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  • Quand les librairies se font belles

    « Plus une librairie est jolie, plus les ventes y sont élevées. Dans notre commerce, 60 % des achats sont des achats d'impulsion. » Ce constat est fait par Philippe Touron, directeur des librairies parisiennes du groupe Madrigall qui possède à Paris trois librairies Le Divan, Le Divan perché et la Librairie Gallimard.

    Philippe Touron est cité par Livres Hebdo à l’occasion de la réouverture de la Librairie de Paris, place Clichy, après trois mois de travaux. Le magazine décrit l’endroit « Lumineux, aéré et esthétique, le magasin joue aussi sur le contraste des couleurs : blanc, noir, bois ainsi que rouge (…) la librairie invite à la flânerie. Et pour faciliter la convivialité et fluidifier la circulation, elle a disposé, en son centre, des bancs qui permettent aux clients de s'asseoir lors des animations ou lorsqu'ils feuillettent des livres. »

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    (Photo https://www.livreshebdo.fr/article/la-librairie-de-paris-fait-peau-neuve )

    Autre quartier, autre rue, même état d’esprit pour séduire le lecteur potentiel. Deux nouvelles librairies se sont récemment ouvertes rue Sedaine dans le 11ème arrondissement de la capitale.

    Au n° 48, on trouve L'impromptu, inaugurée en décembre 2018. La librairie est accueillante avec un mobilier ancien qui donnent toute l’atmosphère du lieu. Actualitté détaille les objectifs de Jérémy Derny le libraire qui « a choisi une offre généraliste, considérant que « la littérature n'arrête pas de communiquer avec différents domaines : Annie Ernaux répond à Édouard Louis, qui peuvent renvoyer sur Bourdieu, puis sur les livres de Monique Wittig... Les livres sont des passerelles, finalement ». Et il rajoute, « Le fait d'avoir une limite de place est une chance, cela nous pousse à la sélection, qui forge l'identité, la personnalité de la librairie. Je n'ai pas peur de faire cette sélection en plus, car je peux la revendiquer auprès de ma clientèle. »

    impromptu.png(Photo http://www.villagepopincourt.paris/)

    Au n° 89, on ne peut pas rater Les Parages et sa pimpante devanture « jaune canari électrique ». Le Parisien a déjà consacré un article au projet de Marie Cossart, Morgane Kerlero du Crano et Nicolas Fargette. Tous les trois ont travaillé ensemble à la librairie L'Atelier (75020) avant de s’associer pour ouvrir ce nouveau lieu. Dans sa campagne de financement sur Ulule, la librairie se définit comme « indépendante, généraliste et de proximité » avec une attention particulière portée à « la création graphique et littéraire. » La boutique de 82 m2, a été aménagée avec du mobilier en bois clair fait sur mesure. La pièce principale est consacrée aux littératures, polars, sciences humaines et beaux-arts et un espace de 22 m2 au fond du magasin est réservé aux livres jeunesse et aux bandes dessinées.

    XVMee5b6518-c41a-11e9-af27-a4fadab20aa7.jpg(Photo http://www.lefigaro.fr/sortir-paris/les-parages-nouvelle-librairie-au-carrefour-des-genres-a-paris-20190821)

  • Quand les libraires plébiscitent les livres

    Vitrines, tables, signatures, les libraires font assaut d’imagination pour mettre en valeur les centaines de livres qu’ils reçoivent et qu’ils doivent vendre. Surtout ceux qu’ils ont aimés.

    gc3a9rard-collard-griffe.jpgIl est loin le temps ou La Griffe noire de Gérard Collard à St Maur-des-Fossés (94) (photo) était une des rares librairies à consteller ses rayonnages et sa devanture de fiches manuscrites colorées incitant à choisir un livre. Aujourd’hui nombreux sont ses confrères qui n’hésitent plus à accompagner la mise en place des livres par des mots doux ou de courts résumés. Même la FNAC s’y est mise avec « Le coup de cœur du vendeur » c’est dire l’ampleur du phénomène.

    Jean-Christophe Millois, de la Librairie de Paris, explique à Europe 1 dans un excellent article consacré à ce phénomène : « Le seul critère, c'est vraiment ce qui nous a plu, de l'auteur très reconnu à l'écrivain plus confidentiel », et de rajouter « L'idée, c'est d'affirmer notre goût, sans pour autant distribuer les notes, sans être les gardiens du bon goût.»

