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la griffe noire

  • Le livre en vitrine

    Les libraires sont les meilleurs amis des livres. Non seulement parce qu’ils les lisent mais aussi parce qu’ils les vendent. Un commerce qui lui aussi se doit d’attirer le client.

    Vu à la télévision (La grande librairie), ou déniché dans la rubrique livre de votre journal favori, la découverte de l’existence d’un livre passe par plusieurs moyens. Sans oublier le bouche-à-oreille et… la vitrine du libraire.

    Cet espace est fait pour attirer l’œil du chaland et susciter sa curiosité avec pour but ultime de faire entrer le lecteur dans le magasin. Et l’originalité est souvent payante.

    C’est ce qu’a compris très tôt le médiatique libraire Gérard Collard comme le raconte Le Parisien en 2001: « si vous passez rue de la Varenne à Saint-Maur, votre regard ne pourra pas rester indifférent à cette vaste et curieuse vitrine. Sur plusieurs mètres de trottoir, la librairie de la Griffe noire déroule son originalité. Des dizaines de fiches de papier quadrillé coloré accompagnent de commentaires chocs les ouvrages affichés. Ecrit au feutre, parfois souligné ou se détachant en lettres capitales, le verdict est sans appel, élogieux ou assassin. Un rouleau de papier toilette rose parcouru d'un texte écrit au stylo, barre la vitrine de haut en bas. Sur la fiche à côté, on peut lire : Manuscrit original de « la Vie sexuelle de Catherine M. » de Catherine Millet. »

    Pour les libraires en panne d’imagination on trouve sur Internet notamment sur le site de la librairie parisienne Compagnie, des idées de vitrines thématiques de « A bicyclette à Walter Benjamin, en passant par « De la vitesse et de l’accélération », « Le Japon fantasmé », ou « Le sentiment numérique », autant de livres choisis, mis en valeur qui donnent un peu de personnalité à une devanture. Hélas le site n’a pas été mis à jour pour tous les titres.

    Fiches, sélection des nouveautés, coups de cœur, tout est bon pour agrémenter une vitrine et si on manque d’imagination on peut toujours suivre les recommandations du site Retif qui propose « les solutions pour vendre plus ». Parmi celles-ci, ne pas surcharger l’espace, changer de vitrine toutes les 3 semaines car « Au-delà, plus personne n’y prête attention », « faire rêver le client » et le faire « plonger dans un univers qui déculpabilise l’acte d’achat (surtout s’il s’agit d’achats plaisir).» Ce qui semble le cas pour les livres.

    Photo : une vitrine récente de la librairie Gallimard à Paris.

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  • Quand les libraires plébiscitent les livres

    Vitrines, tables, signatures, les libraires font assaut d’imagination pour mettre en valeur les centaines de livres qu’ils reçoivent et qu’ils doivent vendre. Surtout ceux qu’ils ont aimés.

    gc3a9rard-collard-griffe.jpgIl est loin le temps ou La Griffe noire de Gérard Collard à St Maur-des-Fossés (94) (photo) était une des rares librairies à consteller ses rayonnages et sa devanture de fiches manuscrites colorées incitant à choisir un livre. Aujourd’hui nombreux sont ses confrères qui n’hésitent plus à accompagner la mise en place des livres par des mots doux ou de courts résumés. Même la FNAC s’y est mise avec « Le coup de cœur du vendeur » c’est dire l’ampleur du phénomène.

    Jean-Christophe Millois, de la Librairie de Paris, explique à Europe 1 dans un excellent article consacré à ce phénomène : « Le seul critère, c'est vraiment ce qui nous a plu, de l'auteur très reconnu à l'écrivain plus confidentiel », et de rajouter « L'idée, c'est d'affirmer notre goût, sans pour autant distribuer les notes, sans être les gardiens du bon goût.»

