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françois bon

  • Les écrivains sur Twitter

    S’exprimer en 140 signes, c’est la prouesse que réalisent 200 millions de personnes chaque jour dans le monde (2,3 millions en France). Normal que l’on retrouve parmi eux quelques écrivains.

    En 2013, Bernard Pivot a publié « Les tweets sont des chats » (Albin Michel). Dans le texte de présentation, il écrivait : « Quand je me suis intéressé aux réseaux sociaux, j’ai tout de suite eu envie d’aller sur Twitter... A chacun, il est possible de considérer Twitter comme une sorte de journal personnel intermittent, lié ou non à l’actualité. D’y écrire ce que bon lui semble. D’y pratiquer l exercice de la cogitation ou l’art de l’observation. D’y convoquer des souvenirs. D’y utiliser, bien sûr, l’humour, le calembour, la farce. Ou de s’y adonner à la philosophie. Bref c’est le cas de le dire, de twitter sérieux ou amusant, sans toutefois se prendre au sérieux, ni prendre ses abonnés pour des engourdis du cervelet. C’est ce que j’ai essayé de faire pendant un peu plus d’un an. »


    La même année, Télérama recensait une dizaine d’auteurs présents sur le réseau social et expliquait : « Les écrivains qui se plaignent d’être trop nombreux en librairie s’exilent parfois sur Twitter, où ils gazouillent avec plus ou moins de bonheur. Cent quarante signes, c’est court pour pondre un chef d’œuvre mais suffisant pour maintenir le contact ou balancer une vacherie. Certains se contentent de retweeter les éloges qu’ils reçoivent, d’autres expérimentent, redécouvrent le haïku, le vers libre et solitaire, et finissent par gagner de nouveaux lecteurs. »
    Salman Rushdie, Bret Easton Ellis, Joyce Carol Oates, Haruki Murakami (en Japonais et Anglais), Jay McInerney, François Bon, Régis Jauffret, Alain Veinstein, Clément Bénech, Jean Echenoz.

    Plus récemment le site My Little Book Club a détecté « Les 5 meilleurs comptes twitter d'écrivains » et nous engage à les suivre cet été. On y trouve à nouveau Bret Easton Ellis, Régis Jauffret, mais aussi Bernard Pivot, Pénélope Bagieu, et Tatiana de Rosnay.

    Ces listes ne sont bien évidemment pas exhaustives, et il suffit de rechercher sur Twitter le nom d’un auteur favori pour découvrir que lui aussi a des choses essentielles à nous faire savoir. 

     

  • François Bon et son univers numérique

    L’écrivain François Bon accorde un très long entretien à L’Obs, nouvelle formule de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur. Le créateur, en 1997, d’un des premiers sites internet dédié à la littérature (devenu tierslivre.net) y parle de ses liens avec les outils numériques connectés de création.

    « J'ai un tout petit MacBook 13 pouces avec un écran Retina. Du coup au lieu de travailler à mon bureau sur ma grande dalle (un écran externe 27 pouces), à la maison je travaille debout: je pose mon petit ordi sur un pupitre de musicien. C'est comme écrire directement dans le format livre sans passer par le format feuille de la machine à écrire.  Donc dans la journée, moi, c'est l'ordi. Le mien est assez petit, avec une bonne batterie, pour que je l'aie tout le temps avec moi. C'est mon carnet d'écriture, avec des outils de notation instantanée comme Notational Velocity dont je me sers énormément. Ça suppose un changement mental. Mais j'ai toujours besoin du clavier, d'enfoncer des touches: ça n'a l'air de rien, mais jamais on n'a écrit autrement qu'en gravant, en insérant ou en déposant des gouttelettes d'encre. Il faut s'interroger sur ce que les nouveaux outils numériques changent dans l'écriture: ne plus faire de clic, par exemple, ou juste glisser le doigt. »

    François Bon évoque également sa liseuse qu’il préfère à la tablette (que sa fille lui a piquée pour regarder des films) pour la lecture, même si « on ne peut pas sortir du texte ». Il lit beaucoup sur Internet et pour lui « lire connecté n'est pas une atteinte à la concentration », surtout lorsqu’il veut compléter le sujet du livre en allant chercher des images sur le web pour avoir « une lecture plus dense, plus arborescente ».

    françois bon,tierslivre.net,l'obs,macbook,notational velocity,uysses iii,ipad,grégoire leménager,grassetL’écrivain passe en revue toute « sa panoplie d'écrivain du XXIe siècle » et parle aussi de son iPhone,  de la recherche par mots-clés, du logiciel Word « qu’il déteste utiliser » lui préférant Ulysses III, des blogs littéraires, de son site internet , de Google, de Wikipedia et des réseaux sociaux. Autre centre d'intérêt, celui pour la typographie : « Le livre numérique, c’est passionnant parce qu’on peut aussi maîtriser ces typographies. Mais il faut voir comment ça s’affiche sur les tablettes ! Amazon ne propose pas de césure: ils ont des algorithmes de gestion des blancs typographiques, très fins, mais les mots ne sont jamais coupés. Apple, lui, met la césure, mais ne sait pas couper les mots de la langue française. Donc il peut mettre «l’», puis «arbre» à la ligne d’après. Sur l’Ipad, ça casse complètement la possibilité d’avoir une belle lecture. »

    L’intégralité de l’entretien avec Grégoire Leménager

    Photo : François Bon vient de publier "Fragments du dedans" (Grasset).

     

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