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frédéric mitterrand

  • La politique et le livre

    Avez-vous lu « Vaincre le chômage » de Jack Lang paru en 2006 (Grasset), « Au cœur de l’Etat » de Michèle Alliot-Marie paru en 2013 chez Plon, ou « Mon combat pour Paris » de Anne Hidalgo paru la même année chez Flammarion ? Peut-être pas, et en tout cas, vous n’aurez pas l’occasion de les relire dans La Pléiade car le livre politique a une durée de vie très courte.

    « Livre programme », « livre règlement de compte », le livre politique est aussi un des produits de l’édition. Non pas sur les politiques mais écrit en principe par des politiques. Publié généralement en période pré-électorale, il permet à celui dont le nom figure sur la couverture d’exprimer ses idées sur la marche du monde et sa vision de l’avenir.

    France Culture qui a consacré en 2013 une émission aux coulisses de ce type d’ouvrages nous en dit plus « Les tirages sont relativement faibles, donc les éditeurs n’y perdent pas grand-chose », explique Henri Trubert, ancien de chez Fayard et co-fondateur de la maison d’édition des Liens qui libèrent. Et puis, « souvent, les hommes politiques en achètent eux-mêmes 1000 ou 1500 exemplaires qu'ils distribuent ensuite ». Jean-François Copé avait d’ailleurs eu recours à ce stratagème pour doper les ventes. Un autre professionnel, anonyme, pointe une raison moins avouable : « pour les éditeurs, il n’est jamais inutile d’avoir un politique de haut niveau dans son carnet d’adresse. C’est peut-être un futur ministre qui signe… ». »

    Pierre Féry, directeur délégué chez Michel Lafon, précise « Le livre politique est en fait conçu comme un produit d’appel, qui va justifier les invitations médiatiques. « C’est un pur alibi marketing. A la rigueur, peu importe ce qu’il y a dedans ».

    Rares sont « les auteurs » dont on reconnaît le talent littéraire dans cet exercice. C’est pourtant ce qui est arrivé à Bruno Le Maire qui écrit sur son blog à la rubrique « écrivain » : « Les lettres occupent une place centrale dans ma vie ». Son livre « Jours de pouvoir » (Gallimard) a été unanimement salué pour ses qualités d’écriture et s’est vendu à plus de 95 000 exemplaires.

    SALONPOL2014.jpgPour les amateurs du genre, on peut signaler « Le petit salon du livre politique » qui a réuni lors de sa 7ème édition au mois de mai au Lieu-dit à Paris « une vingtaine d’éditeurs qui tous, quelle que soit leur taille, consacrent une partie importante de leur catalogue à « la politique », c’est-à-dire à la critique de l’ordre existant et aux moyens d’en sortir » comme le signale le site Contretemps, et la « Journée du livre politique » qui se déroule depuis 23 ans à l’Assemblée nationale. Un prix est décerné à cette occasion, le dernier lauréat est Frédéric Mitterrand pour « La récréation » (Robert Laffont).

    Le site Actualitté présentant les éditions belges Luc Pire titrait au mois de mai « L'édition politique : deux à trois mois de durée de vie pour un livre », pour éviter tout gaspillage on peut peut-être envisager de recycler les livres politiques en livre d’humour (noir). Il suffit de les lire quelques mois ou années après leur parution.

     

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