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  • Quand les libraires plébiscitent les livres

    Vitrines, tables, signatures, les libraires font assaut d’imagination pour mettre en valeur les centaines de livres qu’ils reçoivent et qu’ils doivent vendre. Surtout ceux qu’ils ont aimés.

    gc3a9rard-collard-griffe.jpgIl est loin le temps ou La Griffe noire de Gérard Collard à St Maur-des-Fossés (94) (photo) était une des rares librairies à consteller ses rayonnages et sa devanture de fiches manuscrites colorées incitant à choisir un livre. Aujourd’hui nombreux sont ses confrères qui n’hésitent plus à accompagner la mise en place des livres par des mots doux ou de courts résumés. Même la FNAC s’y est mise avec « Le coup de cœur du vendeur » c’est dire l’ampleur du phénomène.

    Jean-Christophe Millois, de la Librairie de Paris, explique à Europe 1 dans un excellent article consacré à ce phénomène : « Le seul critère, c'est vraiment ce qui nous a plu, de l'auteur très reconnu à l'écrivain plus confidentiel », et de rajouter « L'idée, c'est d'affirmer notre goût, sans pour autant distribuer les notes, sans être les gardiens du bon goût.»

    Autre point de vue celui de Philippe Touron, le directeur de la librairie Le Divan à Paris : « Les librairies sont des lieux d'échange. C'est d'ailleurs leur véritables valeur ajoutée », et de préciser « Il faut savoir qu'une librairie fait une grande partie de son chiffre d'affaire sur les achats d'impulsion. Dans les librairies, la mise en scène permet aussi aux gens de repartir avec des livres qu'ils ne connaissent pas. Tous les succès inattendus de livres ont d'abord commencé dans les librairies.»

    Livres pol 2016.pngLes libraires font également preuve d’humour et ne sont pas à une facétie près. On l’a vu récemment avec l’arrivée massive de nombreux livres politiques et leur façon très particulière de les présenter (photo), mais aussi avec cette initiative qui consiste à intervertir les bandeaux de livres comme le raconte le journal 20 minutes images à l’appui : « Le livre de Nicolas Sarkozy vanté par Stephen King et celui de Sophie Davant par Bret Easton Ellis : voilà quelques uns des détournements que se sont amusé à faire les libraires en échangeant les bandeaux promotionnels des livres. Sur le Tumblr « Le jeu du bandeau », ils rivalisent d’imagination pour provoquer des rencontres saisissantes entre les messages promotionnels et les titres de livres.»

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  • Fermeture de la librairie La Hune à Paris

    A deux pas de l’église de St Germain-des-Près, non loin de la célèbre brasserie Lipp où se croisent hommes politiques et célébrités, la librairie La Hune (groupe Flammarion) est un des derniers vestiges de ce quartier parisien qui a fait la réputation intellectuelle et artistique de la capitale.

    Un lieu dont Livres Hebdo nous apprend que « Le droit au bail de la librairie parisienne et sa marque La Hune auraient été rachetés pour 1,3 million d’euros. Le projet est de créer une galerie-librairie dédiée à la photographie. Après plus de 70 ans d’existence, la librairie parisienne, La Hune, qui occupe un local de 300 m2 à Saint-Germain des Près, fermera définitivement ses portes le 14 juin 2015 en soirée. »

    Depuis plusieurs années les boutiques de luxe remplacent les magasins traditionnels du quartier (il reste encore un Monoprix). La Hune, longtemps située au 170 bd St Germain, entre Les Deux Magots et le Café de Flore (où s’est installée une boutique Vuitton) avait déménagé à quelques mètres rue de l’Abbaye dans les anciens locaux de la librairie Le Divan (elle aussi chassée par l’inflation des loyers et installée depuis 1997 dans le 15ème arrondissement).

    Dans un article publié par Le Monde, Denis Gheerbrant, fils de Bernard Gheerbrant, fondateur et animateur pendant trente ans de la librairie précise « La Hune va être vendue à un commerce de reproductions photographiques à l'esthétique « poster », YellowKorner. La Hune, ses murs mais aussi son nom, ce nom dont mon père avait baptisé ce qui était une première du genre, une librairie-galerie, réunissant l'avant-garde de la littérature et de la gravure », avant de s’indigner que les repreneurs veuillent garder ce nom « Que les commerçants commercent, soit, mais pas sous le nom dont mon père a fait un symbole. Pour ma mère, mes enfants et moi-même, pour tous ceux pour qui le mot culture n'est pas synonyme de marchandise, c'est un cauchemar. S'il faut lui donner un nom, ce sera celui d'usurpation. »

