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le monde des livres

  • Les héros de livres meurent-ils vraiment ?

    deux_fois .jpgAu cinéma, ou à la télévision il est assez facile de se débarrasser d’un personnage récurrent. En littérature, cela l’est beaucoup moins. Harry Potter, Sherlock Holmes, Arsène Lupin, San Antonio, Nestor Burma, Astérix & Obélix, sont condamnés à ne pas vieillir et à « vivre » éternellement. Ils restent une bonne affaire pour leur créateur et leur éditeur.

    La légende raconte qu’Alexandre Dumas, l’auteur des « Trois mousquetaires » et de « 20 ans après » (avec Auguste Maquet), sortit un jour très éprouvé d’une séance d’écriture du feuilleton qu’il rédigeait et publiait au jour le jour, avouant en sanglots « J'ai dû tuer Porthos ». L’écrivain ne fera mourir d’Artagnan (tué au combat), Athos (qui ne survit pas à l’annonce du décès de son fils Raoul), et Porthos (écrasé par un rocher de granit) que dans "Le Vicomte de Bragelonne", troisième tome de la trilogie dont les mousquetaires sont les héros.

    En 2010, Le Monde des livres qui annonçait le départ à la retraite du commissaire Kurt Wallander et de l'inspecteur John Rebus, personnages célèbres d'Henning Mankell et de Ian Rankin, écrivait « Familier, solidement campé, ce type de personnage est consubstantiel à la naissance des littératures dites "de genre", qu'il s'agisse du roman policier, de la bande dessinée ou de la littérature jeunesse. Aujourd'hui, ces littératures continuent d'explorer, voire d'exploiter abondamment un "filon" qui joue sur l'attachement des lecteurs à des personnages et à leur désir de les voir évoluer de livre en livre. »

    C’est ce qui va sans doute arriver au personnage de Tintin, célébrité planétaire, dont les ayant-droits annoncent un nouvel album de ses aventures malgré le souhait de son auteur Hergé décédé en 1983 et qui ne souhaitait pas qu’il lui survive. Il faut toutefois préciser que cette nouvelle aventure ne paraîtra qu’en 2052... un an avant que les droits ne tombent dans dans le domaine public.

    J-Y Depoix s’interroge « Quelle est la date de naissance de Maigret ? »et tente de calculer celle-ci. S’il arrive à conclure que l’âge du célèbre commissaire créé par Georges Simenon se situe entre 45 et 55 ans, il n’est même pas question de retraite et encore moins de la date de son décès. Et de montrer pour étayer son enquête une image de la tombe des parents de Maigret extraite d’un épisode télévisé. Heureusement, on n’est pas près de voir celle de leur rejeton dont l’adaptation des aventures au cinéma et à la télévision ne se comptent plus et le rendent plus vivant que jamais.

    Les héros ne meurent jamais, c’est peut-être vrai.

  • Lu ça et là ce mois-ci

    Le site On la lu diffuse une newsletter hebdomadaire consacrée aux livres. On  la  lu  a été imaginé et créé en mars 2013 par Pascale Frey, critique littéraire, Jean-Marc Savoye, créateur du site Le Publieur.com, Etienne Robial, directeur artistique, et est développé par Emmanuel Orain, informaticien. Au sommaire de cette lettre des entretiens avec des auteurs, des coups de cœur hebdos et des notes de lecture de la rédaction et des internautes. 

    Pierre Bergé, président du Conseil de surveillance du "Monde" et actionnaire de ce journal, n’aime pas le supplément Le Monde des livres. Dans un entretien accordé au magazine Charles, il a déclaré :

     « Je peux vous dire que je désapprouve le plus souvent le supplément littéraire du ‘‘Monde’’. Parce qu’on n’y parle pas de livres. Parce qu’il y a un chroniqueur qui s’appelle monsieur Chevillard, qui se croit un bretteur, et qui croit intelligent de descendre le livre de Giscard d’Estaing, le livre du petit Jardin (Alexandre), des choses qui n’ont pas besoin d’être descendues parce qu’elles n’existent pas. C’est faire des mouvements d’escrime dans le vide, c’est très joli, mais ça ne veut rien dire. J’aime trop les livres pour ne pas penser qu’un supplément littéraire devrait s’ouvrir par un ‘‘rez-de-chaussée’’ tenu par un grand chroniqueur littéraire comme c’était autrefois le cas, et comme cela l’est encore au ‘‘Figaro’’. [...] Monsieur Birnbaum (rédacteur en chef du supplément) ne veut pas m’écouter. Il n’aime pas la littérature. Il aime, ce qui est bien son droit, les sciences humaines comme on dit. Je n’ai rien contre. Mais c’est rarissime que dans le supplément on parle de livres, de vrais livres. Et je regrette que ce soit dans ‘‘le Figaro’’ que je lise un article de Yann Moix qui me fasse déplacer dans une librairie pour acheter un livre…»


    En attendant l’adaptation cinématographique du livre « 50 nuances de Grey », les amateurs du genre peuvent aller voir à Paris (Le Palace) « 50 et des nuances » une comédie musicale parodique créée aux Etats-Unis et inspirée du désormais célèbre best-seller.

