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françoise nyssen

  • Trois informations sur le livre

    Un conflit d’intérêt, la disparition d’un important éditeur, et une bibliothèque de quartier incendiée, ainsi va le monde de l’édition en ce mois de juillet.

    Il aura fallu plusieurs mois au gouvernement français pour s’apercevoir qu’il risquait d’y avoir conflit d’intérêt entre la fonction de ministre de la Culture de Françoise Nyssen et ses anciennes fonctions à la tête de la maison d’édition Actes Sud (désormais dirigée par son mari). Le Premier ministre lui a donc « retiré la régulation économique du secteur de l’édition », une décision prise à la demande de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Ce n’est donc pas elle qui mènera les négociations concernant la réforme en cours du régime social des auteurs.

    On a appris le 9 juillet le décès accidentel à l'âge de 72 ans d’Alain Kouck, président du conseil d’administration d'Editis Holding. Le groupe Editis est la filiale du groupe l’espagnol Planeta, et réunit une cinquantaine d’éditeurs dont les Presses de la Cité, Belfond, Robert Laffont, Kurokawa, Pocket, 10/18, Le Robert, Nathan, Bordas, Julliard, Le Cherche-midi, La Découverte, First, Plon, Nil, Perrin, Seghers, XO. Alain Kouck était aussi membre du bureau du Syndicat national de l’édition, Vice-Président du conseil d’administration du Cercle de la Librairie (actionnaire majoritaire d’Electre et de Livres Hebdo), et président de Culture papier.

    Est-il vraiment utile de brûler une bibliothèque publique pour exprimer sa colère ? 20 minutes raconte ce qui c’est passé à Nantes : « Johanna Rolland, la maire de Nantes, très émue à son arrivée sur place, a déjà assuré que « la maison des Haubans sera reconstruite ». Des solutions étaient déjà en cours d’élaboration afin que la bibliothèque fonctionne de nouveau cet été. L’école primaire Bergson, située juste à côté, pourrait notamment mettre à disposition des locaux. « La bibliothèque municipale va redéployer des fonds pour que les habitants aient accès à des livres pendant les vacances », indique David Martineau, adjoint à la culture et au quartier Malakoff. » Quelques jours après la bibliothèque a ré-ouvert et fait un appel aux dons de livres. Le ministère de la Culture va lui aussi s’engager dans la reconstruction du lieu.

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  • Les maux des correcteurs

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    Les correcteurs ont un rôle essentiel dans la réalisation d’un livre. Ce sont eux qui corrigent les fautes d’orthographe des auteurs, placent les virgules et les points au bon endroit, entre autres interventions sur le texte. Ce sont eux aussi qui vérifient les invraisemblances d’un récit et la cohérence des noms, des dates, des lieux. Ils portent un regard sur l’ensemble des signes, des caractères qui composent un manuscrit et veillent à ce qu’il soit correctement mis en forme avant d’être mis en page, imprimé, et diffusé.

    Mais voilà la crise de l’édition étant passée par-là et les éditeurs tentent, y compris dans ce domaine, de faire des économies. Si les grandes maisons d’édition ont encore des correcteurs attitrés et salariés, de plus en plus d’éditeurs externalisent ce travail pour faire baisser les coûts de revient ce qui amène les correcteurs professionnels à dénoncer une « ubérisation » de leur métier.

    En janvier 2018 on pouvait lire dans Le Figaro : « «Nos CDI nous contraignent à une rémunération fluctuante et à des périodes de chômage imposé non rémunéré et non indemnisé. Aucune obligation de salaire mensuel minimum n'est faite aux employeurs», déplorent les correcteurs qui ont lancé une pétition pour dénoncer leurs conditions de travail. Cette dernière a recueilli plus de 7.500 signatures dont celles de nombreux écrivains et de tous les membres de l'académie Goncourt. »

    Des négociations ont été entamées avec le syndicat national de l’édition (SNE) et portent sur les points suivants selon le site Actualitté.com :

    - les indemnités de licenciement, 

    - la cadence de travail, 

    - le lissage mensuel de la rémunération 

    - la compensation des pertes de revenus découlant d’un volume de travaux inférieur au volume annuel d’heures prévu dans la clause d’évaluation du niveau d’activité prévisible. 

    Les correcteurs ont même demandé l'intervention de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, ex-éditrice faut-il le rappeler, et le ministère à répondu : « [S]ensible aux difficultés rencontrées par les correcteurs de l’édition », nous suivons « attentivement l’évolution des négociations en cours, conduites par les partenaires sociaux sous l’égide du ministère du Travail ».

    Les négociations continuent faute d'accord.

    Photo : Document Actualitté.com.

  • Qui va payer l’ouverture des Bibliothèques le soir et le dimanche ?

    Annoncé en fanfare et cautionné par le rapport Corbin/Orsenna remis à la ministre de la Culture, l’ouverture des bibliothèques publiques le soir ou en fin de semaine, connaît une phase de mise en place, disons difficile. Début avril Françoise Nyssen a présenté le projet aux professionnels souhaitant que « Les bibliothèques doivent ouvrir plus et devenir des maisons de services publics culturels », et précisant que cent cinquante  bibliothèques volontaires ont déjà présenté des projets de transformation (Le Monde).

    Comme on pouvait s’y attendre ce sont les professionnels qui se sont interrogés sur les moyens mis en place pour faire aboutir ce projet. Une organisation de la charge de travail que toutes les municipalités ne sont pas prêtes à prendre en charge. Ainsi à Nantes, un mouvement de grève a débuté le lundi 19 mars concernant les conditions de rémunération pour l’ouverture de quatre bibliothèques chaque premier dimanche du mois. Les agents des bibliothèques municipales réclament en effet que les cinq heures travaillées le dimanche soient doublement récupérées ce que refuse la mairie. L’arrêt de travail est prévu jusqu’au 20 avril.

    Autre difficulté, à Belfort cette fois-ci, où le conseil municipal à décidé en février de réduire de 50% le budget de la bibliothèque Léon Deubel et d’augmenter les droits d’inscription. Un collectif d’usagers « Culture pour tous à Belfort » s’est constitué pour protester contre ces décisions et a lancé une pétition en ligne qui a déjà recueilli plus de 1000 signatures. Dans ce comité on trouve l’ancienne directrice adjointe de la bibliothèque, Yvette Buhler, aujourd’hui à la retraite qui déclare à Livres Hebdo « La bibliothèque a longtemps été un modèle dans la région, mais avec un budget d’acquisition correspondant maintenant à 1,3 euro par habitant, elle est en queue de peloton dans les statistiques nationales. Même les villes de 2000 habitants font mieux. Alors que le rapport d'Erik Orsenna vient de réaffirmer le rôle des bibliothèques dans la cité, celle de Belfort voit mis à mal sa mission de diffusion et d'accès à tous de la culture ».

    Dernier avatar du projet, la dotation globale de 8 millions d’euros a se partager entre les bibliothèques et qui fait écrire au site Actualitté.com : « Ce devait être l’une des mesures culturelles majeures du quinquennat, une tentative forte de permettre un accès plus large sinon à la culture, du moins à l’un des lieux du livre. Ce sera la plus misérable action culturelle du gouvernement, désespérément portée par un ministère à la peine. »

    Photo Thibaud Poirier.

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