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denis gheerbrant

  • Fermeture de la librairie La Hune à Paris

    A deux pas de l’église de St Germain-des-Près, non loin de la célèbre brasserie Lipp où se croisent hommes politiques et célébrités, la librairie La Hune (groupe Flammarion) est un des derniers vestiges de ce quartier parisien qui a fait la réputation intellectuelle et artistique de la capitale.

    Un lieu dont Livres Hebdo nous apprend que « Le droit au bail de la librairie parisienne et sa marque La Hune auraient été rachetés pour 1,3 million d’euros. Le projet est de créer une galerie-librairie dédiée à la photographie. Après plus de 70 ans d’existence, la librairie parisienne, La Hune, qui occupe un local de 300 m2 à Saint-Germain des Près, fermera définitivement ses portes le 14 juin 2015 en soirée. »

    Depuis plusieurs années les boutiques de luxe remplacent les magasins traditionnels du quartier (il reste encore un Monoprix). La Hune, longtemps située au 170 bd St Germain, entre Les Deux Magots et le Café de Flore (où s’est installée une boutique Vuitton) avait déménagé à quelques mètres rue de l’Abbaye dans les anciens locaux de la librairie Le Divan (elle aussi chassée par l’inflation des loyers et installée depuis 1997 dans le 15ème arrondissement).

    Dans un article publié par Le Monde, Denis Gheerbrant, fils de Bernard Gheerbrant, fondateur et animateur pendant trente ans de la librairie précise « La Hune va être vendue à un commerce de reproductions photographiques à l'esthétique « poster », YellowKorner. La Hune, ses murs mais aussi son nom, ce nom dont mon père avait baptisé ce qui était une première du genre, une librairie-galerie, réunissant l'avant-garde de la littérature et de la gravure », avant de s’indigner que les repreneurs veuillent garder ce nom « Que les commerçants commercent, soit, mais pas sous le nom dont mon père a fait un symbole. Pour ma mère, mes enfants et moi-même, pour tous ceux pour qui le mot culture n'est pas synonyme de marchandise, c'est un cauchemar. S'il faut lui donner un nom, ce sera celui d'usurpation. »

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    Annonçant la fermeture de La Hune, Télérama écrit « En mars, l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) rapporte que 10 % des librairies de la Ville lumière ont été rayés de la carte depuis 2011. Del Duca dans le 9e, Village Voice dans le 6e, l'Ile lettrée dans le 10e... Paris serait-elle la capitale des librairies... qui ferment ? Le MOTif (observatoire du livre et de l'écrit de la Région Ile-de-France) a enregistré 45 défections et 25 créations de librairies entre 2011 et 2014, sans compter, comme l'a fait l'Apur, les librairies-papeteries et/ou presse. La baisse est donc plus proche des 8 %. »

    L’article de Marine Relinger se poursuit ainsi : « Paris conserve le maillage le plus dense d'Europe », tempère Serge Guérin, président du MOTif. « Ce sont les petites structures qui souffrent le plus. Mais, en Ile-de-France, les libraires font l'essentiel du chiffre d'affaires des éditeurs, devant les grandes surfaces culturelles comme la Fnac », précise Vincent Monadé, président du Centre national du livre. »

    Ce ne sera plus le cas de la Hune.

    La Hune donne un dernier rendez-vous littéraire le 10 juin, avec Jean-Michel Djian, à propos de son livre « Les rimbâldolatres » (Grasset),  à paraître le 27 mai 2015.

    Photo : Facebook La Hune.

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