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honoré de balzac

  • Les auteurs se liguent pour défendre leur statut

    « Il est urgent de construire les changements qui permettront de sauver un métier en grand danger. La création d’un livre peut se faire avec des investissements limités, ce qui permet de prendre beaucoup de risques créatifs. Cela fait de l’édition le laboratoire de recherche et de développement de toutes les autres industries culturelles, audiovisuelles et ludiques plus coûteuses. Rien que pour cela, et parce qu’une économie entière repose sur la richesse de la création littéraire, il est essentiel de protéger ceux qui écrivent, dessinent et traduisent les livres ». Ce texte figure dans le communiqué de Ligue des auteurs professionnels qui vient d’être créée à l’initiative d’une trentaine d’écrivains et d’auteurs de bande dessinée parmi lesquels Joann Sfar, Tatiana de Rosnay, Marie-Aude Murail.

    Quel statut pour les auteurs dans le monde de l’édition ? La question est récurrente depuis quelques années dans un secteur qui se rationnalise de plus en plus et qui voit ses « fournisseurs » surnager dans une précarité professionnelle peu propice à la création.

    La ligue regroupe et s’inspire du travail déjà effectué par la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, les États Généraux de la bande dessinée et les États Généraux du livre, qui depuis longtemps tente d’alerter les pouvoirs publics sur la précarisation de la profession. A terme la ligue devrait être rejointe d’autres organismes représentant les auteurs-es.

    Joann Sfar, Tatiana de Rosnay, Marie-Aude Murail, SNE, Ligue des auteurs professionnels, Honoré de Balzac, Félix NadarLes objectifs annoncés sont la sauvegarde du métier et l’amélioration des conditions de création de tous les auteurs : la protection sociale, les justes rémunérations, le renforcement du droit d’auteur, l’encadrement par le code du travail, et le rééquilibrage du rapport auteur/éditeur…»

    On notera que sur le bureau de la ministre de la Culture sont déjà déposés les dossiers concernant l’augmentation de la CSG, la réforme du régime social, le projet plus global de la retraite, et la révision de la circulaire de 2011 sur les revenus artistiques. Des préoccupations auxquelles devraient se rajouter la mise en place du prélèvement à la source pour les impôts sur le revenu.

    Autant de sujets qui seront peut-être abordés au Parlement européen de Strasbourg au cours de 8ème édition des Dialogues Auteurs – Editeurs organisés par la Fédération des Editeurs européens (FEE), le 11 septembre 2018.

    Le site de la Ligue des auteurs professionnels.

    Photo : la Ligue a été créée à Paris dans la maison d'Honoré de Balzac ici photographié par Félix Nadar.

  • Les écrivains enterrés à Paris

    La famille de l’écrivain Michel Déon mort en Irlande en 2016 souhaitait que celui-ci fût définitivement enterré à Paris. Une volonté que la municipalité a rejeté arguant que l’écrivain ne répondait à aucun des critères administratifs le permettant. A savoir : être décédé sur le territoire de la commune, être domicilié sur le territoire de la commune, avoir une sépulture de famille dans la commune, et être inscrit sur la liste électorale de la commune. »

    Un appel indigné paru dans Le Figaro et signé par Antoine Gallimard, Yasmina Reza, Bernard-Henri Lévy, Michel Houellebecq, Delphine de Vigan, Amélie Nothomb, Philippe Sollers, Pierre Nora, Michel Onfray, Bernard Pivot, Erik Orsenna, Jean-Christophe Rufin, Tatiana de Rosnay, a cependant poussé la municipalité à trouver une solution. Selon Le Parisien la maire « a demandé à ses services d’accorder une dérogation pour répondre favorablement à la famille de l’écrivain ainsi qu’à Hélène Carrère d’Encausse (NDLR : secrétaire perpétuel de l’Académie Française dont Michel Déon était membre) ».

    Cortazar.jpgA Paris, le cimetière du Père-Lachaise (confesseur de Louis XIV) accueille sur ses 43 hectares un grand nombre de tombes d’écrivains. Le site Un Monde littéraire en dresse la liste : Marcel Proust, Guillaume Apollinaire, Honoré de Balzac, Gérard de Nerval, Beaumarchais, Antoine Blondin, Daudet, Alfred de Musset, Raymond Radiguet, Oscar Wilde, etc.. Toujours dans la capitale, c’est au cimetière du Montparnasse que l’on trouve les sépultures de Charles Baudelaire, Guy de Maupassant, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Emmanuel Berl, Marguerite Duras, Roberts Desnos, Alphonse Boudard, Maurice Leblanc, Régine Desforges.

