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les ritals

  • Un nouveau livre de Cavanna

    Le 29 janvier 2019 à l’occasion du cinquième anniversaire de la mort de François Cavanna se déroulait à la Sorbonne, un hommage à l’écrivain organisé par le service culturel de la faculté des lettres. Plusieurs personnalités se sont succédées sur scène pour évoquer des souvenirs ou lire ses textes. Parmi elles, Denis Robert qui, avec sa fille Nina, lui a consacré un film documentaire Jusqu’à l’ultime seconde j’écrirai, mais également Sylvie Caster, Delfeil de Ton, Bruno Gaccio, François Ruffin, Pacôme Thiellement, Coraly Zahonero de la Comédie-française.

    François Cavanna se fait connaître dans les années 60 avec la création du magazine iconoclaste Hara-Kiri mensuel. Ancien dessinateur, il en est avec le Professeur Choron le principal animateur et surtout le plus prolifique rédacteur. C’est dans ce journal qu’il commence à publier nombre de ses souvenirs qui seront réunis plus tard en livres.

    Sylvie Caster, Delfeil de Ton, Bruno Gaccio, Pacôme Thiellement, Coraly Zahonero, François Cavanna, Professeur Choron, Jean d'Ormesson, Charles Bukowski, Gallimard, Jean-Marie Laclavetine, L'Obs, Bruno Putzulu, Les Ritals, Bernard Pivot, François Ruffin,Auteur à succès, il sera très souvent invité dans l’émission littéraire Apostrophes animée par Bernard Pivot, presque autant que Jean d’Ormesson dit-on. Une séquence désormais culte le montre aux prises avec un autre invité l’écrivain américain Charles Bukowski passablement émêché.

    Parmi ses titres les plus connus on peut citer Les Ritals (adaptée pour la télévision par Marcel Bluwal, en 1991, et aujourd’hui au théâtre par le comédien Bruno Putzulu), Les Russkoffs, les Yeux plus grands que le ventre, et Bête et méchant (tous au Livre de Poche) livre qui raconte l’épopée journalistique de Hara-Kiri hebdo devenu ensuite Charlie Hebdo. Cavanna fera d’ailleurs partie de l’équipe qui redonnera vie à l’hebdomadaire en 1992 où il tiendra une chronique régulière.

    En 2011, il publie Lune de miel aux éditions Gallimard. Livre de souvenirs et d’anecdotes dans lequel il raconte ses démêlés avec la maladie de Parkinson et surtout ses difficultés à pouvoir continuer à écrire.

    Nombre de textes de Cavanna restent inédits en livres mais au cours de la soirée de la Sorbonne, Jean-Marie Laclavetine a annoncé la parution prochaine de Crève Ducon, ouvrage posthume, aux éditions Gallimard. L’Obs en publie les dernières lignes :

    « On va pas se mettre à ressasser le bon vieux temps. Le temps, il n’est ni bon, ni vieux. Ni mauvais, d’ailleurs. Ni jeune. Il est le temps. Il passe, c’est tout ce qu’il sait faire. Con comme le temps qui passe. (...) Travail de deuil. Pas besoin de le travailler, c’est lui qui fait le boulot. La vie est deuil. Un putain d’interminable deuil. Ou alors, ne t’attache pas. Comme si on pouvait… (...) Alors, qu’est-ce que tu fous là ? Crève, Ducon. »

     

  • Cavanna l’écrivain

    « Jusqu’à l’ultime seconde j’écrirai », c’est finalement le titre donné par Denis Robert à son film sur Cavanna qui sort dans les salles de cinéma le 17 juin 2015. La télévision a popularisé le personnage - il est souvent passé chez Bernard Pivot et même chez Michel Drucker comme on le voit dans le film -, mais il est surtout connu en tant que complice du Pr Choron avec qui il a fondé des journaux mythiques. Son œuvre littéraire est pourtant tout aussi importante.

    En 2001, à la question de L’Express « Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’écrire ? », il répond « J’ai lu Les Misérables à 9 ans et Dumas à 10. Ça m’a donné l’envie d’en faire autant un jour. Ou tout au moins d’essayer. »
    Toute une vie consacrée à l’écriture, chaque semaine dans Charlie Hebdo et tous les mois dans Hara Kiri mensuel. Des textes du mensuel qu’il réunira ensuite dans Les Ritals, Les Russkoffs (prix Interallié 1979),  Bête et méchant, mais aussi Les Aventures de Dieu,L'Aurore de l'humanité, Les Aventures de Napoléon, au total plus de 60 livres, tous genres confondus.


    Toujours dans L’Express, il raconte à propos du plaisir d’écrire : « J’aime être perdu dans la nuit avec une petite ampoule éclairée et la pénombre autour. C’est magique et ça exalte mon goût de la solitude. Mon égoïsme, disons. Alors, j’oublie tout. Je m’engloutis dans ce que j’écris. Après des heures, je me retrouve tout dépoitraillé, mais avec un paquet de feuilles noircies. Que s’est-il passé ? Je n’en sais rien, mais le tas de pages est là. L’écriture est le point culminant de la solitude. Du plaisir de la solitude fructueuse. On est seul mais avec ce monde intérieur immense qui s’agite. On voit les personnages. Ils sont là, sur la table ; ils courent, ils se battent ; les montagnes se dressent, l’océan rugit. Un monde entier est là qui gigote en vous. »

