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daniel pennac

  • L'école de la lecture

    Vaste campagne que celle lancée par le ministère de l’Education sous l’intitulé « Ensemble pour un pays de lecteurs ».

    Le Parisien explique : « Le principe est très simple : partout en France, les plus de 50 ans sont invités à pousser la porte des écoles, pour lire des histoires aux enfants et ainsi leur transmettre le goût de l'écrit, socle indispensable à la réussite, non seulement en français, mais dans toutes les matières.»

    L’opération est soutenue par l’Etat mais aussi par l'Association des maires de France, et un grand nombre de personnalités du monde littéraire Bernard Pivot en tête. Les noms de Yann Queffélec, Daniel Pennac, Marc Levy, sont également cités. La presse régionale devrait y être associée.

    Cette mobilisation prend effet le 12 octobre à l’Institut de France en présence de Madame Hélène Carrère d'Encausse, Secrétaire perpétuel de l'Académie française, et Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, d’Eric Orsenna de l’Académie française (par ailleurs chargé d'une mission sur l’adaptation des horaires d’ouverture des bibliothèques publiques), et d’Alexandre Jardin, écrivain, ex-candidat à l’élection Présidentielle, et créateur en 1999 de l’association Lire et faire lire.

    Cette association étroitement liée à l’opération « compte aujourd’hui 18 000 bénévoles âgés d’au moins 50 ans qui interviennent dans plus de 11 000 structures éducatives pour organiser des séances de lecture en petit groupe, une ou plusieurs fois par semaine, tout au long de l’année scolaire, pour stimuler chez de jeunes enfants le goût de la lecture et favoriser leur découverte de la littérature. » (Source Education.gouv.fr)

    Le même site Education.gouv.fr dévoile que « Selon une étude de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) menée en 2016, 22,5 % des 760 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans qui ont effectué leur Journée défense et citoyenneté (JDC) maîtrisent mal la lecture. Leur déchiffrage est lent et leur compréhension de ce qui est lu faible. » Ce constat est une des raisons de l’opération « Ensemble pour un pays de lecteurs » qui dès l’école maternelle devrait permettre aux enfants de se sensibiliser à la lecture et au livre.

    Un objectif déjà fixé par la ministre de la Culture, Françoise Nyssen qui a déclaré vouloir, elle aussi, «favoriser la lecture dès le plus jeune âge» car elle «permet de comprendre et de découvrir le monde». 

    Françoise Nyssen

  • Les plaisirs de la lecture à voix haute

    Longtemps cantonnées aux salons privés ou aux librairies, les lectures publiques sont devenues incontournables dans les manifestations dédiées au livre. Elles permettent de mettre en scène les textes et souvent de les faire découvrir.

    Les acteurs Fabrice Luchini ou Jacques Weber sont de ceux qui ont popularisé le genre, mais des auteurs tels que Christine Angot ou Michel Houellebecq ont eux aussi partagé leurs textes avec le public.

    Daniel Pennac est lui un fervent adepte de la lecture « à voix haute » comme le racontent Les Echos en 2013 : « Il aime tellement ça, Pennac, qu'à plusieurs reprises il est allé lire sur scène. Au théâtre du Rond-Point en 2004 avec son texte « Merci ", puis en 2009 avec son adaptation de Bartleby, d'Herman Melville à La Pépinière théâtre. Aux Bouffes du Nord, enfin, il y a quelques mois avec ce fameux « Journal d'un corps ». Il se délecte tout autant, en simple spectateur, d'écouter André Dussollier lire Marcel Proust ou Denis Podalydès, Céline. « Il existe une jouissance absolue, quand cela est bien fait, à écouter cette coïncidence parfaite entre le texte et la lecture. C'est le bonheur de la justesse. » En 2014, il se souvenait du temps où il était enseignant et déclarait à La Tribune de Génève « Dans mes classes, je faisais une heure de lecture hebdomadaire à tous mes élèves, avec un texte différent à chaque fois, de manière à ce que chacun y trouve son compte. »

    Grignan.pngL’écriture est également mise en valeur avec le Festival de la Correspondance de Grignan, « une manifestation culturelle pour célébrer l'art épistolaire, s'attache aux correspondances de toutes les époques et sous toutes ses formes, des plus traditionnelles aux plus contemporaines », dont la 22ème édition se déroulera du 4 au 8 juillet 2017 et cours de laquelle Marie-Christine Barrault lira des lettres de Mme Sévigné à sa fille.

    On recense également des troupes et des associations qui favorisent a lecture en public. C’est le cas à Carpentas avec des Bonheurs de lecture qui explique « Année après année, nous cheminons parmi les plus grands textes de la littérature universelle, nous partageons les émotions fortes qu'ils suscitent. Nous nous nourrissons des pensées et de la beauté qu'ils nous offrent », ou à Paris avec La voie des livres qui propose la lecture aussi bien de textes de Georges Perec que de Jack London.

  • Lire, une habitude à prendre

    « La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens. » Daniel Pennac ("Comme un roman"-1992), source Gallimard.

    Lire ou ne pas lire, lit-on encore aujourd’hui ?

    Il y a quelques mois le journaliste Jean-Marie Gavalda (le bien nommé) constatait dans Midi Libre : Quatorze livres par an : voilà une bonne moyenne pour les Français dont 80 % déclarent "aimer la lecture". Les femmes (18 ouvrages annuels) lisent davantage que les hommes (10) et les seniors (19 livres) plus que les moins de 35 ans (9). Seuls 5 % des Français ne lisent jamais. Si le livre électronique entre progressivement dans les mœurs (21 %), le papier reste dominant. Mais les librairies traditionnelles qui réalisent 28 % des ventes sont en perte de vitesse, talonnées par les grandes surfaces (24 %) et Internet (20 %). Un peu moins d'un Français sur deux fréquente une bibliothèque (48 %) mais seulement 9 % ont une pratique régulière, au moins mensuelle. »

    Des chiffres éloquents d’un énième sondage BVA qui dévoilaient aussi que 50% des personnes interrogées préféraient regarder la télévision, et que 57% ne disposaient de pas assez de temps pour lire.

    Comment alors retrouver le goût de la lecture ?

    Le journal Slate s’interroge « Et si on obligeait les élèves et les profs à lire quinze minutes par jour? », et répond en relatant l’expérience menée depuis 15 ans par lycée Tevfik-Fikret d’Ankara : « consacrer, chaque jour ouvré, qu’on soit élève, enseignant ou personnel technique, quinze minutes de son temps à la lecture. Soit, sur l’ensemble d’une scolarité, plus de 500 heures dédiées au livre. On peut se plonger dans l’ouvrage de son choix, sans restriction de genre – la bande dessinée à sa place à côté des romans et des manuels scolaires – ou de langue – ici, on parle et lit indifféremment turc, français et souvent anglais. »

    Une action volontariste que la directrice de l’établissement résume : « Ils voient les livres de leurs copains, se les recommandent, se les échangent. Comme ils ont toujours un bouquin dans leur cartable, ils peuvent le sortir et lire en classe quand ils ont fini en avance un contrôle, ou dans la navette de transport scolaire. C’est devenu une habitude.»

    Hopper Gallimard.jpg

    Photo : Edward Hopper, "Compartiment C, voiture 293" (1938)

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