    Autre point de vue celui de Philippe Touron, le directeur de la librairie Le Divan à Paris : « Les librairies sont des lieux d'échange. C'est d'ailleurs leur véritables valeur ajoutée », et de préciser « Il faut savoir qu'une librairie fait une grande partie de son chiffre d'affaire sur les achats d'impulsion. Dans les librairies, la mise en scène permet aussi aux gens de repartir avec des livres qu'ils ne connaissent pas. Tous les succès inattendus de livres ont d'abord commencé dans les librairies.»

    Livres pol 2016.pngLes libraires font également preuve d’humour et ne sont pas à une facétie près. On l’a vu récemment avec l’arrivée massive de nombreux livres politiques et leur façon très particulière de les présenter (photo), mais aussi avec cette initiative qui consiste à intervertir les bandeaux de livres comme le raconte le journal 20 minutes images à l’appui : « Le livre de Nicolas Sarkozy vanté par Stephen King et celui de Sophie Davant par Bret Easton Ellis : voilà quelques uns des détournements que se sont amusé à faire les libraires en échangeant les bandeaux promotionnels des livres. Sur le Tumblr « Le jeu du bandeau », ils rivalisent d’imagination pour provoquer des rencontres saisissantes entre les messages promotionnels et les titres de livres.»

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  • Gérard Collard, un libraire dans tous ses états

    Griffe-1.jpgOn ne connait de libraire plus médiatique.

    C’est sur le site de La Griffe noire qu’une video décapante de 16 minutes raconte l’aventure de la création de la librairie de Gérard Collard, le 6 novembre 1987, avec son indispensable et discret associé Jean Casel. Les deux compères y évoquent leur amour du métier, leurs galères, la mise en scène des livres, et leur présence dans les médias initiée par Bernard Rapp dans son émission littéraire Caractères.

    Car Gérard Collard est certes « vendeur de livres »,  mais aussi chroniqueur pour A livre ouvert sur France Info, Coup de cœur des libraires sur LCI (groupe TF1), Le Magazine de la santé (France 5), et j’en oublie sans doute.

    Dans le portrait que lui consacre L’Express en 2011, on apprend que ce libraire au « Look punk-rock », qui a « le verbe haut et la dent dure », « prompt à encenser comme à assassiner », ce « trublion est devenu le chouchou de nombreux éditeurs tant ses interventions passionnées l'ont rendu prescripteur. ».

    L’hebdo tente d’analyser sa personnalité : "Je parle comme M. Tout-le-monde, les gens me comprennent", estime Gérard Collard, chaleureux, drôle, que l'on sent flatté, mine de rien, d'attirer enfin l'attention de la presse. C'est toute l'ambivalence de cet énergumène qui s'enorgueillit de sa totale liberté et se fait fort de "ne pas appartenir à ce monde très bourge de l'édition".

    Tout comme dans la librairie où des affichettes manuscrites assassinent ou encense les dernières parutions, il fait partager ses coups de cœurs avec passion, et un franc-parler assez peu conventionnel dans le milieu de l’édition.

    Libraire, homme de médias, le portrait de l’homme à la houpette tintinesque ne serait pas complet sans la mention de Saint-Maur en poche « un salon plaisir qui fait chanter les mots, aimer les livres et redonne envie à ceux qui ne lisent plus ». Un festival littéraire créé avec son complice Jean Casel et animé par l'équipe de la Griffe noire, et qui, comme son nom l’indique, célèbre le livre au format de poche. En 2012, la manifestation a accueilli pour sa 4ème édition plus de 140 auteurs venus du monde entier et près de 30 000 visiteurs. Un succès atteint avec le total soutien de la mairie de Saint-Maur. Le salon a d’ailleurs son propre site où l’on peut revivre les grandes heures de cet évènement.

    Griffe-2.jpgPour ceux qui en voudraient encore, on retrouve Gérard Collard et ses invités sur le blog de la Griffe noire, Les déblogueurs.tv et sur Facebook, tout en sachant que le meilleur endroit est encore la librairie : La Griffe Noire, 2 rue La Varenne, 94100 Saint-Maur-des-Fossés.

    Photos (captures d’écran), Gérard Collard, Jean Casel et la présentation des livres dans la librairie.

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