    Il écrira jusqu’au bout. Dans son dernier livre paru « Lune de miel », il évoque sa maladie de Parkinson et ses conséquences : « Le pire, c'est l'écriture. Vous n'imaginez pas ce que m'a coûté d'efforts ce que vous lisez en ce moment. Ma main ne m'obéit plus. Ce n'est pas tellement qu'elle tremble, ça elle le fait rarement et pas longtemps. Mais elle n'en veut faire qu'à sa guise. J'avais une grande écriture, rapide et très régulière, mon principal souci, quand j'écris, étant d'être compris au premier regard. Si je la laisse faire, ma main, elle tend à griffonner des signes minuscules, lilliputiens, quasi invisibles sur le papier. Ca, c'est les bons jours. Il y a les autres, les plus nombreux, où la rebelle refuse de tracer la moindre lettre identifiable, la salope. Jours de détresse. »

    Lors de sa disparition à 90 ans en janvier 2015, Macha Séry écrit dans Le Monde «Parallèlement au journalisme, Cavanna s'adonnait à l'écriture. Son premier livre, Les Ritals, grand succès populaire adapté à la télévision, l'avait imposé comme un écrivain de premier ordre. Cavanna possédait, en effet, un style magnifique, singulier, mélange d'oralité et de lyrisme sec. Un Rabelais moderne, estimait Pierre Desproges. »


    La bande annonce du film :

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  • Cavanna « écrire est le plus exaltant des métiers »

    François Cavanna qui vient de disparaître à 90 ans était un rebelle dans l’âme mais aussi un passionné d’écriture.

    François Cavanna, Le Monde, Belfond, Albin Michel, Le Livre de Poche, Les Ritals, Les Ruskoffs, Lune de miel, Gallimard, Les échappés,Jean-Marie Gourio, écrivain (Les brèves de comptoir), témoigne dans Le Monde « Cavanna était un amoureux des mots, de la syntaxe, de l'orthographe, de la grammaire. Il aimait le savoir, le papier, et mettait son humour incroyable au service de la vie. Dans la société très fermée du début des années 1960, il avait ouvert les portes. Il écrivait tout à la main, sur des feuilles à carreaux d'écolier, pas de machine à écrire, pas d'ordinateur. C'est triste qu'il ait été touché par la maladie de Parkinson, il devait se battre pour écrire. Dans son bureau, il écrivait sans cesse, et mangeait vite sans perdre de temps, comme un ouvrier casse la croûte sur un chantier. Son chantier d'écriture passait avant tout le reste. »

    Cavanna lui-même parle de son amour dans « Cavanna raconte Cavanna » (Les Echappés) : «  J’écris la nuit, j’écris le jour, mais, sauf urgence, jamais plus de quatre à cinq heures à la file. C’est un maximum. écrire, on ne se figure pas, c’est exténuant. Peut-être est-ce moi qui y mets trop de passion, de concentration, de hargne... Peut-être. Je ne peux pas écrire qu’en état de passion. Sinon, ça ne marche pas. Broutilles. Platitudes. ça ne s’envole pas. C’est parce que je ne me suis pas envolé moi-même. Quand tu es comme ça, quand tu sens que tu accroches une phrase derrière une phrase en redémarrant à chaque fois de zéro, il vaut mieux arrêter. Emmener ton chien faire un tour dans la campagne. Ou bien couler trois brouettées de béton. Il y a toujours trois brouettées de béton à couler »

    François Cavanna, Le Monde, Belfond, Albin Michel, Le Livre de Poche, Les Ritals, Les Ruskoffs, Lune de miel, Gallimard, Les échappés,Cavanna qui se qualifiait « d’artisan de l’écrit » rajoutait dans « Lune de miel » : « J’ai atteint l’âge où ceux qui font métier d ‘écrire n’écrivent plus. Ce qu’ils doivent s’emmerder ! Je n’étais pas « fait » pour être esclave de la chose écrite. Je le suis devenu. écrire m’est nécessaire, vital. Raconter. Expliquer. Amener le lecteur dans l’état où l’on a décidé qu’il serait, et cela rien qu’en arrangeant des mots. C’est-à-dire séduire. Ou indigner. De toute façon : dominer. Comment s’en passer quand on a une fois goûté à cette ivresse ? Je ne parle pas ici du plus ou moins succès en librairie, mais bien de cette joie puissante, de cette plénitude qui vous soulève et vous transfigure quand on sent que ça y est, le piège est là, magnifique, la proie ne peut qu’y tomber et rejoindre l’auteur dans son plaisir immense. C’est pourquoi jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai. »

    François Cavanna, Le Monde, Belfond, Albin Michel, Le Livre de Poche, Les Ritals, Les Ruskoffs, Lune de miel, Gallimard, Les échappés,François Cavanna nous laisse tous ses livres « Les Ritals », « Les Russkoffs », « Bête et méchant » qui retrace l’épopée des journaux Hara-Kiri et Charlie Hebdo qu’il créa avec le Pr Choron (édités par Belfond, Albin Michel, et le Livre de poche). En 2006, il publiait « Le voyage » dixième roman « résolument historique » une autre de ses passions. Parmi les derniers titres parus on peut citer « Lune de miel » (Gallimard. 2011) dans lequel il raconte son combat quotidien contre la maladie de Parkinson, et « La gloire de Hara-Kiri » (Glénat.2013), compilation des meilleurs dessins paru dans ce magazine où il débuta sa carrière d’écrivain.

     

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