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françois cavanna

  • Les compensations de Denis Robert

    Etonnant parcours que celui de Denis Robert, journaliste d’investigation, peintre, réalisateur, mais surtout écrivain.

    Journaliste au quotidien Libération, il le quitte en 1995 après 12 ans de collaboration pour écrire des livres sur le monde de la finance, la justice, et le journalisme. Son premier titre sera « Pendant les "affaires", les affaires continuent » (Stock et Livre de Poche).

    En 2001, dans « Révélation$ »,  il s’attaque à la chambre de compensation financière Clearstream, l’accusant d’activités de blanchiment d’argent. Combat du pot de terre contre le pot de fer, pendant dix ans il sera l’objet de nombreuses attaques et de procès pour tenter de le décrédibiliser. Durant toute cette période, il sera soutenu par son éditeur Les Arènes et par Canal+, pour qui il a réalisé plusieurs enquêtes sur le sujet.

    Couv_235609.jpgIl a raconté ce combat dans « La Boîte noire » (Les Arènes, 2002) et « Tout Clearstream » (Les Arènes, 2011). En 2009, l’histoire fait l’objet d’une bande dessinée réalisée avec la participation de Yan Lindingre pour le découpage et de Laurent Astier pour les dessins (« L’affaire des affaires »). Début 2015, les éditions Dargaud ont réuni les trois tomes en un seul volume à l’occasion de la sortie du film « L’Enquête », tiré de l’affaire. En 2010, il sera relaxé de toutes les poursuites engagées contre lui, la justice lui donnant raison sur tout ce qu’il a écrit et estimant qu’il n’a fait que son métier de journaliste.

    Denis Robert est également romancier et a publié onze titres, dont « Le bonheur », « Le milieu du terrain », sur le monde du football, et en 2013, « Vue imprenable sur la folie du monde » (Les Arènes).

    Peintre plasticien, il a exposé à plusieurs reprises ses créations dans des galeries parisiennes. Il explique : « L’art évite les palabres inutiles. Tout est sur la toile. Tout est sur la toile, surtout ce qui n’y est pas. J’ai commencé par imprimer des listings bancaires – ceux de Clearstream – sur des toiles. Puis j’ai écrit sur ces listings. La confrontation de ces deux univers – le langage froid et numérique de l’argent, mon écriture rageuse ou hésitante – créait une émotion doublée d’un paradoxe. »

    Pour clore ce portrait (succinct), une des dernières productions de Denis Robert est « Cavanna, même pas mort », un film documentaire sur François Cavanna, écrivain et fondateur de Hara Kiri et de Charlie Hebdo, lui aussi personnage hors-norme. Projeté pendant le dernier festival de la BD d’Angoulême après le 7 janvier, le film a été diffusé le 8 avril sur la chaine câblée Toute l’histoire, et devrait sortir dans en salle prochainement.
    Dans Télérama, Denis Robert raconte : "Je me suis engagé dans ce projet lorsque j’ai réalisé que Cavanna, autrefois adulé par de nombreux lecteurs, était un peu oublié. Quand j’intervenais devant des étudiants, dans des classes d’écoles de journalisme ou devant des futurs documentaristes, si je citais son nom, la plupart ne savaient même pas qui il était ! J’ai donc voulu montrer qu’au-delà de la mort d’un écrivain, sa disparition marque surtout la fin d’une époque journalistique, la fin d’une certaine conception de la presse. Il ne faut pas oublier que sans lui, sans ses combats pour la liberté d’expression, nous n’en serions pas là."


  • Cavanna « écrire est le plus exaltant des métiers »

    François Cavanna qui vient de disparaître à 90 ans était un rebelle dans l’âme mais aussi un passionné d’écriture.

    François Cavanna, Le Monde, Belfond, Albin Michel, Le Livre de Poche, Les Ritals, Les Ruskoffs, Lune de miel, Gallimard, Les échappés,Jean-Marie Gourio, écrivain (Les brèves de comptoir), témoigne dans Le Monde « Cavanna était un amoureux des mots, de la syntaxe, de l'orthographe, de la grammaire. Il aimait le savoir, le papier, et mettait son humour incroyable au service de la vie. Dans la société très fermée du début des années 1960, il avait ouvert les portes. Il écrivait tout à la main, sur des feuilles à carreaux d'écolier, pas de machine à écrire, pas d'ordinateur. C'est triste qu'il ait été touché par la maladie de Parkinson, il devait se battre pour écrire. Dans son bureau, il écrivait sans cesse, et mangeait vite sans perdre de temps, comme un ouvrier casse la croûte sur un chantier. Son chantier d'écriture passait avant tout le reste. »

    Cavanna lui-même parle de son amour dans « Cavanna raconte Cavanna » (Les Echappés) : «  J’écris la nuit, j’écris le jour, mais, sauf urgence, jamais plus de quatre à cinq heures à la file. C’est un maximum. écrire, on ne se figure pas, c’est exténuant. Peut-être est-ce moi qui y mets trop de passion, de concentration, de hargne... Peut-être. Je ne peux pas écrire qu’en état de passion. Sinon, ça ne marche pas. Broutilles. Platitudes. ça ne s’envole pas. C’est parce que je ne me suis pas envolé moi-même. Quand tu es comme ça, quand tu sens que tu accroches une phrase derrière une phrase en redémarrant à chaque fois de zéro, il vaut mieux arrêter. Emmener ton chien faire un tour dans la campagne. Ou bien couler trois brouettées de béton. Il y a toujours trois brouettées de béton à couler »

    François Cavanna, Le Monde, Belfond, Albin Michel, Le Livre de Poche, Les Ritals, Les Ruskoffs, Lune de miel, Gallimard, Les échappés,Cavanna qui se qualifiait « d’artisan de l’écrit » rajoutait dans « Lune de miel » : « J’ai atteint l’âge où ceux qui font métier d ‘écrire n’écrivent plus. Ce qu’ils doivent s’emmerder ! Je n’étais pas « fait » pour être esclave de la chose écrite. Je le suis devenu. écrire m’est nécessaire, vital. Raconter. Expliquer. Amener le lecteur dans l’état où l’on a décidé qu’il serait, et cela rien qu’en arrangeant des mots. C’est-à-dire séduire. Ou indigner. De toute façon : dominer. Comment s’en passer quand on a une fois goûté à cette ivresse ? Je ne parle pas ici du plus ou moins succès en librairie, mais bien de cette joie puissante, de cette plénitude qui vous soulève et vous transfigure quand on sent que ça y est, le piège est là, magnifique, la proie ne peut qu’y tomber et rejoindre l’auteur dans son plaisir immense. C’est pourquoi jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai. »

    François Cavanna, Le Monde, Belfond, Albin Michel, Le Livre de Poche, Les Ritals, Les Ruskoffs, Lune de miel, Gallimard, Les échappés,François Cavanna nous laisse tous ses livres « Les Ritals », « Les Russkoffs », « Bête et méchant » qui retrace l’épopée des journaux Hara-Kiri et Charlie Hebdo qu’il créa avec le Pr Choron (édités par Belfond, Albin Michel, et le Livre de poche). En 2006, il publiait « Le voyage » dixième roman « résolument historique » une autre de ses passions. Parmi les derniers titres parus on peut citer « Lune de miel » (Gallimard. 2011) dans lequel il raconte son combat quotidien contre la maladie de Parkinson, et « La gloire de Hara-Kiri » (Glénat.2013), compilation des meilleurs dessins paru dans ce magazine où il débuta sa carrière d’écrivain.

     

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