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edgar morin

  • Où les écrivains passent-ils leurs vacances ?

    Quand Sigolène Vinson ( Les Jouisseurs, éditions de L'Observatoire), raconte sur France Culture dans l’émission de Nathalie Azoulai, L'Ecriture est un sport comme les autres, sa passion pour le surf, Bernard Lehut dans son émission estivale sur RTL « Chemins d’écrivains » part tous les dimanches à 12h 45, à la rencontre des lieux qu’aiment fréquenter les écrivains, Nice pour Véronique Olmi, Christian Bobin « entre Morvan et Bourgogne », ou le Finistère pour Yann Queffelec.

    Se ressourcer, s’abstraire du quotidien, changer d’horizon, retrouver ses racines, les vacances pour les écrivains ressemblent beaucoup à celles de leurs lecteurs. Ou presque.

    Au mois de juillet dans une tribune publiée dans Actualitté, Delphine Bertholon expliquait : « certes, je suis en vacances, mais je corrige quand même un roman jeunesse à paraître en début d’année, je prépare des rencontres pour la rentrée et, bien sûr, je lis beaucoup. Lire, ça fait partie du job. C’est de la joie — et du job. Je nage, aussi. En nageant, l’esprit se perd, les idées germent. Je suis en vacances et, de fait, c’est de cela dont j’ai envie de parler : de la notion de vacance. De l’importance du « vide » dans la création. »

    Les séjours de vacances sont aussi liés aux attaches familiales. Dans Le Maine libre, Cécile Pivot parle de « la maison des étés et des grandes fêtes de famille » de son père à Quincié dans le Beaujolais : « En piles audacieuses, mangeurs d’espace et dévoreurs de temps, les romans peuplent les souvenirs de Cécile Pivot lors de ses séjours en Beaujolais. Elle évoque le bureau paternel à côté de sa chambre, avec le lit une place colonisé par les livres de la rentrée. Pour une lectrice gourmande, c’est la tentation à portée de mains. » (…) « Je m’abstiens pourtant d’en emprunter, surtout depuis que mon père préside le Goncourt. Je craindrais trop d’emporter celui qui pourrait décrocher le prix. »

    NathalieAzoulai, Bernard Lehut,Véronique Olmi, Christian Bobin, Sigolène Vinson, RTL, Actualitté, Delphine Bertholon, Le Maine libre, Cécile Pivot, Bernard Pivot, Vanity Fair, Albert Camus,Guy de Maupassant, Amélie Nothomb, Jean d'Ormesson, Tatiana de Rosnay, France Culture, Françoise Sagan, Marguerite Duras, Edgar Morin, François Mauriac Yann Queffelec,  En 2017, le magazine Vanity Fair menait aussi l’« enquête » et sous le titre « Cigales & Crustacés », dévoilait « Les lieux de vacances mythiques des écrivains » : Albert Camus (Tipasa en Algérie), Guy de Maupassant (Côte d’Azur), Amélie Nothomb (lac d’Annecy), Jean d’Ormesson (Corse), Tatiana de Rosnay (Côte basque). France Culture toujours, nous propose également de nous intéresser aux lieux de villégiatures de quelques auteurs et nous savons tout sur les endroits préférés de Françoise Sagan, Marguerite Duras, Edgar Morin, ou François Mauriac qui disait à propos de ses vacances « J’irai dans mes maisons mais dans ces maisons je mènerai exactement la même vie que je mène ici, qui est de lire et d’écrire un peu. »

    Photo : affiche du festival Des livres et moi organisé par le Centre François Mauriac à Malagar nom de la maison de l'écrivain.

  • Mai 68 des pavés et des livres

    « J’ai décidé que je ne dirai rien pour les 50 ans de 68. J’ai fait les 2 ans, les 10 ans, les 15 ans, les 20 ans, les 25 ans, les 30 ans, les 35 ans, les 40 ans, les 45 ans, je n’ai plus rien à dire ! » a déclaré récemment Daniel Cohn-Bendit en acceptant toutefois un débat avec un autre meneur de l’époque Alain Geismar. D’autres se sont chargés de célébrer les événements de Mai 68 et notamment les éditeurs.

    Le site Babelio propose une liste d’ouvrages sur Mai 68. On y trouve les témoignages de ceux qui jeunes ont participé aux événements et ont ensuite poursuivi une belle carrière littéraire : Daniel Picouly avec « 68 mon amour » (Grasset), Thierry Jonquet « Rouge c’est la vie » (Seuil), Patrick Rotman « Mai 68 raconté à ceux qui ne l’ont pas vécu (Seuil), Jean-Bernard Pouy « Mes soixante huîtres » (éditions Folies d’encre), Hervé Hamon « Demandons l’impossible – Le roman-feuilleton de Mai 68 (Editions du Panama), Didier Daeninckx « Camarades de classe » (Gallimard).