    Autre point de vue celui de Philippe Touron, le directeur de la librairie Le Divan à Paris : « Les librairies sont des lieux d'échange. C'est d'ailleurs leur véritables valeur ajoutée », et de préciser « Il faut savoir qu'une librairie fait une grande partie de son chiffre d'affaire sur les achats d'impulsion. Dans les librairies, la mise en scène permet aussi aux gens de repartir avec des livres qu'ils ne connaissent pas. Tous les succès inattendus de livres ont d'abord commencé dans les librairies.»

    Livres pol 2016.pngLes libraires font également preuve d’humour et ne sont pas à une facétie près. On l’a vu récemment avec l’arrivée massive de nombreux livres politiques et leur façon très particulière de les présenter (photo), mais aussi avec cette initiative qui consiste à intervertir les bandeaux de livres comme le raconte le journal 20 minutes images à l’appui : « Le livre de Nicolas Sarkozy vanté par Stephen King et celui de Sophie Davant par Bret Easton Ellis : voilà quelques uns des détournements que se sont amusé à faire les libraires en échangeant les bandeaux promotionnels des livres. Sur le Tumblr « Le jeu du bandeau », ils rivalisent d’imagination pour provoquer des rencontres saisissantes entre les messages promotionnels et les titres de livres.»

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  • Fermeture de la librairie La Hune à Paris

    A deux pas de l’église de St Germain-des-Près, non loin de la célèbre brasserie Lipp où se croisent hommes politiques et célébrités, la librairie La Hune (groupe Flammarion) est un des derniers vestiges de ce quartier parisien qui a fait la réputation intellectuelle et artistique de la capitale.

    Un lieu dont Livres Hebdo nous apprend que « Le droit au bail de la librairie parisienne et sa marque La Hune auraient été rachetés pour 1,3 million d’euros. Le projet est de créer une galerie-librairie dédiée à la photographie. Après plus de 70 ans d’existence, la librairie parisienne, La Hune, qui occupe un local de 300 m2 à Saint-Germain des Près, fermera définitivement ses portes le 14 juin 2015 en soirée. »

    Depuis plusieurs années les boutiques de luxe remplacent les magasins traditionnels du quartier (il reste encore un Monoprix). La Hune, longtemps située au 170 bd St Germain, entre Les Deux Magots et le Café de Flore (où s’est installée une boutique Vuitton) avait déménagé à quelques mètres rue de l’Abbaye dans les anciens locaux de la librairie Le Divan (elle aussi chassée par l’inflation des loyers et installée depuis 1997 dans le 15ème arrondissement).

    Dans un article publié par Le Monde, Denis Gheerbrant, fils de Bernard Gheerbrant, fondateur et animateur pendant trente ans de la librairie précise « La Hune va être vendue à un commerce de reproductions photographiques à l'esthétique « poster », YellowKorner. La Hune, ses murs mais aussi son nom, ce nom dont mon père avait baptisé ce qui était une première du genre, une librairie-galerie, réunissant l'avant-garde de la littérature et de la gravure », avant de s’indigner que les repreneurs veuillent garder ce nom « Que les commerçants commercent, soit, mais pas sous le nom dont mon père a fait un symbole. Pour ma mère, mes enfants et moi-même, pour tous ceux pour qui le mot culture n'est pas synonyme de marchandise, c'est un cauchemar. S'il faut lui donner un nom, ce sera celui d'usurpation. »

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    Annonçant la fermeture de La Hune, Télérama écrit « En mars, l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) rapporte que 10 % des librairies de la Ville lumière ont été rayés de la carte depuis 2011. Del Duca dans le 9e, Village Voice dans le 6e, l'Ile lettrée dans le 10e... Paris serait-elle la capitale des librairies... qui ferment ? Le MOTif (observatoire du livre et de l'écrit de la Région Ile-de-France) a enregistré 45 défections et 25 créations de librairies entre 2011 et 2014, sans compter, comme l'a fait l'Apur, les librairies-papeteries et/ou presse. La baisse est donc plus proche des 8 %. »

    L’article de Marine Relinger se poursuit ainsi : « Paris conserve le maillage le plus dense d'Europe », tempère Serge Guérin, président du MOTif. « Ce sont les petites structures qui souffrent le plus. Mais, en Ile-de-France, les libraires font l'essentiel du chiffre d'affaires des éditeurs, devant les grandes surfaces culturelles comme la Fnac », précise Vincent Monadé, président du Centre national du livre. »

    Ce ne sera plus le cas de la Hune.

    La Hune donne un dernier rendez-vous littéraire le 10 juin, avec Jean-Michel Djian, à propos de son livre « Les rimbâldolatres » (Grasset),  à paraître le 27 mai 2015.

    Photo : Facebook La Hune.

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