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jean d’ormesson

  • Dur d’être un auteur reconnu

    Peut-on vivre de son écriture ? J’ai déjà abordé le problème de ceux qui tentent de vivre de leur écriture. Un objectif de plus en plus difficile à atteindre si l’on en croit l’article du Monde « Inédit défilé d’auteurs en colère au Salon du livre ».

    « Romanciers, essayistes, illustrateurs, dramaturges, scénaristes ou encore traducteurs : entre 200 et 300 auteurs ont défilé samedi 21 mars à Paris dans les allées du Salon du livre afin d’alerter l’opinion sur les menaces qui pèsent sur leur métier. Jamais en 34 ans d’existence le traditionnel rendez-vous du monde de l’édition n’avait été le théâtre d’une telle manifestation. Organisée par le Conseil permanent des écrivains (CPE) – qui regroupe 17 syndicats et associations d’auteurs – celle-ci fait suite à une lettre ouverte rendue publique cette semaine, signée à ce jour par plus de 1700 personnes et titrée : « A ceux qui oublient qu’il faut des auteurs pour faire des livres » »,  peut-on lire dans le compte rendu de cet événement rédigé par le journaliste Frédéric Potet. « Revenus dérisoires, incertitudes sociales, menace européenne, ... auteurs en danger ! Pas d’auteurs, pas de livres » peut-on également lire sur la banderole qui ouvre le cortège. (cf photo de l’article).

    jean d’ormesson,amélie nothomb,bertrand morisset,salon du livre de paris,victor hugo,eve roger,marc levy,françois bégaudeau,verticales,emmanuelle allibert,léo scheer,frédéric potet,jean birnbaum,conseil permanent des écrivains,selfiesDes auteurs dont le grand public a du mal à cerner le statut. Dans une vidéo qui accompagne l’article du Monde, le journaliste Jean Birnbaum évoque les « dédicaces et le désarroi » auxquels sont confrontés le auteurs présents au Salon du livre, et cite deux ouvrages : « Hommage de l’auteur absent de Paris » d’Emmanuelle Allibert (Leo Scheer) et « La politesse » de François Bégaudeau (Verticales), qui en parlent.jean d’ormesson,amélie nothomb,bertrand morisset,salon du livre de paris,victor hugo,eve roger,marc levy,françois bégaudeau,verticales,emmanuelle allibert,léo scheer,frédéric potet,jean birnbaum,conseil permanent des écrivains,selfies

    Autre problème, d’un autre ordre, celui des selfies avec les auteurs qui tendent à remplacer les dédicaces. Sur Europe 1, Eve Roger dévoile que Marc Levy « joue le jeu » des selfies. La star de l’édition (qui se classe parmi les écrivains préférés des Français avec Victor Hugo) déclare que « les séances de signatures deviennent des séances de gym », car précise-t-il « il faut se lever 200 à 300 fois, c’est hyper bon pour les abdos ».  Cependant, Marc Levy « quelque part trouve ça dommage » et raconte « On passe plus de temps à faire des photos qu’à dédicacer des livres ou à converser. avant on discutait autour des personnages, maintenant on discute autour de la façon de faire marcher l’appareil photo ».

    Un problème qu’évoque, toujours sur Europe 1, Bertrand Morisset, directeur du Salon du livre de Paris : « J’entends dire que les selfies on en a marre. Eh bien moi personnellement, j’en ai pas marre et je trouve personnellement que se photographier avec Jean d’Ormesson ou Amélie Nothomb, c’est plutôt sympa. Après, c’est bien d’acheter leur livre et de les lire ». ça leur permet aussi de vivre décemment de leur métier et de ne pas avoir à manifester dans les allées du salon du livre.

  • Comment faire parler de son livre de rentrée ?

    555 romans français (dont 86 premiers romans) et étrangers  sont publiés en cette rentrée 2013 contre 650 en 2012. Un véritable casse-tête pour les éditeurs et leur service de presse. Comment se distinguer, pour un auteur, dans cette pile de nouveautés qui n’auront qu’une courte vie commerciale si Le Monde des livres, les Inrocks, ou  Femme actuelle, n’y consacre pas quelques lignes.

    Pas de problème pour les œuvres des bons clients des médias, comme Jean d’Ormesson et sa bonhomie immortelle, ou Amélie Nothomb et ses chapeaux étonnants et coiffures farfelues qui font des photos originales pour illustrer des articles.

    Ensuite, il y a  l’originalité des sujets. Les Inrocks justement s’interrogent sur l’apparition d’un nouveau genre littéraire avec le livre de Christopher Hitchens, qui « a tenu la chronique de sa condamnation à mort par le cancer.»

    On peut aussi se lancer dans l’aventure avec un patronyme célèbre comme Marie Modiano qui publie (fin octobre)  Upsilon Scorpii (Gallimard), sans oublier l’humour déjà présent dans le titre, comme L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, de Romain Puértolas (Le Dilettante).

    Un bon livre « trash » peut aussi attirer l’attention et permettre de sortir le titre du lot. Le quotidien Métro présente ainsi Petites morts, de Charlotte Roche (Flammarion) « En 2006, Zones humides avait fait connaître l'actrice-chanteuse-productrice-animatrice allemande Charlotte Roche, pour son apologie des pratiques anales et de l'hygiène négligée. Il n'en fallait pas plus pour lancer le buzz autour de cette jeune femme qui décrit crûment les expériences de sa nouvelle héroïne, Elisabeth Kiehl, dans son deuxième roman, Petites morts. La trame, très autobiographique, promet deuil, sexe, effroi, humour noir : du Christine Angot en mieux. »

    Après le succès de 50 nuances de Grey de E.L James, le filon ne semble pas prêt de se tarir comme on le constate avec Eric Emmanuel Schmidt et Les perroquets de la place d'Arezzo (Albin Michel) où le lecteur, précise Le Parisien, trouvera « des séquences vraiment érotiques présentant parfois des jeux sado masochistes. »

    Pour autant on ne peut pas en conclure que la recette pour un bon roman de rentrée est de le faire écrire par un écrivain de 88 ans arborant un couvre-chef photogénique détaillant sa carte Vitale et ses turpitudes sexuelles.

    b_248.jpgEt puis dans cette rentrée, il y a des livres plus discrets, bien loin du roman mais qui méritent notre attention. Le site Actualitté présente ainsi le parcours de Claude Huet qui vient de publier La descente aux enfers (éditions ABM) : « Avant de sombrer dans la rue pendant neuf ans au début des années 2000, Claude Huet était chef d'une petite entreprise de BTP à la Réunion. C'est en partie grâce à la publication de son premier ouvrage, Dix Jours, neuf nuits(éditions ABM), en 2010, qu'il commence à remonter la pente. Il faut dire que durant sa chute, l'ancien SDF écrivait son journal, un goût pour l'écriture qui lui permettait aussi de s'évader. » 

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