivain. »

     

    LaNuit.pngDans Marianne à propos de la disparition d’Elie Wiesel : (…) « En ces jours où la personnalité révérée éclipse l’écrivain merveilleux, c’est le sens, au fond, que délivre la Nuit. François Mauriac, lorsque lui parvinrent ces 200 pages transies de l’âme des disparus, ne s’y est pas trompé et leur a offert une préface. Commotion de ce récit où Wiesel donne une arche de papier à ses parents et à sa sœur suppliciés par l’hitlérisme, et dont on aurait tort de négliger la sombre beauté. « Jamais, écrit-il, je n’oublierai cette nuit, la première nuit de camp qui a fait de ma vie une nuit longue et sept fois verrouillée. Jamais je n’oublierai cette fumée. Jamais je n’oublierai les petits visages des enfants dont j’avais vu les corps se transformer en volutes sous un azur muet. Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma foi. » Et parce qu’il s’était fait le serment de ne jamais oublier tout cela, l’enfant de Sighet avait fait un vœu, dès avant l’éclosion de sa célébrité littéraire : « Que toujours, partout où un être humain serait persécuté, [il] ne demeurerai[t] pas silencieux ».»

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