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joël dicker

  • Insécurité routière et littérature

    La littérature verse un lourd tribut aux accidents de la route. En ce début d’année on apprenait que l’éditeur Paul Otchakovsky-Laurens avait trouvé la mort à 73 ans, dans un accident de la route à Marie-Galante, en Guadeloupe. Editeur et directeur de collection chez Flammarion et Hachette, il avait fondé en 1983, sa propre maison d'édition, P.O.L. Télérama écrit à son propos : « Les éditions P.O.L, laboratoire de la littérature française contemporaine dans ce qu'elle a de plus neuf et original ? Certes. Mais, loin de demeurer marginaux ou invisibles, les auteurs de chez P.O.L – ils s'appellent notamment Emmanuel Carrère, Mathieu Lindon, Marie Darrieussecq, Nicolas Fargues, Jean Rolin, Atiq Rahimi, Patrick Lapeyre...– accumulent aujourd'hui les succès de librairie et les prix littéraires. » Paul Otchakovsky-Laurens est également le réalisateur du film « Editeur » dans lequel il évoque son métier.

    Autre accident récent, celui qui a coûté la vie en août 2017 en Normandie, près de Pont-L'Évêque à Gonzague Saint-Bris passager d’une voiture conduite par sa compagne. Celle-ci a été mise en cause et a comparu début janvier 2018 devant le tribunal correctionnel de Lisieux pour homicide involontaire. Fils d’éditeur, écrivain, il était l’auteur de plus de 50 ouvrages, son dernier livre « Les aristocrates rebelles » (Les Arènes) est paru après sa mort.

    On se souvient également de l’accident de Roland Barthes en 1980, percuté par un véhicule rue des Ecoles à Paris alors qu’il sortait de la brasserie Le Balzar et se dirigeait vers le Collège de France où il professait. Il avait 64 ans. En 2015, cet accident suscitera le roman de Laurent Binet « La septième fonction du langage » (Grasset), dans lequel il imagine que l’écrivain a été assassiné. Une œuvre de pure fiction mais qualifiée par Le Point de « roman le plus drôle et le plus savant de la rentrée littéraire ».

    Emmanuel Carrère, Mathieu Lindon, Marie Darrieussecq, Nicolas Fargues, Jean Rolin, Atiq Rahimi, Patrick Lapeyre, Paul Otchakovsky-Laurens, Gonzague Saint-Bris, Roland Barthes, Albert Camus, Myriam Lebret, Bernard de Fallois, Marcel Pagnol, Robert Merle, Raymond Aron, Jacqueline de Romilly, Fernand Braudel, Joël Dicker

    Photo L'Yonne républicaine.

    Plus loin encore, le décès d’Albert Camus prix Nobel de littérature 1957, le 4 janvier 1960, dans un accident où il se trouvait en compagnie de son éditeur Michel Gallimard qui lui, éjecté de la Vega Facel, succombera à ses blessures. Comme l’écrit Myriam Lebret dans L’Yonne républicaine : « On retrouve dans la voiture, après l'accident, le manuscrit inachevé du Premier homme. Ainsi qu'un billet de train. »

    Mais il ne faut pas tirer de généralités de ces exemples, la route n’est pas la seule cause de décès des écrivains et des éditeurs. Dans le même temps on apprenait la disparition de Bernard de Fallois, 91 ans, président et fondateur en 1987 des Editions de Fallois, dont Le Monde nous apprend qu’il a publié « Plus de 800 romans français et étrangers, essais, ouvrages philosophiques, études historiques. » Dans son catalogue d’auteurs on peut citer Marcel Pagnol, Robert Merle, Raymond Aron, Jacqueline de Romilly, Fernand Braudel, et Joël Dicker, dont le roman « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert », a été un best-seller mondial.

  • Les livres de l'été 2017 ?

    Il est loin, très loin, le temps où les éditeurs prévoyaient pour l’été la parution d’un livre très épais destiné à devenir le best-seller de nos vacances et accessoirement un repose tête sur la plage. On doit donc se débrouiller pour trouver le livre qui occupera nos loisirs, avec l’aide de quelques spécialistes :

    ActuaLitté et l’émission littéraire de la RTBF, Livrés à Domicile, proposent « 10 livres pour accompagner les vacances. 70 romans, recueils de nouvelles, récits, livres de poche, essais et BD récemment parus à mettre dans sa valise pour les vacances. Mettons nous sous le jacaranda, pour découvrir des livres au parfum d’ailleurs. » Parmi les titres proposés on peut citer « Née contente à Oraibi » de Bérangère Cournut (Le Tripode), « La Baleine thébaïde » de Pierre Raufast, (Alma), ou « Baudelaire au pays des Singes » de Jean-Baptiste Baronian (éditions Pierre Guillaume de Roux).