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    Annonçant la fermeture de La Hune, Télérama écrit « En mars, l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) rapporte que 10 % des librairies de la Ville lumière ont été rayés de la carte depuis 2011. Del Duca dans le 9e, Village Voice dans le 6e, l'Ile lettrée dans le 10e... Paris serait-elle la capitale des librairies... qui ferment ? Le MOTif (observatoire du livre et de l'écrit de la Région Ile-de-France) a enregistré 45 défections et 25 créations de librairies entre 2011 et 2014, sans compter, comme l'a fait l'Apur, les librairies-papeteries et/ou presse. La baisse est donc plus proche des 8 %. »

    L’article de Marine Relinger se poursuit ainsi : « Paris conserve le maillage le plus dense d'Europe », tempère Serge Guérin, président du MOTif. « Ce sont les petites structures qui souffrent le plus. Mais, en Ile-de-France, les libraires font l'essentiel du chiffre d'affaires des éditeurs, devant les grandes surfaces culturelles comme la Fnac », précise Vincent Monadé, président du Centre national du livre. »

    Ce ne sera plus le cas de la Hune.

    La Hune donne un dernier rendez-vous littéraire le 10 juin, avec Jean-Michel Djian, à propos de son livre « Les rimbâldolatres » (Grasset),  à paraître le 27 mai 2015.

    Photo : Facebook La Hune.

  • Quand les libraires s’expriment

    Le métier de libraire est indissociable du livre. Dernière étape du parcours qui relie l’auteur au lecteur, il doit aujourd’hui, face aux nouveaux modes de distribution et de consommation du livre, s’adapter et réinventer son rôle. Et les libraires ont des choses à dire.

    Le blog Emotions donne la parole à huit d’entre eux. De Lucie Merval de Espace Culturel E.Leclerc à Valérie Caffier de la librairie Le Divan à Paris, en passant par Pépita Sonatine (pseudo), de la librairie Lacoste à Mont-de-marsan, tous témoignent de leur passion.
    C’est le cas aussi de  Stéphanie Hérisson-Delattre libraire à Egreville (77620), village de 2300 habitants qui conclut ainsi son entretien « Je suis la première à déplorer les achats sur le net. Mais plutôt que de tirer sur l’ambulance, faisons notre boulot comme il se doit et peut-être arriverons-nous à nous en sortir. Les libraires, sûrs de leur mainmise, grâce au prix unique du livre ont oublié leur rôle de commerçant. Beaucoup se sont sabordés tout seul. Le livre doit vivre, n’attendons pas le lecteur derrière notre caisse, autant fermer boutique. »
     
    Le site Libraires en Rhônes-Alpes propose lui des portraits de libraires où ils racontent leur parcours et leur bonheur et difficultés à exercer dans ce domaine. A la question « Pour vous, être libraire indépendant c’est quoi ? » Bénédicte et Romain Cabane de la Librairie des Danaïdes à Aix-les-Bains répondent « Pour nous, trois axes, au-delà de la stricte définition, résumeraient globalement ce que représente le fait d’être libraire indépendant. C’est avoir la liberté de proposer ce que nous voulons, être acteur de la vie locale et échanger autour du livre. Bien-sûr nous pourrions ajouter des choses, et maintenant que j’y pense, sans doute que la dimension « profession » est importante elle aussi. Je veux dire par là que les libraires indépendants se reconnaissent notamment à leur capacité à penser la profession et son avenir, à avoir des projets pour celle-ci et à la défendre bec et ongles. Comme partout ailleurs, il est de plus en plus important de résister à l’uniformisation. »
     

    Sur le blog de la plateforme de distribution ePagine, on peut même se procurer une version électronique de « Propos sur le métier de Libraire. Conversations sur le commerce des livres », un livre qui réunit six entretiens avec les responsables de librairies françaises : Josette Vial (Compagnie) et Philippe Touron (Le Divan) à Paris, Pascal Thuot  (Millepages à Vincennes), Jean-Jacques Tonnet (Tonnet à Pau), Isabelle Schulmann, Antoine Fron (L’Arbre à Lettres - Mouffetard à Paris) et Christian Thorel (Ombres Blanches à Toulouse). Dans l’extrait publié par le blog, on peut lire « Ces « mots pour dire » la librairie ne sont pas une leçon, ils portent autant d’interrogations que d’assurances de la part de ce (fugace) Groupe des Sept. Ils appellent des réponses, des réactions, des contestations. Et pourquoi pas d’autres entretiens, d’autres professions de foi. Enfin, si ce livre est destiné plus particulièrement aux acteurs des professions du livre, nous serions heureux qu’il rencontre quelques échos, parmi tous les lecteurs de toutes les librairies de ce pays, ces lecteurs qui font part aujourd’hui de leur soutien à des modes de médiation dans lesquels le rôle des librairies est le premier. »
     
    Photo du profil Facebook de Stéphanie Hérisson-Delattre.

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