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david foenkinos

  • Les affres de l’inspiration littéraire

    La panne d’inspiration est un problème que semblent ignorer certains écrivains comme Marc Levy ou Amélie Nothomb, qui remettent chaque année ou presque, à date fixe, leur manuscrit. Pourtant la mécanique de la création peut s’enrayer, et un écrivain qui n’écrit plus n’est plus un écrivain. Et il est mal.

    Parmi les raisons de ce passage à vide, il y a parfois le succès. On cite souvent l’exemple de l’écrivain Jean Carrière qui sombra dans la dépression après avoir obtenu en 1972 le prix Goncourt pour « l'Epervier de Maheux ». Ce deuxième roman s'était vendu à 1,7 millions d’exemplaires et avait été traduit en 14 langues. Il s’y remettra bien plus tard mais décédera en 2005, oublié de tous.

    Plus récemment David Foenkinos expliquait sur Europe 1 que : « Pendant un an, je n'ai pas du tout écrit. J'ai pensé que ça ne reviendrait pas". "Je ne pouvais pas enchaîner" confiait-il après le succès de son livre "Charlotte" paru en 2014, couronné par le prix Renaudot, le Goncourt des lycéens, et vendu à plus de 380 000 exemplaires. Son dernier roman « Le mystère Henri Pick » vient tout juste de paraître, deux ans après.

    Comment lutter contre ce manque d’imagination ? L’Internet abonde de sites de conseils. Enviedécrire.com propose un « Kit Kit pour écrivains en mal d’inspiration », ecrire-un-roman fait appel à l’expérience de Stanley Kubrick, et même Slate, en 2012 (comme quoi le problème n’est pas nouveau) relayait les « Méthodes pour surmonter le syndrome de la page blanche » du site Flavoriwe (comme quoi le problème n’a pas de frontières).

    duras_emily_cover_pocket.jpgSur le site Babelio on trouve une liste de 26 ouvrages tous genres confondus, dont le thème est « La page blanche en littérature ». On y trouve « Invisible » de Paul Auster, « Emily L. » de Marguerite Duras, en passant par « Bel ami » de Guy de Maupassant, « A l’encre russe » de Tatiana de Rosnay, « La Vérité sur l'affaire Harry Quebert » de Joël Dicker, ou, dans un autre genre, « La fille de papier » de Guillaume Musso qui imagine « Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d’inspiration, voit surgir dans sa vie l’héroïne de ses romans. Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il s’arrête d’écrire. » Je ne dévoilerai pas la fin car c’est l’idée du livre.

    L’auteur en panne d’inspiration est aussi un sujet populaire au cinéma. Il a été incarné par Johnny Depp dans « Fenêtre secrète », film adapté de la nouvelle Vue imprenable sur jardin secret de Stephen King, ou par Pierre Niney dans « Un homme idéal ». Un sujet qui inspire les scénaristes en mal de scénario comme le souligne le site Buzz littéraire.

    Au final, la panne d’inspiration semble être un très bon thème d’inspiration, y compris pour... les blogueurs.

    Photo : "Emily L", de Marguerite Duras.

  • Les beaux-livres au pied du sapin de Noël

    12345655_10205164369535183_4174517731552446464_n.jpgNoël est une occasion en or pour les éditeurs de beaux-livres et une idée de cadeau facile pour tous ceux qui en manquent. Histoire, culture, sciences, divertissement, tous les thèmes sont représentés.


    Le Magazine Littéraire n° 562 daté de décembre 2015, leur consacre un grand dossier et propose une sélection d’ouvrages. Dans son introduction Alexis Brocas écrit : « Loin d’être de simples objets décoratifs unissant images de circonstances et texte à valeur de prétextes, les trente ouvrages que nous avons sélectionnés se distinguent par un soin égal apporté à l’iconographie et au commentaire (…). »
    Un pari risqué pour les éditeurs, car la conception et la réalisation de ces livres représentent un travail de longue haleine et un gros investissement financier qui justifie la plupart du temps leur prix élevé. Même si depuis quelques années, avec la délocalisation de l’impression, les prix ont eu tendance à baisser fortement.


    Le Magazine Littéraire consacre également un article à l ‘économie de ces beaux-livres. On y apprend que, en quinze ans, le marché a baissé de 30% et ne représente plus que 3% du chiffre d'affaires avec des ventes moyennes de 3 600 exemplaires alors qu’il en faudrait environ 10 000 pour qu’un livre soit rentable, selon Valérie Dumeige des éditions Arthaud.
    Parmi les recettes permettant de faire exister ces livres, on notera les thèmes porteurs, les Beatles, Picasso, les co-éditions, les partenariats avec des télévisions ou des radios, ou encore les livres d’entreprises. « Sans une aide médiatique, c’est très difficile » constate Fabienne Kriegel des éditions du Chêne, maison réputée pour ses livres illustrés de qualité.