    Dans Le Point, Marine de Tilly a sélectionné quelques livres de poche, « de l'héroïque, de l'ardent, du glauque, du grandiose, de l'irrésistible ». Elle débute par « Le grand marin », de Catherine Poulain (Points), et « La femme qui fuit » d'Anaïs Barbeau-Lavalette (Le livre de poche), puis continue avec « Gertrude Bell » de Christel Mouchard (Le Livre de poche), « Manhattan People » de Christopher Bollen (Points), « Le livre des Baltimore » de Joël Dicker (De Fallois poche) ou « Metro 2033 » de Dmitry Glukhovsky (Le livre de poche). Chaque titre est présenté en quelques lignes.

    Livre Hebdo de son côté titre « "La tresse" en bonne place pour devenir l'un des livres de l'été » et nous explique « La tresse de Laetitia Colombani (Grasset) fait son entrée en 7e position dans le Top 20 GFK/Livres Hebdo, tous genres confondus, pour la semaine du 5 au 11 juin. Tiré pour sa sortie le 10 mai à 15000 exemplaires, il atteint désormais un tirage de 104000 exemplaires et s’annonce comme un des livres de l’été. »

    Et si on ne trouve pas son bonheur dans ces recommandations, rien n’empêche d’entrer dans une librairie, à la mer comme à la montagne, il y en a encore partout.

    Jacaranda.jpg

    Photo : un jacaranda arbre subtropical fréquent en Méditerranée, doté d'une superbe floraison mauve de mai à juillet.

  • Les affres de l’inspiration littéraire

    La panne d’inspiration est un problème que semblent ignorer certains écrivains comme Marc Levy ou Amélie Nothomb, qui remettent chaque année ou presque, à date fixe, leur manuscrit. Pourtant la mécanique de la création peut s’enrayer, et un écrivain qui n’écrit plus n’est plus un écrivain. Et il est mal.

    Parmi les raisons de ce passage à vide, il y a parfois le succès. On cite souvent l’exemple de l’écrivain Jean Carrière qui sombra dans la dépression après avoir obtenu en 1972 le prix Goncourt pour « l'Epervier de Maheux ». Ce deuxième roman s'était vendu à 1,7 millions d’exemplaires et avait été traduit en 14 langues. Il s’y remettra bien plus tard mais décédera en 2005, oublié de tous.

    Plus récemment David Foenkinos expliquait sur Europe 1 que : « Pendant un an, je n'ai pas du tout écrit. J'ai pensé que ça ne reviendrait pas". "Je ne pouvais pas enchaîner" confiait-il après le succès de son livre "Charlotte" paru en 2014, couronné par le prix Renaudot, le Goncourt des lycéens, et vendu à plus de 380 000 exemplaires. Son dernier roman « Le mystère Henri Pick » vient tout juste de paraître, deux ans après.

    Comment lutter contre ce manque d’imagination ? L’Internet abonde de sites de conseils. Enviedécrire.com propose un « Kit Kit pour écrivains en mal d’inspiration », ecrire-un-roman fait appel à l’expérience de Stanley Kubrick, et même Slate, en 2012 (comme quoi le problème n’est pas nouveau) relayait les « Méthodes pour surmonter le syndrome de la page blanche » du site Flavoriwe (comme quoi le problème n’a pas de frontières).

    duras_emily_cover_pocket.jpgSur le site Babelio on trouve une liste de 26 ouvrages tous genres confondus, dont le thème est « La page blanche en littérature ». On y trouve « Invisible » de Paul Auster, « Emily L. » de Marguerite Duras, en passant par « Bel ami » de Guy de Maupassant, « A l’encre russe » de Tatiana de Rosnay, « La Vérité sur l'affaire Harry Quebert » de Joël Dicker, ou, dans un autre genre, « La fille de papier » de Guillaume Musso qui imagine « Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d’inspiration, voit surgir dans sa vie l’héroïne de ses romans. Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il s’arrête d’écrire. » Je ne dévoilerai pas la fin car c’est l’idée du livre.

    L’auteur en panne d’inspiration est aussi un sujet populaire au cinéma. Il a été incarné par Johnny Depp dans « Fenêtre secrète », film adapté de la nouvelle Vue imprenable sur jardin secret de Stephen King, ou par Pierre Niney dans « Un homme idéal ». Un sujet qui inspire les scénaristes en mal de scénario comme le souligne le site Buzz littéraire.

    Au final, la panne d’inspiration semble être un très bon thème d’inspiration, y compris pour... les blogueurs.

    Photo : "Emily L", de Marguerite Duras.

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