Avertir le modérateur

livre

  • Le temps de lecture

    Ouvrir un livre et se glisser dans une faille spaciotemporelle est un des rares bonheurs encore aujourd’hui accessible à tous. La lecture d’un roman, d’une poésie, d’une lettre, est la possibilité d’un « voyage immobile » qui peut nous amener très loin.

    Pour Christilla Pellé-Douël, journaliste à Psychologies Magazine « La lecture apporte quelque chose de spécifique et d’unique par rapport au théâtre, au cinéma... car le texte que nous lisons n’existe que parce que nous le faisons exister. Le lecteur est actif. Il ne consomme pas, n’absorbe pas passivement : tout son psychisme est mobilisé, non seulement sa capacité de lire, et sa compréhension, mais aussi son imagination. Ce que nous lisons, nous nous le représentons. La description d’un lieu, par exemple, nous permet de nous le représenter avec des couleurs, des odeurs, des images. C’est d’ailleurs pourquoi nous sommes si souvent déçus par une adaptation d’un roman au cinéma : jamais les images ne seront à la hauteur de notre imagination. »

    Si notre imagination s’épanouit, il en est de même du plaisir éprouvé. Captivés par les mots et le récit, le lecteur s’abandonne à la « petite musique » de l’auteur. Un état second virtuel et à nul autre pareil.

    Et pourtant la pratique de la lecture ne semble pas évidente. En 2011, Le Monde constatait « Toutes les études sociologiques le disent : arrivés à l'adolescence, les jeunes "décrochent", les livres leur tombent des mains. Adieu Harry Potter, dégagés Buffy et ses vampires, Fantômette ou Sabrina ! Place aux copains, à la musique, aux longues séances devant l'ordinateur... Selon une enquête réalisée sous l'égide du ministère de la culture et de la communication, ceux - celles, surtout - qui affirment "lire des livres tous les jours" ne sont que 33,5 % à 11 ans, ce maigre pourcentage dégringolant à 9 % quand ils arrivent à 17 ans. A cet âge, les filles sont deux fois plus nombreuses à lire que les garçons. Pire : 14,5 % des enfants de 11 ans disent "ne jamais ou presque jamais lire un livre" et ils sont, catastrophe ! 46,5 %, six ans plus tard, à témoigner sans fard de leur désintérêt. »

    Un constat fataliste qu’il ne faut cependant pas généraliser au risque de désespérer les éditeurs qui aimeraient bien attirer les lecteurs de 5 à 95 ans même si, selon Catherine Simon du Monde « Aujourd'hui encore, plus d'un livre acheté sur cinq est un livre jeunesse. Est-il lu, pour autant ? Car ce sont, le plus souvent, les parents qui achètent - non les ados... ».

     Sur Le blog de l’Ecole des lettres, Pascal Caglar s’interroge à propos de la lecture dans l’enseignement « Il n’y a jamais eu autant de livres publiés et jamais aussi peu de temps consacré à la lecture. La question n’est donc pas : quels livres mettre entre les mains des élèves ? Mais : quel temps dégager pour la lecture ? » L’heure n’est pas aux débats sur les choix des œuvres données à lire (les programmes sont illusions) mais sur les conditions d’accès aux livres (l’aménagement concret du temps dévolu à la lecture). » Une préoccupation déjà manifestée par Denise Dupont-Escarpit spécialiste de la littérature enfantine qui déjà en 1984 se souciait de la « fonction hédoniste du livre » pour les jeunes.

    Des études l’ont démontré, plus tôt on commence la lecture, plus longtemps on garde cette habitude d’ouvrir des livres.

    Photo extraite du blog Au fil des livres...

    lecture.jpg

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu