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le bleuet

  • Que serait l'édition sans eux ?

    Que seraient les auteurs sans leurs droits ?

    Soutien important pour les auteurs qui revendiquent actuellement pour défendre leur statut, celui de Joan Sfar, dessinateur de bandes dessinées, écrivain, cinéaste. "L'histoire se rappellera que c'est une ministre éditrice qui a massacré les écrivains", a-t-il déclaré, relayant de façon polémique le combat des auteurs qui s'inquiètent de la hausse de la CSG (passée de 7,5% à 9,2% depuis le 1er janvier), ce qui entraîne une perte de leur pouvoir d'achat, et de la réforme à venir du régime social des auteurs qui prévoit notamment la suppression de l'Agessa, leur système de sécurité sociale. Les auteurs s’inquiètent également de la future refonte de leur système de retraite. Il faut se rappeler que 41% des auteurs professionnels gagnent moins que le SMIC.

    Que seraient les éditeurs sans leurs auteurs ?

    On connaît les difficultés (mais pas toujours) d’un auteur à convaincre un éditeur à s’intéresser à son manuscrit, dans le cas de R.J. Ellory, la persévérance (et du talent) semble être la meilleure solution. A l’occasion de la publication de son dernier roman Les fantômes de Manhattan (éditions Sonatine), l’écrivain à succès raconte sur Europe 1 son parcours du combattant : "J'en suis à 14 romans publiés en anglais", rappelle-t-il. "Et j'ai dû en écrire 45 en tout". "J'ai reçu plus de 600 lettres de refus de plus de 100 éditeurs", poursuit-il. "Fin des années 1980, début des années 1990, ma femme et moi avons dépensé 12.000 euros en frais de poste et de photocopie". Dans son bureau il avait affiche cette phrase de l’homme politique anglais Benjamin Disraeli, : « Pour réussir, il ne faut jamais dévier de son but ».

    Que seraient les auteurs et les éditeurs sans les librairies ?

    Ce blog a déjà évoqué les multiples vies de la librairie Le Bleuet nichée au cœur du village de Banon (04150) et aujourd’hui il faut signaler que depuis le 23 juin s’est créée l’association Bleuet et Cie. Parmi ses objectifs : « rassembler en réseau l’ensemble des personnes concernées par l’existence et le développement de la librairie, soutenir les projets de la librairie sur le plan logistique, faire des propositions à la librairie pour favoriser son rayonnement, organiser les relations avec le public concerné par l’existence de la librairie au niveau local, régional, national et international, et agir, en concertation avec la direction de la librairie, afin de contribuer à la pérennité du lieu ». Pour tout contact : bleuetcie04@gmail.com

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    Photo : Document Le Bleuet / Isabelle de Rouville.

  • La librairie Le Bleuet en Haute-Provence

    A Banon, village perché et très accueillant des Alpes-de-Haute-Provence, à proximité du Lubéron, se trouve une des plus grandes librairies de France Le Bleuet.

    Fondée en 1990 par Joël Gattefossé, Le Bleuet connaît un grand succès jusqu'en 2015 où la librairie est menacée de liquidation. Elle sera sauvée par Christine Rey une passionnée et cliente régulière, mais la relance sera hélas de courte durée et 15 mois plus tard, l’établissement est remis en vente. Il sera repris par Marc et Isabelle Gaucherand, originaires de Lyon qui continuent l'aventure de ce lieu culturel unique et attachant.

    Cartes postales des lieux :

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    Une librairie au cœur du village.

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    Sur plusieurs étages toutes les nouveautés de l’édition et des milliers de titres disponibles toute l'année.

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    Aucun domaine n’est oublié et récemment un rayon « écologie » très fourni vient d’être créé.

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    Le site officiel de la librairie : http://www.lebleuet.fr/

     

  • Le bonheur est dans la librairie

    La librairie est le dernier maillon de la chaîne de l’édition. Un maillon essentiel pour la vie du livre mais qui aujourd’hui manifeste des inquiétudes face à Internet, au livre numérique, à l’augmentation de la TVA, et à la hausse des charges qui mettent en péril son avenir.

    Quelques chiffres sur la librairie (source La Croix ) :  

    Le réseau : Le nombre total de points de vente de livres est estimé à 25 000, dont 2 500 qualifiés  de librairies ; 1 000 d’entre eux réalisent de 60 à 75 % du chiffre d’affaires des éditeurs.

    Le marché : La librairie indépendante représente plus de 40 %  de la vente au détail. La proportion atteint 70 % pour « l’édition de création ». (...) Le chiffre d’affaires des librairies a baissé de 5,4 % depuis 2010. Les hypermarchés ont capté 7 %  des ventes entre 2000 et 2010, et Internet 10 %.

    Pourtant certaines librairies font face et tentent d’inverser la tendance.

    Encore des chiffres, ceux-là concernent la librairie Le Bleuet ouverte en 1990 à Banon dans un village des Alpes de Haute-Provence, avec « 77 livres en propriété et 250 en dépôt » et qui aujourd’hui propose 110 000 titres. Son fondateur, Joël Gattefossé, investit actuellement, avec le soutien des banques et des collectivités, 4,4 millions d’euros dans la construction d’un entrepôt de 1500 m2 qui va permettre à la librairie actuelle de se restructurer et d’accroître sa capacité d’accueil en ouvrant un niveau de plus, et en créant une deuxième librairie sur le site de l’entrepôt. L’investissement comprend aussi l’acquisition de livres, et la création d’une librairie en ligne. Son objectif à terme annonce-t-il dans Le Dauphiné « devenir la première librairie de France. »

    Autre librairie, à Paris cette fois-ci, Shakespeare and Company, décrite sur le site Evene.fr: « En plein Quartier latin, Shakespeare joue le rôle de centre névralgique de la communauté culturelle anglophone, voisine des pubs et bâtisses typiquement parisiennes. Fondée en 1951 par George Whitman, c'est aujourd' hui sa fille Sylvia qui s'est installée à la tête de ce qui est devenu, en quelques années, une véritable institution. Comme un trait d'union entre deux cultures, la librairie est aussi un lieu de partage que nombre des plus grands écrivains du XXe siècle ont visité, pour leur plaisir ou pour y donner des lectures de leurs ouvrages. C'est toute une multitude d'événements qui émaillent la vie de cette librairie qu’Henry Miller lui-même décrivait comme « le pays des merveilles des livres ».

    Le blog La Courneuve Urbains sensibles raconte la création, à quelques kilomètres de la capitale, de la librairie La Traverse, par Doris Séjourné et Caroline Sayanouanchan : (...) « Beaucoup n'y croyaient pas au début. Une librairie à La Courneuve ? Pensez-vous ! Je crois que quand le maire adjoint au développement économique et social nous a vues, il s'est dit 'soit j'ai affaire à deux folles, soit ça marche'. Il a été notre premier soutien ! » expliquent-elles. Peu à peu, les élus de l'agglomération adhèrent au projet, les acteurs du livre aussi. Elles décrochent des aides de la DRAC, puis l'appui d'un "Cigales", (club d'investisseurs privé pour une gestion alternative locale de l'épargne solidaire) qui prend des parts dans l'entreprise. "J'ai refait le business plan 12000 fois, je devenais folle, se rappelle Doris. Au début, on a ramé !" » (...)

    « Économiquement, la vie de la librairie est encore fragile. " On a fait une étude de marché, on savait en s'installant que le panier moyen des Courneuviens est bien en dessous de celui de leurs voisins" précisent les deux femmes. Mais une première victoire est bien là, dans la façon toute simple qu'ont les gens d'aller et venir, de sentir, de toute évidence, qu'ils ont leur place ici, quel que soit leur niveau de vie et d'étude. "Ici, il y a beaucoup d'isolement, de manque de considération. Ce n'est pas forcément volontaire mais quand on oublie certains territoires, on oublie les gens qui sont dessus, estime Doris. Nous sommes arrivées convaincues par notre projet, mais humbles. Aujourd'hui on sent que les gens aiment la librairie, parce qu'elle est jolie mais aussi parce qu'ils s'y sentent considérés, même les petits." » (...)

    Dernière histoire de librairie, celle de L’Ange bleu résumée par La Nouvelle République : « Il y a encore quatre ans, l'Ange bleu, c'était une librairie en centre-ville de Vendôme où l'on pouvait venir acheter ses livres et discuter avec le vendeur. La vitrine a fermé lorsque la grande surface culturelle s'est installée. « Leclerc m'a tuER », rigole aujourd'hui Thierry Lequenne, le libraire. « J'ai tout de suite vu mon chiffre d'affaires diminuer. J'ai décidé d'évoluer. » Cette évolution ce sera Internet et le quotidien explique : « S'il vend toujours des livres sur commande (il a 700.000 références disponibles), ce n'est pas avec cela qu'il fait son beurre. Les ouvrages qu'il fait livrer à une boutique partenaire du centre-ville ne représentent que 2 % de son activité. Les salons et autres événements auxquels il participe sont déjà plus intéressants. Mais le gros de son chiffre d'affaires (60 %), il le tire de l'organisation de prix littéraires destinés au jeune public. »

    Les librairies sont peut-être menacées mais elles savent aussi faire preuve d’imagination pour résister et pour évoluer.

    Illustration : bandeau du site Internet de la librairie La Traverse

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