    Toujours cité en exemple de réussite dans ce domaine, l’album photo « La Terre vue du ciel » de Yann Arthus-Bertrand, publié en 1999, fait lui aussi l’objet d’un article. Avec 3,5 millions d’exemplaires, il est le beau livre le plus vendu dans le monde et a fait la fortune des éditions La Martinière. Son contenu a été décliné sous forme d’agendas, de cartes postales, de puzzles. D’autres titres du même auteur, « 365 jours pour la terre » vendu à 500 000 exemplaires ou « La Terre racontée aux enfants » à 200 000 exemplaires, ont contribué à pérenniser ce succès.


    Le journal donne aussi la parole à l’éditeur José Alvarez. Dans son texte titré « 1975-2005, extinction du livre d’Art » il écrit : (…) « plébiscités, les livres « illustrés », de plus en plus créatifs, étaient attendus, collectionnés par d’authentiques historiens esthètes, connaisseurs ? C’étaient les années1980-1990. Puis, peu à peu, insidieusement, la culture des loisirs – telle une bactérie contaminant les corps – s’étendit à l’ensemble des médias, évacuant l’histoire, la transmission, élaborant un art de la consommation culturelle et artistique autour du manque, de l’objet désirable et éphémère, un trou béant sans mémoire d’où naquirent les nouvelles technologies. (…) »


    Parmi les titres sélectionnés par ce numéro du Magazine Littéraire, on peut citer les 3 tomes de « Histoire des sciences et des savoirs » (Le Seuil), « Charlotte » de David Foenkinos (Gallimard), « Dans le ventre de Hara-Kiri » d’Arnaud Baumann et Xavier Lambours (La Martinière), et « Une histoire mondiale du livre, de la tablette d’argile au livre numérique », de Roderick Cave et Sara Ayad (Armand Colin).

  • Rayons de livres pour l’été

    Le livre accompagne toujours les vacanciers, que ce soit sur la plage pour peaufiner le bronzage, en cas de pluie pour attendre le retour du soleil, ou tout simplement pour s’évader s’il n’est pas possible de partir.

    Plus que quelques jours – jusqu’au 17 août – pour profiter de l’opération « Le camion qui livre », dont j’ai déjà parlée et qui est organisée par Le Livre de Poche. Une camionnette transformée en librairie longe les côtes françaises pour aller à la rencontre des vacanciers tout en associant les libraires locaux. Quelques-unes des dernières dates : Quiberon – Esplanade place Hoche : 11-12 août, Fouesnant – Cap Coz : 14 août, Crozon-Morgat – Place de l’église : 15 août, Bénodet – Butte du Fort : 16-17 août 2015.

    65797499_13606645.jpgAutre initiative, celle de l’éditeur J’ai lu, associé à la SNCF et iDTGV qui a diffusé cet été – uniquement le 7 août - dans les trains 4 000 exemplaires de livres de poche signés Anna Gavalda, Serge Joncour, David Foenkinos, Thierry Cohen, Takuji Ichikawa, Frédérique Hébrard, Nora Roberts, entre autres auteurs dépaysants : ...« Sentez-vous comme il est doux d’être bercé par les promesses de bonheur d’un roman ? Comme tout devient alors plus léger ! Vous vous surprenez déjà à croire aux miracles et aux transformations dus à l’amour. Vous vous sentez pousser des ailes et vous partez en voyage entre les lignes d’une histoire qui se passe au bout du monde. »...
    J’ai lu propose également cet été, jusqu’à la fin août, un 3ème livre offert parmi 6 best-sellers pour 2 livres achetés.

    On peut parcourir le France avec Les petits Polars édités par Le Monde et la SNCF. Pour la quatrième année, des auteurs reconnus et des illustrateurs invitent à résoudre des intrigues criminelles à Colmar, Biarritz, La Baule, Lyon, Lille, etc. Précision : « En supplément dans chaque livre, une échappée curieuse et gourmande sur les lieux du crime : il n’y a pas que le coupable qui passera à table ! » En vente chez les marchands de journaux à 3,90 euros.

    Les éditeurs savent aussi profiter astucieusement de notre temps de cerveau disponible pendant les vacances. C’est le cas de celui des aventures d’Astérix & Obélix, personnages omniprésents dans les stations services Total (serviettes éponge et canettes isotherme à leur effigie), et qui nous prépare à la parution du prochain tome de leurs aventures Le Papyrus de César, signé Didier Conrad (dessinateur) et Jean-Yves Ferri (scénario), à paraître le 22 octobre 2015 (d’après les personnages créés par René Goscinny et Albert Uderzo). Le Figaro nous en dévoile également, dès le 8 août, une planche inédite.

    Enfin, la période des vacances est le moment idéal pour vagabonder dans les librairies. Il y en a quasiment partout au bord de la mer, en montagne, et même ailleurs, et on y trouve toujours de quoi se dépayser.

     

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