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la quinzaine littéraire

  • ERNEST ! le livre en fête et en revue

    Les revues sur la littérature et le monde de l’édition ne manquent pas, Lire, Le Magazine littéraire, La Quinzaine littéraire, ou Livres Hebdo, plus destinée aux professionnels, on les trouve chez les marchands de journaux ou par abonnement. Depuis quelques années Internet a augmenté cet éventail de titres avec ActuaLitté, Le Blog des livres, Babelio, Le Choix des libraires, ou Onlalu, ceux-ci parmi beaucoup d’autres.

    Un petit nouveau vient se joindre à la liste, Ernest !. Sur France Info son fondateur David Medioni explique l’origine du titre : "Ernest est un média qui se veut un peu fantasque on avait envie d'incarner ça avec un prénom. On a choisi Ernest parce que c'est un prénom qu'on aimait bien, qu'on trouvait sympathique. Et puis surtout, c'était un petit hommage à Ernest Hemingway, dont on apprécie le côté fantasque".

    France Info détaille ses objectifs : « La revue en ligne "est découpée comme une fête", poursuit David Medioni. "Il y a 'l'apéro d'Ernest', c'est la partie gratuite du site, c'est Ernest qui régale. Ensuite vous avez des invités, comme Thomas Hervé, Didier Porte, Sonia Petit qui est une libraire qui est en train de créer sa librairie et qui va nous raconter les coulisses. L'espace  'Discute' est un endroit où on va aller apostropher des personnalités qui n'ont rien à voir avec le livre. Mon rêve - je passe un petit appel - c'est d'avoir Zinédine Zidane qui parle des livres qu'il lit à ses enfants !  Il y a aussi 'Les coups de foudre d'Ernest' et une rubrique 'Première fois' où on va voir des auteurs de premiers romans pour essayer de découvrir le nouveau Houellebecq, pourquoi pas !" »

    Au sommaire, des chroniques comme celle de Didier Porte qui « lira les livres et essais politiques et en fera, pour vous, une critique humoristique et grinçante », et même un scoop avec Sorj Chalandon qui parle de son prochain roman à paraître à la rentrée.

    En conclusion de son interview David Medioni déclare : « Je ne supporte pas les librairies où on chuchote et où il ne fait pas faire de bruit. Une librairie est un lieu de vie. Avec Ernest, on ne va pas épater le lecteur, on va lui parler simplement  et on ne va pas s'écouter écrire. C’est un peu le défaut par moment de certaines revues littéraires qui sont un peu élitistes. »

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  • Luxe, littérature, et volupté ?

    En 2004, le groupe de luxe LVMH de Bernard Arnault venait au secours de la petite maison d’édition Arléa créée en 1986 par Catherine et Jean-Claude Guillebaud et Claude Pinganaud. L'éditeur était alors au bord du dépôt de bilan. Présenté par Livres hebdo comme un sauvetage qui s’inscrivait « dans les opérations de mécénat culturel utiles à l’image du  groupe », Arléa rejoignait Radio Classique, ainsi que la revue Connaissance des Arts, et fait encore aujourd’hui partie du groupe Les Échos, pôle médias de LVMH.

    En 2013, c’est Madrigall (anagramme de Gallimard) holding qui possède les maisons d’édition Gallimard et Flammarion qui voit Bernard Arnault entrer dans son capital à hauteur de 9,5%. Un rapprochement qu’Antoine Gallimard justifie ainsi « Bernard Arnault s'est montré très sensible aux questions patrimoniales et aux questions de marque. Il apprécie l'histoire de la maison et notre côté familial. Ce qui l'a intéressé, c'est que Gallimard est une marque nationale et mondiale, dans le cadre d'une entreprise familiale qui investit sur le long terme »

    lvmh,arléa,les inrocks,prada,agnès b,la quinzaine littéraire,josé bové,madrigall,gallimard,bernard arnault,christian bourgoisRécemment l’hebdomadaire Les Inrocks soulignait les investissements de l’industrie du luxe dans le  monde de l’édition et s’interrogeait « Tendance lourde ou effet de mode, que cache cette nouvelle forme de mécénat ? ». Sans vraiment apporter de réponse – l’article avance que LVMH serait intéressé par le patrimoine immobilier de Gallimard -  l’auteure cite aussi les exemples de la marque Prada ou d’Agnès b. (ex-épouse de l’éditeur Christian Bourgois 10/18) et qui vient de contribuer au sauvetage de La Quinzaine littéraire, la revue fondée par Maurice Nadeau. Le journal précise « Pour accompagner le lancement de sa nouvelle version le 1er novembre, Agnès b. a créé des sacs aux couleurs de la publication et organisé une exposition dans l’une de ses boutiques. »

    Il est vrai que, à voir autant de capitaux affluer dans un secteur en pleine mutation technologique et en grande difficulté économique, on peut se demander quelle en sera la contrepartie ? Le livre n’est pas une marchandise peut-on écrire paraphrasant le titre célèbre de José Bové, mais on peut aussi rappeler que si les grands groupes de luxe jouent les mécènes ils sont loin d’être des philanthropes.


