Avertir le modérateur

librio

  • 14-18 la "guerre" des éditeurs

    Difficile de ne pas s’apercevoir que 2014 est l’année du centenaire de la guerre 1914-1918, un événement qui suscite une profusion de livres en tous genres.

    Dès le mois de janvier Télérama dressait la liste des « 10 romans qu’il faut avoir lu » écrits par des auteurs comme Blaise Cendrars, Louis-Ferdinand Céline, Henri Barbusse, Maurice Genevoix, marqués à jamais par leur participation à la « Grande guerre », mais également Jean Rouaud avec "Les Champs d'honneur" (1990), ou Jean Echenoz avec "14" (2013). L’hebdo publie également un hors-série qui analyse « les conséquences du premier conflit mondial sur la culture française ».

    Hors-série également pour Le Monde titré "14-18 Les leçons d'une guerre. Les enjeux d'un centenaire" avec un dessin de couverture signé Jacques Tardi. Sur son site, le quotidien publie de nombreux articles dont un intitulé « Ecrire après le carnage » qui s’interroge « Pouvait-on, après quatre ans de carnage, écrire comme avant, user des mêmes registres, des mêmes mots ? La question divisa les milieux Blaise Cendrars, Louis-Ferdinand Céline, Henri Barbusse, Maurice Genevoix,Jean Rouaud, Jean Echenoz, Jacques Tardi,Rudyard Kipling, "Belles lettres", Fritz von Unruh, "La dernière goutte", Nathalie Silbert, La Martinière, Jean-Pierre Guéno, Librio, Jean-Noël Jeanneney, Les Arènes, Jean-Pierre Verney, Casterman, Albert Londres, "Magellan & Cie", 1914-1918, Grande Guerre intellectuels. Beaucoup d’écrivains, poètes ou romanciers, la tranchèrent par la négative. A la manière d’un paysage transformé par les bombardements, le champ littéraire en sortit profondément modifié, aussi bien en France qu’en Allemagne, aux Etats-Unis qu’en Grande-Bretagne. », et cite des ouvrages comme "La France en guerre" de Rudyard Kipling (Belles lettres), ou "Le Chemin du sacrifice" de Fritz von Unruh (La Dernière Goutte), à paraître le 16 mars.

    Les Echos eux constatent « la folie éditoriale du centenaire » : « Essais, documents, romans, BD... Misant sur l'intérêt des Français pour la Grande Guerre et sur le battage médiatique autour de la commémoration, les éditeurs ont décliné l'hommage à l'infini. Au risque de noyer libraires et lecteurs sous la déferlante, et de voir leurs titres finir au pilon... ». Nathalie Silbert, auteure de cet article très documenté, explique « Pour justifier leur décision d'avoir publié sur 14-18, les maisons mettent aussi en avant les succès éditoriaux récents inspirés par la Grande Guerre. Qu'il s'agisse du livre illustré « Nous étions des hommes », publié en 2004 par La Martinière et écoulé aux alentours de 20.000 exemplaires, selon son éditeur. Ou du succès de « Paroles de poilus : lettres et carnets du front (14-18) », de Jean-Pierre Guéno, vendu à 1,3 million d'exemplaires en format de poche Librio ! »

    Si on ne compte plus les textes publiés sur cette période, il faut aussi y rajouter les Blaise Cendrars, Louis-Ferdinand Céline, Henri Barbusse, Maurice Genevoix,Jean Rouaud, Jean Echenoz, Jacques Tardi,Rudyard Kipling, "Belles lettres", Fritz von Unruh, "La dernière goutte", Nathalie Silbert, La Martinière, Jean-Pierre Guéno, Librio, Jean-Noël Jeanneney, Les Arènes, Jean-Pierre Verney, Casterman, Albert Londres, "Magellan & Cie", 1914-1918, Grande Guerre «beaux livres» très illustrés, photos, dessins, cartes postales, affiches, et pour lesquels les éditeurs prennent de gros risques comme avec « Jours de guerre » de Jean-Noël Janneney (Les Arènes) dont le point d’équilibre est à 20 000 exemplaires, vendu à 49,90 euros. On en trouve quelques-uns parus bien avant 2014 sur le site de la librairie du Mémorial de Verdun ou en faisant une rapide recherche sur les sites marchands comme Amazon qui propose pas moins de 605 références disponibles sur le thème 14-18 tout type de d’ouvrages confondus.

    Halte au feu, et une fois démontré avec tout ce pilonnage que la guerre c’est vraiment moche, profitons de la longue trêve éditoriale qui va nous amener en 2039 au centenaire de la guerre 39-45.

    Photos : « Putain de guerre ! » Intégrale 2014 de Tardi et Jean-Pierre Verney (Casterman), « 14-18, la Grande Guerre », Albert Londres, à paraître le 12 mars aux éditions Magellan & Cie.

     

  • Il court, il court, le roman court

    Fini les gros pavés de livres qui encombrent nos tables de nuit et surchargent nos valises, voilà les « romans courts » qui arrivent dans les librairies et sur nos tablettes tactiles. Une autre façon de « consommer » la littérature et d’entretenir le plaisir de la lecture ?

    Le site des éditions Humanis dresse le profil de ce type de livres et en détaille les avantages (surtout pour les éditeurs) : un roman court se vendra plus facilement, sera plus facile à éditer, se terminera plus facilement et, laissera de la place à un deuxième roman.

    Romans courts, Stéphane Hessel, Mille et une nuits, Librio, Matin brun,Il est vrai que le phénomène « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel, 30 pages – à 3 euros - traduites en 34 langues et diffusées à plus de 4 millions d’exemplaires a montré la voie, mais c’est oublier qu’un livre comme Matin Brun de Franck Pavloff – 10 pages – s’était déjà vendu en 2002 à près d’un million d’exemplaires (éditions Cheyne).

    Déjà en 1993, les éditions Mille et une nuits, proposaient des livres de petit format à l’époque à 10 francs (1,50 euro) comme le raconte le site de la maison d’édition reprise depuis par la Librairie Arthème Fayard : "Maurizio Medico, libraire à Turin, s’installe à Paris où il rencontre Nata Rampazzo, graphiste réputé, qui dirige l’agence Rampazzo & Associés. Les deux hommes méditent l’expérience éditoriale d’Italo Calvino, créateur de la collection Centopagine (Einaudi) qui propose des textes classiques d’une centaine de pages, et étudient la réussite de la collection Millelire qui révolutionne alors le marché italien : les livres agrafés, imprimés sur papier recyclé, sont vendus au prix unique de mille lires. Ils décident de réaliser une adaptation française de ces deux concepts."  Leur slogan est encore aujourd’hui « des chefs d’œuvres de la littérature pour le temps d’une attente, d’un voyage ou d’une insomnie... ».

    L’année suivante sera créée par les éditions J’ai lu, Librio, une collection elle aussi à petits prix mais avec de grands auteurs et qui a depuis écoulé plus de 120 millions de livres.

    Pagination réduite n’est pas forcément synonyme d’absence de talent comme le montre la sélection de romans courts « pour les vacances (ou pas) » que propose le site Tribune livre et où l’on trouve les signatures de Stephan Zweig, et Irène Némirovski.

    Et puis après tout, pourquoi pas des livres courts, si chacun y trouve son compte, et même si lire un livre c’est défier le temps qui passe trop vite : l’auteur peut y exprimer son talent, les libraires voient de nouveaux lecteurs fréquenter leurs rayons, et l’éditeur gagne suffisamment d’argent pour éditer des romans, qui sait, un peu plus longs.


Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu