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frédéric beigbeder

  • Guillaume Musso change d'éditeur

    Rares sont les écrivains qui restent fidèles à leur premier éditeur comme Anna Gavalda avec Le Dilettante. Les rencontres, les conditions financières, et la concurrence commerciale, font que certains cèdent aux sirènes d’autres maisons.

    Musso_Un_Appartement_a_Paris.jpgC’est le cas de Guillaume Musso dont Livres Hebdo nous annonce le changement d’éditeur et passe de XO, filiale du groupe Editis, à Calmann-Lévy, maison du groupe Hachette Livre. Mauvaise nouvelle pour Editis (groupe Planeta) et joli coup pour les éditions Hachette qui peuvent se réjouir de l’arrivée d’un auteur dont le dernier livre « Un appartement à Paris » s’est vendu à 420 000 exemplaires et dont l’édition de poche d’un autre de ses romans « La fille de Brooklyn » a atteint une vente de 410 000 exemplaires. Lot de consolation pour Editis, l'exploitation du format poche reste au sein d'Univers poche (Pocket), une de ses filiales.

    Le monde de l’édition est coutumier de ces coups de théâtre et on se souvient encore du passage en 2005 de l’écrivain Michel Houellebecq des éditions Flammarion, aux éditions Fayard, appartenant au groupe Hachette Livre, encore lui, et du montant du chèque, plus d’un million d’euros dit-on, qui l’accompagnait (pour le moment on ne connaît pas les détails du départ de Guillaume Musso).

    L’Express a raconté dans le détail l’histoire de ce « transfert du siècle » dont les protagonistes étaient Claude Durand, Frédéric Beigbeder, François Samuelson agent de l’écrivain, Arnaud Lagardère, entre autres.

    Devant la polémique engendrée Flammarion s’est rebiffée déclarant « Nous n'avons pas voulu ajouter au brouhaha médiatique au moment de l'annonce du transfert, mais un certain nombre de clauses contractuelles lient Michel Houellebecq à notre maison», et effectivement plusieurs titres paraîtront ensuite chez Flammarion dont « La Carte et le Territoire » qui obtiendra en 2019 le Prix Goncourt.

    Cela a souvent été dit sur ce blog, l’accession au succès dans l’édition est une véritable loterie. Le résultat dépend de la recherche de nouveaux talents, de leur accompagnement, et de l’accueil du public, des investissements pas toujours évidents à capitaliser.

    2157084-gf.jpgDans un communiqué cité par Livres Hebdo, Pierre Conte, Directeur général d’Editis a déclaré parlant de Guillaume Musso « Nous n’avons pas réussi à le convaincre de changer d’idée ni, malgré le soutien actif de notre actionnaire, d’accepter une solution alternative dans notre groupe autour d’une autre de nos maisons. La proposition concurrente venait de trop loin, la chose était bien trop engagée. Et il a précisé que son groupe « est bien assez fort pour amortir ce choc et nos énergies jusque-là consacrées à cet auteur vont pouvoir être mises à disposition d’autres talents et projets. »

    Ainsi va le monde de l’édition.

  • Les raisons d’écrire d’Annie Ernaux

    A40247.jpgOn trouve son nom aussi bien au bas d’une pétition contre l’usage des flash-ball, d’un texte de soutien au mouvement Nuit debout que dans un article du Figaro (article payant), signé Frédéric Beigbeder et titré « Annie Ernaux, l'écrivain officiel ».

    « Il semble que la célébration de Mme Ernaux soit devenue obligatoire en France. Son dernier livre, Mémoire de fille, est unanimement salué par une critique béate. Le public suit. Les éditions Gallimard ont rassemblé son œuvre en un gros volume sous le titre : Ecrire la vie. La Pléiade est pour bientôt, le Nobel imminent, l'Académie s'impatiente, et ma fille l'étudie au lycée. Une suggestion à François Hollande: ouvrir le Panthéon aux vivants, spécialement pour Mme Ernaux. Seul Maxime Gorki a connu une gloire comparable, dans l'URSS des années 30. Il est permis de se méfier d'une telle sanctification collective. » écrit-il ironiquement.

    Autant dire que Annie Ernaux ne laisse personne indifférent. A l’occasion de la parution de son livre, de nombreux articles ont permis de mieux connaître cet écrivain étudié dans les lycées et qualifié « d’auteur « classique » de son vivant » par le site Fabula qui annonce un colloque sur son œuvre à Amiens en mars 2017.