    Quelques auteurs étrangers y reposent pour l’éternité : Samuel Beckett, Emil Cioran, Julio Cortázar, le poète péruvien César Vallejo.

    On y découvre aussi des tombes d’éditeurs renommés comme celle de Louis Hachette, Pierre Larousse, Pierre-Jules Hetzel, l’éditeur de Jules Vernes, ou Pierre Seghers.

    A Paris il existe pas moins de six cimetières susceptibles d'offrir le repos éternel à des écrivains et célébrités. Depuis des années Bertrand Beyern qui se présente comme « nécrosophe », et « l’homme qui passe sa vie dans les cimetières » (il propose des visites guidées) en dresse sur son site la liste, une liste constamment mise à jour. Il est également l’auteur de « Guide des cimetières en France » (Cherche-midi éditeur -1994) « Carnet de dalles » (Cherche-midi éditeur - 2011).

    Michel Déon reposera finalement au cimetière du Montparnasse dans le quatorzième arrondissement de Paris.

    Photo : la tombe de Julio Cortázar (document Bertrand Beyern).

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  • Les mots pris en faute

    Peut-être avez-vous trouvé au pied du sapin la dernière édition du Larousse, Le Robert correcteur, ou un exemplaire du Bescherelle. A l’époque des SMS et de Twitter, le vocabulaire, l’orthographe et la grammaire restent malgré tout les piliers de la langue française et de la littérature.

    Mais peut-être avez-vous reçu parmi vos cadeaux le livre d’Anne Boquel et Etienne Kern, Les plus jolies fautes de français de nos grands écrivains (éditions Payot). Un recueil présenté ainsi par Jean-Michel Ogier sur Culturebox : « Les plus jolies fautes de français de nos grands écrivains est un ouvrage qui va nous décomplexer, nous rappeler que même les plus grands sont faillibles... et permettra d’être pardonné si une faute se glissait inopinément dans mon article. Mais voilà, c'est un livre qui va aussi entamer sérieusement l’autorité des profs de français. Imaginez un petit malin à la copie rougie par les corrections, qui aura tôt fait de relever "Mais m’dame c’est pas juste ! Céline lui-même n’écrivait-il pas dans sa lettre à Cillie Amor : "Enfin je vais connaître les environs de Vienne et on va remanger de la saussisse"? »

    Céline, mais aussi Voltaire, Honoré de Balzac, Jules Verne, Guillaume Apollinaire, Antoine de Saint Exupéry, Victor Hugo, et bien d’autres.

    41Akh+gtiBL._SX328_BO1,204,203,200_.jpgCulturebox poursuit : « Partant du constat que : de l’orthographe à la syntaxe, de l’accord des verbes aux pléonasmes, nos grands auteurs n’ont pas échappé à ces fautes de français, Anne Boquel et Etienne Kern ont réalisé un ouvrage malin. Ils se sont appuyés sur ces fautes pour établir une liste de 17 règles à respecter afin de les éviter. Ainsi "Choisir le mot juste" est la règle numéro 9 pour éviter de faire comme Victor Hugo dans "Les Rayons et les Ombres" qui, emporté par un élan panthéiste met "s’épanche" pour "s’étanche".
    "Nous sommes la nature et la source éternelle
    Où toute soif s’épanche, où se lave toute aile".»

    TV5 , qui consacre également un article à l’ouvrage, cite cette anecdote : « Parfois, c'est le mot juste qui fait cruellement défaut. Les auteurs rapportent cette anecdote délicieuse au sujet d'Emile Littré, l'insurpassable lexicographe. Le grand homme avait un faible pour sa bonne. Les auteurs racontent : "Un jour qu'il la lutinait,  Madame Littré poussa la porte et s'écria " Ah, monsieur, je suis surprise !" Et le regretté Littré, se rajustant, lui répondit : "Non madame, vous êtes étonnée. C'est nous qui sommes surpris..."»

    Pour terminer cette dernière chronique de l’année 2015, je citerai un article de Louise Tourret dans Slate qui commence ainsi : « Vos élèves lisent beaucoup trop ». Cette semaine, une professeure de lettres d’un collège de banlieue parisienne a été si dépitée par une conversation avec la principale de son lycée qu’elle l’a en partie reproduite sur Facebook :

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    Une très bonne année 2016 à tous les lecteurs de ce blog.

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