    Chaque auteur devrait garder ses agendas, on ne sait jamais il peuvent un jour se retrouver à la BNF. Le Nouvel Observateur raconte : « Une autre acquisition de prestige est en vue pour la BNF : un agenda de l’année 1906 ayant appartenu à Marcel Proust et qui vient d’être trouvé. Le 14 octobre prochain, la Bibliothèque organise un « dîner des mécènes » en vue de récolter les fonds nécessaires. C’est le seul agenda de Proust qui soit parvenu jusqu’à nous. Il prend place juste avant les quatre carnets de notes préparatoires à «la Recherche du temps perdu» déjà conservés dans le fond Proust de la BNF. Selon le descriptif établi par la BNF, on y trouve des annotations très denses où s’esquisse «tout l’univers de Combray: promenade au bois de Boulogne, jeux de billes, petite phrase de violon…» Le carnet contient des listes de termes d’architecture, de cuisine, de plantes, des listes de nom propres et même le compte-rendu d’une «filature du 11 au 14 août 1906». Il appartiendra aux chercheurs de dire après qui courait Marcel Proust cet été-là. »

    Sous le titre « La loi « anti-Amazon » va provoquer des dégâts collatéraux » Les Echos analyse la position des députés français qui ont voté un texte interdisant d’offrir à la fois la livraison gratuite et la remise Lang de 5 %, et explique « Mais le texte qui doit encore passer devant le Sénat soulève en réalité une série de problèmes. Comme l’idée qui avait été avancée il y a quelques mois de soumettre l’ensemble des transactions du commerce électronique, la mesure toucherait tous les sites, Amazon, mais aussi les autres « pure players » comme Price Minister, par exemple, et les réseaux de magasins, notamment des librairies, qui se sont lancés dans une stratégie multicanale. Au premier rang d’entre eux, la Fnac qui, jusqu’à présent, offrait elle aussi la livraison gratuite et la remise de 5 %. Pour tous ces points de vente qui proposent désormais à leurs clients qui ne trouvent pas l’ouvrage qu’ils recherchent dans les rayons de le commander sur le site maison, il faudra donc expliquer que ce livre sera 5 % plus cher... »

    BibliObs tente d’expliquer « Pourquoi Mark Twain a-t-il menti sur son pseudo ? » Une enquête qui ne change rien au talent de Samuel Clemens auteur, entre autres,  des « Aventures de Tom Sawyer » mais qui occupe quelques personnes. Les lecteurs de ce blog devaient en être informés.

    Photo : la couverture du prochain album d'Astérix qui paraît simultanément dans 15 pays le 24 octobre 2013, et dont le premier tirage sera de... 5 millions d'exemplaires.

     

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  • Comment faire parler de son livre de rentrée ?

    555 romans français (dont 86 premiers romans) et étrangers  sont publiés en cette rentrée 2013 contre 650 en 2012. Un véritable casse-tête pour les éditeurs et leur service de presse. Comment se distinguer, pour un auteur, dans cette pile de nouveautés qui n’auront qu’une courte vie commerciale si Le Monde des livres, les Inrocks, ou  Femme actuelle, n’y consacre pas quelques lignes.

    Pas de problème pour les œuvres des bons clients des médias, comme Jean d’Ormesson et sa bonhomie immortelle, ou Amélie Nothomb et ses chapeaux étonnants et coiffures farfelues qui font des photos originales pour illustrer des articles.

    Ensuite, il y a  l’originalité des sujets. Les Inrocks justement s’interrogent sur l’apparition d’un nouveau genre littéraire avec le livre de Christopher Hitchens, qui « a tenu la chronique de sa condamnation à mort par le cancer.»

    On peut aussi se lancer dans l’aventure avec un patronyme célèbre comme Marie Modiano qui publie (fin octobre)  Upsilon Scorpii (Gallimard), sans oublier l’humour déjà présent dans le titre, comme L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, de Romain Puértolas (Le Dilettante).

    Un bon livre « trash » peut aussi attirer l’attention et permettre de sortir le titre du lot. Le quotidien Métro présente ainsi Petites morts, de Charlotte Roche (Flammarion) « En 2006, Zones humides avait fait connaître l'actrice-chanteuse-productrice-animatrice allemande Charlotte Roche, pour son apologie des pratiques anales et de l'hygiène négligée. Il n'en fallait pas plus pour lancer le buzz autour de cette jeune femme qui décrit crûment les expériences de sa nouvelle héroïne, Elisabeth Kiehl, dans son deuxième roman, Petites morts. La trame, très autobiographique, promet deuil, sexe, effroi, humour noir : du Christine Angot en mieux. »

    Après le succès de 50 nuances de Grey de E.L James, le filon ne semble pas prêt de se tarir comme on le constate avec Eric Emmanuel Schmidt et Les perroquets de la place d'Arezzo (Albin Michel) où le lecteur, précise Le Parisien, trouvera « des séquences vraiment érotiques présentant parfois des jeux sado masochistes. »

    Pour autant on ne peut pas en conclure que la recette pour un bon roman de rentrée est de le faire écrire par un écrivain de 88 ans arborant un couvre-chef photogénique détaillant sa carte Vitale et ses turpitudes sexuelles.

    b_248.jpgEt puis dans cette rentrée, il y a des livres plus discrets, bien loin du roman mais qui méritent notre attention. Le site Actualitté présente ainsi le parcours de Claude Huet qui vient de publier La descente aux enfers (éditions ABM) : « Avant de sombrer dans la rue pendant neuf ans au début des années 2000, Claude Huet était chef d'une petite entreprise de BTP à la Réunion. C'est en partie grâce à la publication de son premier ouvrage, Dix Jours, neuf nuits(éditions ABM), en 2010, qu'il commence à remonter la pente. Il faut dire que durant sa chute, l'ancien SDF écrivait son journal, un goût pour l'écriture qui lui permettait aussi de s'évader. » 

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