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les ritals

  • Cavanna l’écrivain

    « Jusqu’à l’ultime seconde j’écrirai », c’est finalement le titre donné par Denis Robert à son film sur Cavanna qui sort dans les salles de cinéma le 17 juin 2015. La télévision a popularisé le personnage - il est souvent passé chez Bernard Pivot et même chez Michel Drucker comme on le voit dans le film -, mais il est surtout connu en tant que complice du Pr Choron avec qui il a fondé des journaux mythiques. Son œuvre littéraire est pourtant tout aussi importante.

    En 2001, à la question de L’Express « Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’écrire ? », il répond « J’ai lu Les Misérables à 9 ans et Dumas à 10. Ça m’a donné l’envie d’en faire autant un jour. Ou tout au moins d’essayer. »
    Toute une vie consacrée à l’écriture, chaque semaine dans Charlie Hebdo et tous les mois dans Hara Kiri mensuel. Des textes du mensuel qu’il réunira ensuite dans Les Ritals, Les Russkoffs (prix Interallié 1979),  Bête et méchant, mais aussi Les Aventures de Dieu,L'Aurore de l'humanité, Les Aventures de Napoléon, au total plus de 60 livres, tous genres confondus.


    Toujours dans L’Express, il raconte à propos du plaisir d’écrire : « J’aime être perdu dans la nuit avec une petite ampoule éclairée et la pénombre autour. C’est magique et ça exalte mon goût de la solitude. Mon égoïsme, disons. Alors, j’oublie tout. Je m’engloutis dans ce que j’écris. Après des heures, je me retrouve tout dépoitraillé, mais avec un paquet de feuilles noircies. Que s’est-il passé ? Je n’en sais rien, mais le tas de pages est là. L’écriture est le point culminant de la solitude. Du plaisir de la solitude fructueuse. On est seul mais avec ce monde intérieur immense qui s’agite. On voit les personnages. Ils sont là, sur la table ; ils courent, ils se battent ; les montagnes se dressent, l’océan rugit. Un monde entier est là qui gigote en vous. »

    Il écrira jusqu’au bout. Dans son dernier livre paru « Lune de miel », il évoque sa maladie de Parkinson et ses conséquences : « Le pire, c'est l'écriture. Vous n'imaginez pas ce que m'a coûté d'efforts ce que vous lisez en ce moment. Ma main ne m'obéit plus. Ce n'est pas tellement qu'elle tremble, ça elle le fait rarement et pas longtemps. Mais elle n'en veut faire qu'à sa guise. J'avais une grande écriture, rapide et très régulière, mon principal souci, quand j'écris, étant d'être compris au premier regard. Si je la laisse faire, ma main, elle tend à griffonner des signes minuscules, lilliputiens, quasi invisibles sur le papier. Ca, c'est les bons jours. Il y a les autres, les plus nombreux, où la rebelle refuse de tracer la moindre lettre identifiable, la salope. Jours de détresse. »

    Lors de sa disparition à 90 ans en janvier 2015, Macha Séry écrit dans Le Monde «Parallèlement au journalisme, Cavanna s'adonnait à l'écriture. Son premier livre, Les Ritals, grand succès populaire adapté à la télévision, l'avait imposé comme un écrivain de premier ordre. Cavanna possédait, en effet, un style magnifique, singulier, mélange d'oralité et de lyrisme sec. Un Rabelais moderne, estimait Pierre Desproges. »


    La bande annonce du film :

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  • Cavanna « écrire est le plus exaltant des métiers »

    François Cavanna qui vient de disparaître à 90 ans était un rebelle dans l’âme mais aussi un passionné d’écriture.

    François Cavanna, Le Monde, Belfond, Albin Michel, Le Livre de Poche, Les Ritals, Les Ruskoffs, Lune de miel, Gallimard, Les échappés,Jean-Marie Gourio, écrivain (Les brèves de comptoir), témoigne dans Le Monde « Cavanna était un amoureux des mots, de la syntaxe, de l'orthographe, de la grammaire. Il aimait le savoir, le papier, et mettait son humour incroyable au service de la vie. Dans la société très fermée du début des années 1960, il avait ouvert les portes. Il écrivait tout à la main, sur des feuilles à carreaux d'écolier, pas de machine à écrire, pas d'ordinateur. C'est triste qu'il ait été touché par la maladie de Parkinson, il devait se battre pour écrire. Dans son bureau, il écrivait sans cesse, et mangeait vite sans perdre de temps, comme un ouvrier casse la croûte sur un chantier. Son chantier d'écriture passait avant tout le reste. »

    Cavanna lui-même parle de son amour dans « Cavanna raconte Cavanna » (Les Echappés) : «  J’écris la nuit, j’écris le jour, mais, sauf urgence, jamais plus de quatre à cinq heures à la file. C’est un maximum. écrire, on ne se figure pas, c’est exténuant. Peut-être est-ce moi qui y mets trop de passion, de concentration, de hargne... Peut-être. Je ne peux pas écrire qu’en état de passion. Sinon, ça ne marche pas. Broutilles. Platitudes. ça ne s’envole pas. C’est parce que je ne me suis pas envolé moi-même. Quand tu es comme ça, quand tu sens que tu accroches une phrase derrière une phrase en redémarrant à chaque fois de zéro, il vaut mieux arrêter. Emmener ton chien faire un tour dans la campagne. Ou bien couler trois brouettées de béton. Il y a toujours trois brouettées de béton à couler »

    François Cavanna, Le Monde, Belfond, Albin Michel, Le Livre de Poche, Les Ritals, Les Ruskoffs, Lune de miel, Gallimard, Les échappés,Cavanna qui se qualifiait « d’artisan de l’écrit » rajoutait dans « Lune de miel » : « J’ai atteint l’âge où ceux qui font métier d ‘écrire n’écrivent plus. Ce qu’ils doivent s’emmerder ! Je n’étais pas « fait » pour être esclave de la chose écrite. Je le suis devenu. écrire m’est nécessaire, vital. Raconter. Expliquer. Amener le lecteur dans l’état où l’on a décidé qu’il serait, et cela rien qu’en arrangeant des mots. C’est-à-dire séduire. Ou indigner. De toute façon : dominer. Comment s’en passer quand on a une fois goûté à cette ivresse ? Je ne parle pas ici du plus ou moins succès en librairie, mais bien de cette joie puissante, de cette plénitude qui vous soulève et vous transfigure quand on sent que ça y est, le piège est là, magnifique, la proie ne peut qu’y tomber et rejoindre l’auteur dans son plaisir immense. C’est pourquoi jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai. »

    François Cavanna, Le Monde, Belfond, Albin Michel, Le Livre de Poche, Les Ritals, Les Ruskoffs, Lune de miel, Gallimard, Les échappés,François Cavanna nous laisse tous ses livres « Les Ritals », « Les Russkoffs », « Bête et méchant » qui retrace l’épopée des journaux Hara-Kiri et Charlie Hebdo qu’il créa avec le Pr Choron (édités par Belfond, Albin Michel, et le Livre de poche). En 2006, il publiait « Le voyage » dixième roman « résolument historique » une autre de ses passions. Parmi les derniers titres parus on peut citer « Lune de miel » (Gallimard. 2011) dans lequel il raconte son combat quotidien contre la maladie de Parkinson, et « La gloire de Hara-Kiri » (Glénat.2013), compilation des meilleurs dessins paru dans ce magazine où il débuta sa carrière d’écrivain.

     

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