    HO0870.jpgOn retrouve la plupart de ces titres sur BibliObs qui écrivait déjà en 2008 : « Si ça n'est pas une avalanche de pavés, ça y ressemble fort. Car chez les éditeurs, la frénésie commémorative est à son comble pour l'anniversaire de mai-68. Et il n'est pas sûr que l'imagination ait toujours pris le pouvoir... » Plusieurs des livres cités par Babelio y figurent mais sont complétés par des ouvrages d’analyse comme « 68 : une histoire collective [1962-1981] » (La Découverte) « Un ouvrage collectif de référence, dans lequel des chercheurs reviennent sur vingt années qui ont profondément transformé la société française », ou « Mai 68, la brèche, vingt ans après » (Fayard) avec les signatures d’Edgar Morin, Claude Lefort, Cornelius Castoriadis.

    Autre liste celle du site Des livres qui regroupe lui aussi un certain nombre de titres sur l’événement dont certains plus récents comme « Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu » (éditions de l’Atelier/Médiapart), « Mai 68 un mouvement politique » (éditions Acratie), ou « Filles de Mai mon Mai à moi – Mémoires de femmes (éditions Le Bord de l’eau).

    De quoi lire en attendant les commémorations officielles - ou pas - du mois de mai 2018.

    En photo : la réédition par les éditions Hoëbeke/Gallimard du célèbre journal L’Enragé de Siné publié en 1968.

  • Le nouveau nouveau Magazine Littéraire

    Alors que l’on apprend que le constructeur Renault investit dans la presse en rachetant 40% de Sophia Publications appartenant à Claude Perdriel (fondateur du Nouvel Observateur), ce dernier reprend de son côté la main sur Le Magazine Littéraire.

    I-Autre-77200_360x440-le-nouveau-magazine-litteraire-n-1-janvier-2018.net.jpgCelui-ci devient Le nouveau Magazine Littéraire et amorce un virage éditorial puisqu’il « ambitionne d’être la revue des débats de la « gauche hors les murs ». Son directeur de la rédaction l’essayiste Raphaël Glucksmann déclare au Monde : « Il n’y a pas de ligne politique partisane, on veut offrir un regard littéraire sur le monde, raconter les idées, la société, les débats idéologiques ». Parmi les premiers signataires on note les noms de Najat Vallaud-Belkacem, Edgar Morin, Leïla Slimani, Michel Onfray.

    Une énieme aventure pour ce titre créé en 1966, et qui a changé plusieurs fois de propriétaire. Il a été détenu notamment par le groupe Artémis de François Pinault qui l'a cédé en 2014 à un groupe de quatre d’actionnaires, parmi lesquels Claude Perdriel. Le journaliste Maurice Szafran initiera une nouvelle formule pour relancer les ventes (voir chronique du 21 janvier 2015), en vain. Claude Perdriel est toujours l’actionnaire majoritaire du magazine désormais dissocié de Sophia Publications même s'il souhaite ouvrir le capital à d’autres investisseurs comme Xavier Niel (Free, copropriétaire du Monde).

    Plusieurs écrivains ont assuré la rédaction-en-chef de ce bi-mensuel à l’origine, devenu mensuel. On peut citer François Bott, Jean-Jacques Brochier, Laurent Nunez, José Macé-Caron, et Pierre Assouline.

    Sur Facebook Raphaël Glucksmann écrit :

    (…) « Pendant de trop longues années, le déclinisme et la tentation du repli, la pusillanimité et la xénophobie ont dominé notre paysage idéologique, médiatique et culturel. Comme si le pays de Voltaire et Montaigne, Gary et Rabelais, La Boétie et Zola s’était résigné à n’être que la nation de Maurras et de Maistre.

    Pendant de trop longues années, les « intellectuels-(dits)-de-gauche » - ce qui semblait être un pléonasme il y a quarante ans est presque devenu une contradiction - ont cédé du terrain, abandonné des mots, délaissé des causes, opté pour le nombrilisme et le défaitisme, le nombrilisme défaitiste et le défaitisme nombriliste.

    Il est temps de tourner cette page!

    Temps de retrouver le goût de l’aventure intellectuelle collective.

    Temps de renouer avec l’empathie qui est au cœur de la création littéraire comme de l’esprit humaniste.

    Temps de revisiter, repenser, réinventer l’Europe et le monde.

    Temps de "donner un sens plus pur aux mots de la tribu », la mission éminemment politique que Mallarmé assignait à la poésie.

    Temps, aussi, d’en finir avec les esprits douaniers, de décloisonner la littérature, le cinéma, la philosophie, la sociologie, l’Histoire, la géographie ou la science.

    Temps, enfin, de construire une maison commune. (…) »

    Dans les kiosques depuis le 18 décembre 2018.

    En photo, la couverture du Nouveau Magazine littéraire, on est loin des flamboyantes couvertures dessinées autrefois par le peintre Raymond Moretti.­­

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