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georges pérec

  • Georges Perec mode d'emploi

    « Il poussa un profond soupir, s'assit dans son lit, s'appuyant sur son polochon. Il prit un roman, il l'ouvrit, il lut; mais il n'y saisissait qu'un imbroglio confus, il butait à tout instant sur un mot dont il ignorait la signification.
    Il abandonna son roman sur son lit. Il alla à son lavabo ; il mouilla un gant qu'il passa sur son front, sur son cou.
    Son pouls battait trop fort. Il avait chaud. Il ouvrit son vasistas, scruta la nuit. Il faisait doux. »

    Vous n’avez rien remarqué ? La lettre « e » est absente de ces quelques lignes, mais aussi des 300 pages du roman de Georges Perec « La disparition » (1969) dont elles sont extraites.

    Perec Mag Litt.jpgLe site de l’Oulipo résume l’œuvre de cet auteur (1936-1982), longtemps qualifié d’ « inclassable » : « Il publie son premier roman, « Les Choses » en 1965. Ce roman « sociologique » de facture flaubertienne est couronné par le prix Renaudot. En 1966, il publie un bref récit truffé d’inventions verbales, « Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? », et entre l’année suivante à l’Oulipo, dont il devient l’une des figures majeures. Il expérimente toutes sortes de contraintes formelles : « La Disparition » (1969) est un roman écrit sans la lettre e (lipogramme) ; « Les Revenentes » (1972), où la seule voyelle admise est le e. Son roman le plus ambitieux, « La Vie mode d’emploi » (prix Médicis 1978), est construit comme une succession d’histoires combinées à la manière des pièces d’un puzzle, et multiplie les contraintes narratives et sémantiques. »

    Autres ouvrages marquants, « La Boutique obscure » (1973), « W ou le souvenir d'enfance » (1975), « Un cabinet d'amateur » (1979). En 2016, « L’Attentat de Sarajevo » le premier roman de Georges Perec refusé par les éditeurs, est publié par les éditions du Seuil.

    En 1988, le comédien Sami Frey créera pour le Festival d'Avignon, le spectacle « Je me souviens », adapté du livre de Georges Perec paru en 1978 (Hachette).

    Au mois d’avril 2017, Georges Perec a fait son entrée dans La Pléiade et à cette occasion Le Magazine littéraire lui consacre sa couverture. Le journal dit à propos de « l’un des fantômes les plus influents de la littérature contemporaine » : « On le réduit trop souvent à un architecte virtuose, un horloger malicieux et joueur, en mettant de côté sa part la plus sensible. La machine Perec, pourtant, était nimbée de mélancolie, sinon d’angoisse. Notre dossier dévoile quelques-unes des vies secrètes de cet enfant blessé, qui voltigeait au-dessus d’un abîme. »

    Pour plus d’informations, le site de l’association Georges Perec qui recense toute l’actualité le concernant comme cette exposition à Paris « Perec au fil », du 3 mai au 12 août 2017, à la médiathèque Françoise Sagan, 8 rue Léon-Schwartzenberg, 75010 Paris.

  • Comment ranger ses livres, au mieux ?

    La période des vacances est le moment propice pour ranger votre bibliothèque, ou les quelques ouvrages qui nous servent de vitrine culturelle. Mais comment s’y prendre ?

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    Le site canadien Nightlife  nous propose « 10 façons inventives de disposer des livres chez vous ». Et effectivement certaines sont originales comme la numéro 3 : « En hauteur, mais à l'horizontal. Au lieu de placer les livres à la verticale dans vos bibliothèques, faites donc comme chez Karl Lagerfeld et placez-les couchés. L'effet visuel est intéressant et les titres sont plus faciles à lire. », ou la numéro 5 « Classer par couleur. Visuellement impressionnant, mais personne ne cherche "le livre jaune, tsé là, l'histoire d'amour?". Peut donc être compliqué de s'y retrouver. »

    Le site Houzz fait encore plus fort et visualise « 19 façons surprenantes de ranger des livres ». On y retrouve le classement à l’horizontale, ou par couleurs, mais également de nombreuses astuces pratiques pour ranger les livres dans les chambres d’enfants. Parmi toutes ses idées on peut noter celle-ci : « Si vous aimez les illusions d’optique, les bibliothèques aux formes farfelues sont celles qu’il vous faut. Avec leurs étagères dans tous les sens, elles défient les lois de l’apesanteur et créent un vrai spectacle déco. »

    Dans le domaine du rangement rien ne vaut l’expérience vécue. On relira donc les deux article qu’Emilie Besse a consacré à cette tâche « Comment classer les livres dans une bibliothèque ? », et « Tout pour bien ranger ses livres », publiés en 2013 sur son blog A livre ouvert mais toujours d’actualité.