  • Maurice Nadeau éditeur de son siècle

    Pour tous ceux qui aiment les livres et qui rêveraient de devenir éditeur comme Maurice Nadeau, « éditeur génial » (Le Monde) disparu le 16 juin 2013 à 102 ans, voici quelques traces de son itinéraire :

    41YPND9QBNL._SY445_.jpgNé le 21 mai 1912 à Paris, Maurice Nadeau avait pris le goût de la lecture indirectement de son père, un homme de la campagne "monté" à Paris pour faire le coursier, qui écrivait des chansons à ses heures. Mort sur le front en 1916, il avait laissé à ses deux orphelins une bibliothèque hétéroclite où l'on piochait les livres au hasard, de la Bible aux romans roses en passant par les Contes de La Fontaine. (Le Monde)

    « Pendant toute ma vie, j’ai toujours eu la bonne place pour découvrir des écrivains. J’étais à l’affût, j’écoutais, je lisais beaucoup, des manuscrits, les revues, la presse étrangère ». D’après l’AFP citée par Libération

    Le nouveau l'intéresse. La résonnance entre le style et l'époque. De la littérature, le trotskiste Nadeau n'attend jamais la conformité idéologique, mais cherche la singularité du regard, l'implication folle et totale d'un écrivain dans son monde, dans le monde. (Le Monde)

    « Contre la censure à l'occasion des poursuites contre Henry Miller. Contre les familles à propos d'Antonin Artaud. Pour des auteurs peu connus du public comme Henri Michaux, Georges Bataille, Maurice Blanchot ou Paul Léautaud. Pour de nouveaux venus, Jean Genet ou Samuel Beckett. J'accueille André Breton, de retour, glorieux mais éclipsé par Sartre et Camus, lesquels règnent. Je donne la parole à un jeune inconnu, Roland Barthes.» Cité par Le Figaro

    « Je privilégie les ouvrages qui interrogent le lecteur ou dont je perçois que leurs auteurs n'ont pas été sans se poser la question qu'a formulée Blanchot : “Qu'est-ce qu'écrire ? Pourquoi écrire ?”. J'écarte du même coup et tout naturellement les auteurs à succès, les bonnes âmes et les donneurs de leçons, ceux qui visent (pourquoi pas ?) le simple divertissement. » Cité par Le Figaro

    La Quinzaine littéraire, menacée depuis sa naissance de disparition, a connu récemment un épisode dramatique. On a bien cru que c’en était fini de cette revue entièrement vouée aux livres, aux écrivains et à l’édition, de cette « feuille » à l’ancienne, ultime représentante de trois siècles d’intérêt français pour les choses de l’esprit et de la plume. Mais Maurice Nadeau avait de la ressource et toute sa tête. Il a réagi comme il convenait, et a créé une société par actions (valeur : 100 € l’action) ouverte aux lecteurs, dans le but de réunir un capital de 80 000 € (http://www.quinzaine-litteraire.presse.fr/quinzaineenperil.php). Causeur.fr

    Le rencontrer dans son bureau balzacien de La Quinzaine littéraire, dont il a assuré la direction jusqu'au bout de ses forces, c'était se trouver en présence du « dernier des Mohicans », rebelle qu'aucun groupe, aucune instance, aucun cénacle ne parviendra à apprivoiser et encore moins à embrigader. Véritable institution de la marginalité, Maurice Nadeau pouvait se permettre de regarder de haut les beaux esprits qui venaient frapper à sa porte. (Le Figaro)

    Il adorait ça, Maurice, être à sa table de travail, lire, écrire, recevoir les écrivains, animer la revue, découper et coller, mettre en page, surveiller l'imprimerie. (Le Monde)

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    A lire de Maurice Nadeau : Grâces leur soient rendues (Albin Michel -1990), Une vie en littérature, conversations avec le philosophe Jacques Sojcher, sous le titre Une vie en littérature (Éditions Complexe, 2002), Serviteur !, sous-titré Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945 (Albin Michel, 2002), Le chemin de la vie, entretiens avec Laure Adler (éditions Verdier – le site de cet éditeur propose de nombreux articles de presse consacrés à Maurice Nadeau).

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