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jean-luc mélenchon

  • Des livres politiques pour 2017

    Livres programme, livres bilan, livres polémiques, la campagne électorale des Primaires, puis celle de l’élection Présidentielle s’annonce riche en publications diverses et variées, mais déjà le contenu de quelques titres alimente déjà les médias. Début de liste :

    « Le récit foudroyant des coulisses du quinquennat de François Hollande », le magazine Les Inrocks présente ainsi “Le Premier secrétaire de la République” (éd. Fayard) de Cyril Graziani grand reporter au service politique de France Inter.

    ppm_medias__image__2016__9782226325044-x.jpgAutre livre témoignage, « Conversations privées avec le Président » de Karim Rissouli, actuellement chroniqueur à France 2, et Antonin André, chef du service politique d'Europe 1, résultat de nombreux entretiens accordés par le chef de l’Etat de 2012 à 2016.

    A droite, Alain Juppé, candidat à la Primaire qui devrait désigner le représentant de ce camp pour la Présidentielle, a publié en janvier 2016 « Pour un Etat fort » (JC Lattès) devançant de quelques mois Nicolas Sarkozy et son livre programme « Tout pour la France » (Plon), annoncé trois jours après sa parution en tête du Top 20 GFK/Livres Hebdo des ventes « tous genres confondus », devant Guillaume Muso, Harry Potter et le nouveau livre d’Amélie Nothomb. De son côté le site Actualitté signalait en mai 2016 que Marine Le Pen avait du mal à trouver un éditeur, l’un d’entre eux indiquant que cela ferait fuir les autres auteurs.

    A gauche, on prévoit plus d’une dizaine de candidats à la Primaire, et sans doute autant d’auteurs potentiels. Pour l’instant seul Jean-Luc Mélenchon (qui ne participera pas à cette compétition éliminatoire) annonce un nouveau livre début septembre « Le Choix de l’insoumission (Seuil).

    Enfin ni de gauche, ni de droite, on annonce un livre d’Emmanuel Macron, récent démissionnaire du ministère de l’économie et candidat potentiel à la Présidentielle de 2017, début septembre.

    A suivre.

  • Faut-il publier Mein Kampf ?

    En 2016, le texte de Mein Kampf (Mon combat) tombera dans le domaine public. Ce livre qui a accompagné l’ascension au pouvoir d’Adolf Hitler, s’est vendu de son vivant à plus de 14 millions d’exemplaires et est encore aujourd’hui disponible sur Internet. Mais sa réédition en français crée déjà la polémique, même si l’éditeur, Fayard, annonce une édition annotée.

    Le premier à réagir à été l’homme politique Jean-Luc Mélenchon qui a rendu publique une lettre à l’éditeur lui demandant « solennellement de renoncer à cette publication ». Il écrit : « Mein Kampf est l’acte de condamnation à mort de 6 millions de personnes dans les camps nazis et de 50 millions de morts au total dans la deuxième Guerre Mondiale. Il est la négation même de l’idée d’humanité universelle. Votre volonté d’une édition critique, avec des commentaires d’historiens ne change rien à mon désaccord. Editer, c’est diffuser. La simple évocation de votre projet a déjà assuré une publicité inégalée à ce livre criminel. Rééditer ce livre, c’est le rendre accessible à n’importe qui. Qui a besoin de le lire ? Quelle utilité à faire connaître davantage les délires criminels qu’il affiche ? » Au passage Jean-Luc Mélenchon rappelle que Fayard a déjà édité ce livre en 1938.

    Dans Libération, Christian Ingrao, historien, chargé de recherches au Cnrs, lui répond longuement : « Les cinquante dernières années de labeur acharné des historiens, illustrées par l’avènement de l’école fonctionnaliste opposée à cette école intentionnaliste que vous représentez ici involontairement, ont montré que le Troisième Reich ne fut pas la réalisation d’un programme écrit dans l’ennuyeux livre du futur dictateur, mais bien que le génocide constitua l’aboutissement de politiques incohérentes, obsessionnelles, portées à l’incandescence homicide par un mélange de considérations idéologiques, logistiques, économiques et guerrières. Ni les usines de mort ni les groupes mobiles de tuerie ne sont annoncés dans Mein Kampf et il est tout simplement faux de penser accéder à la réalité du nazisme et du Génocide par la seule lecture du piètre pamphlet du prisonnier autrichien. » Et Christian Ingrao rajoute : « Editer Mein Kampf, c’est précisément lutter contre cette mise en tabou, c’est refuser de sacraliser négativement ce texte si pataud. C’est lui opposer le savoir et l’éclairage historiens en muselant véritablement un texte dont on sent bien que son halo excède de très loin l’effet de sa lecture. »

    Autre intervenant dans ce débat, Olivier Mannoni, le traducteur, qui témoigne de son travail dans Le Point : « Ce fut un travail accablant que j'ai arrêté plusieurs fois et repris ensuite en pensant, par moments, que je n'irais pas au bout. Accablant non pas pour ce que dit le texte, que je connais, mais davantage par l'épaisseur de la pensée de l'auteur, qui agit comme une espèce de colle terrifiante. Traduire Mein Kampf, c'est-à-dire aller dans la profondeur de cette matière, a été un parcours pénible et désagréable. » A propos de la contestation à cette publication, il indique : « Je respecte les arguments. Il faut répondre à la lettre de Jean-Luc Mélenchon qui dit, en substance : "Nous avions Le Pen, maintenant Mein Kampf." Sauf que si on veut comprendre la manière dont l'extrême droite fonctionne et la montée de cette extrême droite dans notre pays, il faut avoir des bases de compréhension historiques. Refuser de voir dans les textes est se voiler les yeux, ne pas vouloir comprendre. »

    Dessin de Denis Pessin paru dans Slate.fr

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