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jérôme garcin

  • Paroles d'écrivains

    Quatre auteurs dans l’actualité parlent de l’écriture et des livres :

    9782330035990.jpg«  On lit “Madame Bovary” comme un roman presque neutre, alors qu’il est extrêmement méchant. Chez moi, il y a toujours plusieurs moteurs qui agissent : l’émotion, la colère, qui peut brûler l’écriture, l’ironie aussi. J’aime les livres qui possèdent plusieurs musiques. Et puis, ce n’est pas si simple d’opposer un discours à la fable. La littérature permet de redonner une voix à ceux que l’on a condamnés au silence… »

    Eric Vuillard auteur de « Tristesse de la terre. Une histoire de Buffalo Bill Cody », Actes Sud, dans Paris Match.

    « La Pléiade, on la lit moins qu'on ne la met dans sa bibliothèque pour la regarder. En revanche, la collection de poche Folio, c'est ça que j'aime. Moi, je veux être lu par le plus grand nombre. Et surtout par les jeunes ! Je n'en démords pas : le lecteur idéal a 12 ans. C'est pour lui que j'ai récrit "Vendredi ou les Limbes du Pacifique", devenu "Vendredi ou la Vie sauvage", dont il se vend toujours des dizaines de milliers d'exemplaires chaque année. Mon modèle, c'est La Fontaine. Etre simple, accessible, imagé aura été mon unique vanité d'écrivain. »

    Michel Tournier rencontré et cité par Jérôme Garcin dans L’Obs.

    « Je ne cherche pas une histoire à tout prix. Je continue à creuser les mêmes sillons. Je suis écrivain tout le temps. Les rares moments où je n'écris pas m'apparaissent comme du temps non vécu. C'est du temps saboté. Je peux le dire avec des mots mais, fondamentalement, je ne comprends pas pourquoi je ne m'autorise pas à vivre sans écrire. Je me sens légitime à vivre uniquement quand je fais ma part de travail : mettre des mots nouveaux pour décortiquer ce qui arrive. On n'aura pas assez de toute une vie pour comprendre ce qu'on fait là. Chaque véritable écrivain est une voix singulière et unique. »

    Lionel Duroy interviewé dans Le Journal du Dimanche sur son prochain livre « Echapper » à paraître en janvier 2015 (Julliard).

    « J’ai toujours cru que le poète et le romancier donnaient du mystère aux êtres qui semblent submergés par la vie quotidienne, aux choses en apparence banales, – et cela à force de les observer avec une attention soutenue et de façon presque hypnotique. Sous leur regard, la vie courante finit par s’envelopper de mystère et par prendre une sorte de phosphorescence qu’elle n’avait pas à première vue mais qui était cachée en profondeur. C’est le rôle du poète et du romancier, et du peintre aussi, de dévoiler ce mystère et cette phosphorescence qui se trouvent au fond de chaque personne. »

    Patrick Modiano, extrait de son discours de réception du prix Nobel publié par Le Monde.

  • Gilles Jacob, Finkie, Jean-Claude Pirotte, et californismes / Revue de presse.

    Fin du festival de Cannes 2014 et surtout fin de parcours pour Gilles Jacob, qui en fut l’âme à partir de 1977.  Dans Bibli Obs,  Jérôme Garcin lui consacre un article qui se termine ainsi :

    412s7T79pPL._SY445_.jpg« Mais celui dont la vie a passé comme un rêve regardera plutôt, en plongée, tous ses amis disparus du septième art, Fellini, Truffaut, Kurosawa, Malle, Chabrol, Pialat, Antonioni, Angelopoulos, Ruiz, Marker ou Resnais. Et, en bas des marches, comme voilé par le soleil couchant de la Côte d'Azur, il apercevra un garçon de 18 ans qui, en 1948, après la projection du « Macbeth » d'Orson Welles, avait conduit André Gide dans sa Citroën et avait osé lui confier : « Plus tard, j'aimerais écrire. » « C'est bien », lui avait répondu l'auteur de « Paludes ». Le jeune homme, c'était Gilles Jacob, qui a consacré ses printemps à l'image et qui offre son hiver à l'écrit. Faut-il y voir une morale ? C'est dans les livres que, désormais, ce grand cinéphile couvert de pellicules se fait son cinéma - dont Cocteau disait que c'est «une encre de lumière ». En quittant Cannes, l'auteur prolifique du « Fantôme du capitaine» et des «Pas perdus», actuellement plongé dans la rédaction d'un roman-fresque, tourne la page, au sens propre. Pour mieux la remplir. »

     
    10365928_692222460823673_901693848739455080_n.jpgA peine élu à l’Académie française, le penseur éruptique désormais immortel Alain Finkielkraut s’en prend au « genre mineur » que représente pour lui la bande dessinée. En guise de réponse, Yann Lindingre, rédacteur en chef du mensuel Fluide Glacial, (photo) lance sur les réseaux sociaux l’opération « #UneBDpourFinkie » et lui propose comme lecture « Maus » d'Art Spiegelman. Une initiative relayée par d’autres auteurs qui lui conseillent, contre l’exclusion et la discrimination culturelle, des livres majeurs tels que « La Ballade de la mer salée », d'Hugo Pratt, « Le Transperceneige », de Lob et Rochette, « Le Cri du peuple », de Tardi, « La Marche du crabe », d'Arthur de Pins, « Blotch », de Blutch, « La Folle du Sacré-Coeur », de Jodorowski et Moebius, « Passions », de Daniel Goossens, ou encore « Un Monde de différence », de Howard Cruse, comme le raconte Le Point.


    Toujours dans Le Nouvel Observateur, un article nous apprend la disparition de « Jean-Claude Pirotte, le poète en cavale ». David Caviglioli écrit « Lui qui avait publié quelques petites choses poétiques à la fin de la vingtaine, il se remet à écrire. Il pioche dans sa lourde mémoire, celle de son enfance triste et de sa cavale vagabonde. Il publie « Journal moche » puis « la Pluie à Rethel », son premier roman. Il est d’ailleurs étonnant qu’on le présente toujours comme un poète, lui qui a écrit « Cavale », « Boléro » ou « Absent de Bagdad ». Des récits éblouissants de style et de liberté, où la vie est décrite comme « un chemin vicinal oublié » qu’on parcourt les mains dans les poches, sans trop savoir où on va. Ses livres sont obsessionnels, mélancoliques, indécis, comme un poète qui a pris la tangente. »

     
    A part ça, les mots « vapoter », « cyberattaque », « Selfie », « hashtag », font leur entrée dans l’édition 2015 du dictionnaire Le Petit Robert. Pour justifier l’arrivée des deux derniers, Alain Rey, linguiste et conseiller éditorial aux éditions Le Robert, précise que pour eux on ne peut pas parler d'anglicismes ou d'américanismes, car il s'agit de « californismes », « la plupart [ de ces mots venant ] de la côte ouest des États-Unis, en particulier de la Silicon Valley » (source Le Figaro).

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