    Petit florilège des titres qui lui sont consacrés : « Annie Ernaux, exploratrice de l'âme. » L’Express, « Annie Ernaux, « fille de rien », grand écrivain », Le Monde (article payant), « La blessure d’une volonté dissoute », La Croix, « Annie Ernaux : « À 18 ans, j’avais une confiance intrépide dans l’avenir », L’Humanité

    Ce quotidien publie un entretien avec Annie Ernaux qu’il présente ainsi : « Depuis les Armoires vides, son premier roman paru en 1974, et la Place, qui signe, en 1983, son abandon de la fiction, Annie Ernaux creuse l’écriture de soi, au plus près de la réalité et de l’histoire collective. Mémoire de fille (Gallimard), son nouveau livre, est un récit d’apprentissage qui revient sur les années 1958-1959, décisives dans sa vie de femme et d’écrivain. »

    annie ernaux,frédéric beigbeder,maxime gorki,fabula,annie duchesne,frédéric-yves jeannetLa fiche biographique d’Annie Ernaux sur Wikipedia, née Annie Duchesne, est dense et recense, outre ses nombreux livres, les multiples entretiens qu’elle a accordés mais également les nombreux colloques et manifestations dédiés à son œuvre littéraire. On peut aussi y lire cette citation : « Je me considère très peu comme un être singulier, au sens d'absolument singulier, mais comme une somme d'expérience, de déterminations aussi, sociales, historiques, sexuelles, de langages, et continuellement en dialogue avec le monde (passé et présent), le tout formant, oui, forcément, une subjectivité unique. Mais je me sers de ma subjectivité pour retrouver, dévoiler les mécanismes ou des phénomènes plus généraux, collectifs. » extraite de son livre « L'Écriture comme un couteau », entretien avec Frédéric-Yves Jeannet (disponible dans la collection Folio).

    A propos de cet ouvrage, elle dit : « Il n'est pas aisé de rendre compte, sans l'unifier ni la réduire à quelques principes, d'une pratique d'écriture commencée il y a trente ans. D'en laisser percevoir les inévitables contradictions. D'apporter des détails concrets sur ce qui se dérobe le plus clair du temps à la conscience. Ce qui assemble les phrases de mes livres, en choisit les mots, c'est mon désir, et je ne peux l'apprendre aux autres puisqu'il m'échappe à moi-même. Mais il me semble pouvoir indiquer la visée de mes textes, donner mes « raisons » d'écrire. »

  • La rentrée littéraire 2015

    Avec 589 livres publiés (607 en 2014), la fameuse rentrée littéraire est largement entamée et déjà quelques titres font le bonheur des médias, peut-être davantage par rapport à la personnalité des auteurs que pour la qualité de leur ouvrage.

    Le Monde dès le mois d’août en a publié une liste non exhaustive mais qui donne la tendance :

    « Du côté des têtes d’affiche, cette rentrée compte, comme les vingt-deux précédentes, un roman d’Amélie Nothomb, Le Crime du comte de Neuville, chez Albin Michel, qui publie également un autre pilier de son catalogue : Eric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu).
    Les autres maisons publient aussi des auteurs « identitaires » : ainsi de Christine Angot chez Flammarion (Un amour impossible), d’Alain Mabanckou et Philippe Delerm, au Seuil (pour, respectivement, Petit Piment et Les Eaux troubles du mojito), de Jean-Philippe Toussaint chez Minuit (Football), de Delphine de Vigan 1507-1.jpgchez JC Lattès (D’après une histoire vraie), de Mathias Enard (Boussole) pour Actes Sud, de Frédéric Beigbeder chez Grasset (Conversations d’un enfant du siècle) ou encore de Nicolas Fargues chez POL (Au pays du p’tit) – maison à laquelle Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008, fait une infidélité en publiant La Ballade du Calame à L’Iconoclaste.
    En littérature étrangère, le casting (composé de 196 titres, huit de moins qu’en 2014) compte de grands noms, de la Prix Nobel américaine Toni Morrison (Délivrances, Christian Bourgois) à l’Israélien David Grossman (Un cheval entre dans un bar, Seuil), en passant par Martin Amis (La Zone d’intérêt, Calmann-Lévy), Jim Harrison (Péchés capitaux, Flammarion), Nick Hornby (Funny Girl, Stock)…
    La palme du livre le plus longtemps attendu revient sans conteste à L’Infinie Comédie, de David Foster Wallace (L’Olivier), paru aux Etats-Unis en 1996. »

    On retrouve quelques-uns de ces titres dans la sélection de Télérama des « sept romans qui feront l’automne 2015 », chacun étant accompagné d’un court résumé et des fameux T (souvent trois) décerné par l'hebdo culturel.

    De son côté, Le Point a réuni sur son site Internet sa sélection des « livres qui feront l'événement en cette rentrée littéraire 2015 » publiée cet été et propose, en plus de l’article consacré à leur auteur, un extrait du roman.

    Il n’y a plus qu’à les lire.

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