    On y trouve de très nombreux conseils notamment ceux concernant l’humidité (« Souvenez-vous que le papier est d’origine végétale, et que l’humidité favorise l’apparition de champignons dans les pages. »), la lumière (« Le papier et l’encre, ainsi que les couvertures en cuir si vous avez de beaux ouvrages, ne doivent pas être exposés directement à une source de lumière. »), et le choix de l’emplacement (« Pour ce qui est de la place, à vous de réfléchir à ce qui est le mieux pour vous. Mais gardez à l’esprit que les livres prennent rapidement de la place, et une ou deux étagères d’appoint ne suffiront peut-être pas à répondre à l’invasion. »), ou même la poussière. Les deux articles sont très agréables à lire.

    On complètera ces deux articles par celui publié en janvier 2016, toujours sur le blog A livre ouvert : « Comment faire de la place dans sa bibliothèque ? »

    A lire également sur la manière de ranger ses livres : Extrait de Penser/classer de Georges Perec (Seuil).

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  • Lu ça et là ce mois-ci

    Lu dans Le Monde : « Un Livre des psaumes datant de 1640, le premier ouvrage imprimé sur ce qui allait devenir le territoire américain, est devenu mardi 26 novembre le livre le plus cher jamais vendu aux enchères. L'ouvrage à la reliure dorée, avec ses pages brunies, a été adjugé à 14 millions de dollars à New York. Il y avait à l'origine 1 700 copies de cette édition, imprimée par des pèlerins à Cambridge, dans la colonie de la baie du Massachusetts, dont il ne reste plus aujourd'hui que onze exemplaires. Ces puritains, profondément religieux, avaient rédigé une nouvelle traduction de la version en hébreu du Livre des psaumes, plus fidèle selon eux que celle qu'ils avaient apportée d'Angleterre quelques années plus tôt.» 14 millions de dollars, il faut espérer qu’il en existera bientôt une version en livre de poche.

    En France, Nabilla lit son livre « Allô ! Non mais allô, quoi !» (éditions Privé) sur D8, en Italie la littérature fait son entrée dans la téléréalité. La chaîne Rai 3 diffuse « Masterpiece » un concours dans lequel les candidats doivent lire leur textes devant un jury d’écrivains. Le vainqueur de l’émission verra son roman publié à 100 000 exemplaires. L’Express explique « Quelque 5000 manuscrits ont été envoyés en un mois à la Rai qui a retenu 70 candidats avec des profils très différents: un adolescent, un serveur, un handicapé, une ouvrière, un retraité, etc. Chaque écrivain en herbe sera d'abord interrogé sur son projet de roman par un jury, composé des écrivains Giancarlo De Cataldo, Andrea de Carlo et Taiye Selasi. Chaque émission inclura une "épreuve en immersion" - une soirée dansante avec des anciens, un mariage -, expérience que les candidats seront chargés ensuite de retranscrire. Les textes, écrits en direct, seront visibles par les téléspectateurs au fur et à mesure de leur composition. Et comme dans tout "talent show" qui se respecte, une salle du "confessionnal" permettra aux aspirants écrivains d'exprimer leurs angoisses, sans oublier le "repêchage" des candidats par le public ou par le jury, jusqu'à la finale prévue fin février. »

     

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    Campagne d’affiches dans les abribus parisiens pour l’arrivée en France de ComiXology plateforme de diffusion de bandes dessinées et mangas sous forme numérique. Au mois de juillet 2013 le site ActuaBD.com parlait déjà de ComiXology, signalant au passage que deux français passionnés, Alexandre Castanheira et Victorien Minière, étaient les maîtres d’œuvre de cette implantation. Ceux-ci évoquaient les qualités de leur application : « Le point fort du lecteur de ComiXology, c’est la "Vue Guidée". Un système qui permet de lire la BD case à case, sans que pour autant le travail de l’artiste soit jamais retouché. A chaque instant, le lecteur peut revenir à la page entière ou, comme c’est souvent le cas dans les mangas, sur la double page de lecture. 40 personnes sont dédiées à cette fonctionnalité, dont certaines francophones pour s’adapter à la spécificité de la lecture en français. Effectivement, la lecture en est facile et très intuitive. » 

    « Lifting 2.0 pour Georges Perec » titre Le Point qui annonce une version numérique augmentée du livre « Les choses » et l’hebdomadaire nous apprend que  « Les choses, c'est le premier roman de Georges Perec. Un Perec pas encore connu, pas encore chevelu. C'est aussi le prix Renaudot de 1965. Et Les choses est un livre qui, depuis presque un demi-siècle, s'écoule, toutes éditions "papier" confondues, au rythme de 30 000 à 40 000 exemplaires en France par an. » L’auteure de l’article, Julie Malaure, le décrit  ainsi « L'esthétique choisie, néo-rétro, crée une passerelle entre les années 1960 et les nôtres, 2010. Sur un air de swing un peu jazzy, les choses convoitées s'animent derrière une vitrine. La vitrine, c'est la trouvaille qui fait la subtilité de cette édition. Le texte est séparé de l'image. On peut dissocier les deux ou les "lire" ensemble. Toutes les trois pages, sur les 130 du livre, on peut choisir d'actionner ou pas, par effleurement, une animation. »

     

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