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  • Allons enfants de la lecture...

    Nos enfants ne lisent pas assez, annonçait il y a quelques jours France Info relayant un sondage réalisé pour l’APEL, association des parents d'élèves de l'enseignement libre, France Info, Mon Quotidien et L'actu. Un constat qui dévoile que « Seuls 56% des enfants lisent au moins une fois par semaine, et 14% ne lisent jamais ».

    Bien sûr les situations ne sont pas les mêmes dans toutes les familles et l’enquête menée auprès de 630 parents précise que « Dans l'ensemble, selon près de 30% des parents, leurs enfants lisent tous les jours ou presque. C'est davantage le cas dans les familles des catégories socioprofessionnelles les plus aisées. Et au sein des familles monoparentales, 18% d'entre elles estiment que leurs enfants lisent tous les jours ou presque. » Un résultat que la présidente de l’association résume ainsi « on ne laisse pas vraiment aux enfants le temps de prendre un bouquin ».

    Le site ActuaLitté.com détaille également l’étude réalisée par OpinionWay qui « montre que les parents associent lecture à instruction (97 %), capacité d'expression, orale ou écrite (96 %) et créativité (95 %). C'est également l'occasion de profiter d'un peu de temps pour soi, puisque 96 % la considèrent comme un moment de détente et plus de 75 % la vivent comme un plaisir. 15 % estiment qu'il s'agit d'un besoin. Pour 72 % des parents, c'est aussi un plaisir pour leurs enfants et ados, quoique certains l'assimilent à une obligation - notamment des familles vivant en ZEP. Reste qu'à 51 % la BD reste le support le plus lu, bien que le livre pour enfants représente, pour 68 % des parents d'enfants en école élémentaire, prenne une bonne place. Les magazines avec texte et illustrations pèsent pour 30 %. »

    109600_couverture_Hres_0.jpgL’apprentissage et le goût de la lecture sont également abordés par Le Parisien qui a proposé un grand article sur le « succès fou » que rencontrent les méthodes de lecture à l’ancienne « qui se vendent par milliers » et qui « rassurent les parents qui ont appris à lire avec ces manuels et qui veulent aujourd’hui épauler leurs enfants à l’école. De « Bientôt bébé saura bientôt lire » (1874) à « Daniel et Valérie » (1964) en passant par « Koko et Rikiki » (1954), toutes continuent à être rééditées comme le confirme le quotidien : « La « Méthode Boscher », autrement appelée « la Journée des tout-petits », est toujours le best-seller des best-sellers, avec des milliers d’exemplaires vendus chaque année. Et il date de… 1906. La collection « Daniel et Valérie », achetée par environ 20 000 familles, fêtera en 2014 son cinquantième anniversaire. Même le livre « Mamadou et Bineta », créé dans les années 1950 à destination des écoliers d’Afrique francophone, continue de circuler, sur le site Internet Amazon. »

    Interrogée par Le Parisien, Séverine Kakpo, chercheuse en sciences de l’éducation, confirme que le phénomène va en s’amplifiant « il n’y a qu’à voir les rayons scolaires des hypermarchés, et on peut penser qu’il ne va pas faiblir. En période de crise, la préoccupation scolaire des parents augmente. L’entrée en lecture est perçue à juste titre comme un moment particulièrement décisif pour la suite de la scolarité et les parents se mobilisent donc fortement autour de cet enjeu. »

     

    Photo : couverture du livre « Les Méthodes de lecture de notre enfance » de Philippe Simon, un ancien instituteur, paru aux éditions de La Martinière.

  • Le temps de lecture

    Ouvrir un livre et se glisser dans une faille spaciotemporelle est un des rares bonheurs encore aujourd’hui accessible à tous. La lecture d’un roman, d’une poésie, d’une lettre, est la possibilité d’un « voyage immobile » qui peut nous amener très loin.

    Pour Christilla Pellé-Douël, journaliste à Psychologies Magazine « La lecture apporte quelque chose de spécifique et d’unique par rapport au théâtre, au cinéma... car le texte que nous lisons n’existe que parce que nous le faisons exister. Le lecteur est actif. Il ne consomme pas, n’absorbe pas passivement : tout son psychisme est mobilisé, non seulement sa capacité de lire, et sa compréhension, mais aussi son imagination. Ce que nous lisons, nous nous le représentons. La description d’un lieu, par exemple, nous permet de nous le représenter avec des couleurs, des odeurs, des images. C’est d’ailleurs pourquoi nous sommes si souvent déçus par une adaptation d’un roman au cinéma : jamais les images ne seront à la hauteur de notre imagination. »

    Si notre imagination s’épanouit, il en est de même du plaisir éprouvé. Captivés par les mots et le récit, le lecteur s’abandonne à la « petite musique » de l’auteur. Un état second virtuel et à nul autre pareil.

