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helvetica

  • Que fait la police (de caractères) ?

    Tous ceux qui se sont confrontés à la (re)mise en forme de leur CV le savent, il existe des milliers de polices de caractères qui permettent de personnaliser un texte. La presse et l’édition tentent elles aussi de se démarquer en choisissant des caractères originaux et surtout qui leur semblent correspondre à leur image. Choisir une mauvaise police de caractères, sympathique graphiquement mais peu commode à lire, peut nuire au contenu d’un texte et il faut bien constater que la plupart des éditeurs utilise un registre de caractères assez limité.

    En 2011, Slate.fr consacrait un article à ce sujet. Extrait : « Si les polices ont pris beaucoup d’importance, il faut s’en servir avec encore plus d’adresse. Comme la Comic Sans : parfaite pour une invitation à un goûter d’enfants, cette police enfantine fait un flop lorsqu’il s’agit de sujets plus sérieux. Elle fait l’objet d’une campagne de haine sur Internet et un site pour l’interdiction de son utilisation a même été créé. »

    Mais d’où vient ce terme de police pour désigner l’ensemble des variantes d’un même caractère ? Impossible de trouver la source et même Wikipedia se contente d’expliquer « Une police d’écriture, ou police de caractères, en typographie, est un ensemble de glyphes, c’est-à-dire de représentations visuelles de caractères d’une même famille, qui regroupe tous les corps et graisses d’une même famille, dont le style est coordonné, afin de former un alphabet, ou la représentation de l’ensemble des caractères d’un langage, complet et cohérent. »

    Il existe même des caractères à qui l’on consacre des documentaires comme l’indique We com ‘in le blog des étudiants en communication : « Le réalisateur Gary Hustwit a produit un documentaire sur Helvetica. Il est sorti en 2007 pour coïncider avec le cinquantième anniversaire de la police de caractères. Dans le film Helvetica, le designer graphique Wim Crouwel explique que « la police de caractères Helvetica a été une réelle avancée dans la typographie du XXe siècle [...]. Helvetica est une police neutre, car elle devait l’être. Elle ne devait pas avoir un sens à soi. Le sens est dans le contenu du texte et non pas dans les caractères. » Une typographie créée avec pour objectif d’atteindre  «l’harmonie optique la plus aboutie possible » est utilisée par de nombreuses marques (Apple notamment) et publicités, et on la trouve partout y compris sur les dollars en billets, mais très peu dans l’édition qui préfère utiliser le caractère Times et ses dérivés, un caractère qui "fait plus sérieux".

    Le bon caractère fait la bonne lecture et c’est ce qu’ont compris les fabricants de tablettes qui proposent au lecteur de choisir lui-même sa police et sa taille.

     

    Cette chronique vous a été proposée en Tahoma.

    Polices.jpg

  • Des lettres qui ont du caractère

    Une des fonctions les plus attractives des tablettes de lecture numériques est de pouvoir régler la taille des caractères. C'est un élément essentiel qui accompagne et favorise le plaisir de la lecture.

    La taille des caractères est importante, mais aussi leur style, l‘interlignage et la justification des lignes qui participent au confort de lecture. Un texte tout en capitales, en italiques ou en gras sera illisible. Composé en caractères trop petits, il sera difficile à aborder.

    Au-delà du type de caractère, le plus couramment utilisé dans l’édition étant le Times et ses variantes, la composition des textes correspond à des règles très précises. Elles organisent les mots, les espaces entre les mots, les lignes, les paragraphes, et surtout la ponctuation qui rythme la lecture. Si aujourd’hui la composition est gérée par l’informatique, les règles typographiques continuent néanmoins à répondre à une volonté de mise en page précise.

    Massin, déjà cité dans ce blog, est un des meilleurs concepteurs de livres actuels et accorde une grande importance à la lettre. Syd Charlus qui lui a consacré un article sur son site écrit « Le style Massin se caractérise d’abord par une tension entre typo et blanc, entre plein et vide. Si l’on écrit, on « mange » du blanc donc de la lisibilité. Si l’on ménage trop le vide, c’est au détriment du texte, donc de la littérature ; ça ne se fait pas. Il faut doser mais aussi être capable de trancher pour ne pas tomber dans le tiède, bien équilibré, glissant sous l’œil comme une pub. Evidemment, dans cet éternel dilemme, la typo joue un rôle essentiel, c’est même l’une des obsessions de Massin qui a travaillé toute sa vie autour de l’idée de « typographie expressive ». En résumé, le caractère choisi symbolise l’atmosphère d’un livre, l’univers d’un auteur. »

    Encore faut-il que ce caractère ait été dessiné, et derrière les noms des polices de caractères universellement utilisées se cachent des créateurs comme Claude Garamond, Cassandre (Peignot), ou Victor Larden qui créa en 1932 pour le quotidien anglais The Times, la police qui portera son nom, ou encore Hermann Zapf, auteur des polices Palatino et Optima. Sans oublier Max Mieddinger créateur en 1957 de l’Helvetica, caractère sans « empattement » qui connut son heure de gloire auprès des graphistes du monde entier avant d’être supplanté par des déclinaisons comme l’Arial ou le Calibri, inventées pour nos ordinateurs.

    Au final, la meilleure typographie est celle que l’on ne remarque pas et qui vous amène à la dernière page d’un livre... ou d’un article ; celui que vous venez de lire utilise le caractère Tahoma, créé en 1994 par Matthew Carter pour Microsoft, en corps 14.

    Alphabet de chats dessinés par Debi Gardner, extrait de "La lettre et l'image" de Massin. Gallimard.

    Alphabet de chats.jpg

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