    Et pourtant la pratique de la lecture ne semble pas évidente. En 2011, Le Monde constatait « Toutes les études sociologiques le disent : arrivés à l'adolescence, les jeunes "décrochent", les livres leur tombent des mains. Adieu Harry Potter, dégagés Buffy et ses vampires, Fantômette ou Sabrina ! Place aux copains, à la musique, aux longues séances devant l'ordinateur... Selon une enquête réalisée sous l'égide du ministère de la culture et de la communication, ceux - celles, surtout - qui affirment "lire des livres tous les jours" ne sont que 33,5 % à 11 ans, ce maigre pourcentage dégringolant à 9 % quand ils arrivent à 17 ans. A cet âge, les filles sont deux fois plus nombreuses à lire que les garçons. Pire : 14,5 % des enfants de 11 ans disent "ne jamais ou presque jamais lire un livre" et ils sont, catastrophe ! 46,5 %, six ans plus tard, à témoigner sans fard de leur désintérêt. »

    Un constat fataliste qu’il ne faut cependant pas généraliser au risque de désespérer les éditeurs qui aimeraient bien attirer les lecteurs de 5 à 95 ans même si, selon Catherine Simon du Monde « Aujourd'hui encore, plus d'un livre acheté sur cinq est un livre jeunesse. Est-il lu, pour autant ? Car ce sont, le plus souvent, les parents qui achètent - non les ados... ».

     Sur Le blog de l’Ecole des lettres, Pascal Caglar s’interroge à propos de la lecture dans l’enseignement « Il n’y a jamais eu autant de livres publiés et jamais aussi peu de temps consacré à la lecture. La question n’est donc pas : quels livres mettre entre les mains des élèves ? Mais : quel temps dégager pour la lecture ? » L’heure n’est pas aux débats sur les choix des œuvres données à lire (les programmes sont illusions) mais sur les conditions d’accès aux livres (l’aménagement concret du temps dévolu à la lecture). » Une préoccupation déjà manifestée par Denise Dupont-Escarpit spécialiste de la littérature enfantine qui déjà en 1984 se souciait de la « fonction hédoniste du livre » pour les jeunes.

    Des études l’ont démontré, plus tôt on commence la lecture, plus longtemps on garde cette habitude d’ouvrir des livres.

    Photo extraite du blog Au fil des livres...

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  • Les jeunes lisent-ils ?

    « Le plaisir de lire baisse chez les jeunes de 15 ans » titrait le Figaro en septembre 2011. Dans son article, Marie-Estelle Pech constatait que « Les jeunes Français qui étaient 70 % à aimer lire en 2000 ne sont plus que 61 % en 2009. Ce résultat est d'autant plus inquiétant que la notion de « plaisir » est associée à de meilleures performances à l'école. L'effondrement, à quelques exceptions près, est mondial. »

    Un désintérêt que Sophie Vayssettes, analyste à la direction Éducation de l'OCDE, interrogée par la journaliste, décryptait ainsi, «L'une des explications avancées, c'est que la lecture est concurrencée. Les jeunes passent de plus en plus de temps sur les réseaux sociaux, les jeux vidéo, etc. L'apparition des écrans ne date pas de 2000, mais l'offre de loisirs a beaucoup augmenté depuis ce temps. Le livre n'est plus le premier vecteur culturel. Il n'est qu'un média parmi d'autres. »

    Un phénomène qu’une étude d’Ipsos MediaCT conforte :  « cette génération se distingue des précédentes par son niveau d’équipement, tout à fait inédit : console de jeux (plus de 80% des 7-12 ans), ordinateur portable personnel (52% des 13-19 ans), téléphone mobile (91% des 13-19 ans). Ces terminaux démultiplient les accès aux contenus et transforment leur relation aux média traditionnels : plus de 50% des adolescents téléphonent et surfent sur le web en regardant la télévision. »

    Comment alors devant cette déferlante technologique ramener les jeunes vers le livre ? Si l’école et les parents restent les vecteurs essentiels de l’apprentissage, le goût pour la lecture, lui, est plus difficile à inoculer.

    C’est ce que tentent pourtant les éditeurs en inondant le marché de centaines de titres destinés à la jeunesse et des collections avec des thèmes aussi variés que l’heroic fantasy, le policier, la sorcellerie, etc., censées remporter l’adhésion de ce public.

    Alors pourquoi vouloir inciter les jeunes à lire. En 2010, Nathalie Crom écrivait dans Télérama à propos d’un livre d’entretien de Madeleine Gobeil avec Danièle Sallenave : " Au long de ce trajet de vie, où l'engagement politique et éthique a toute sa place, la lecture constitue un point fixe essentiel - notamment la lecture de romans. Parce que le livre est le lieu où se construit, se concrétise et se conserve la pensée, c'est-à-dire, tout ensemble, « la raison, la mémoire, le rêve et l'imagination ».

    Que demander de plus à un livre ?

     

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