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catherine millet

  • Littérature et pédophilie

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    vanessa-springora.jpg« Gabriel Matzneff, né le 12 août 1936 à Neuilly-sur-Seine, est un écrivain français, connu pour ses écrits et propos sur la pédophilie. » ces quelques lignes qui débutent la fiche Wikipedia de l’écrivain sont on ne peu plus explicites. Si celui-ci a pu pendant des années faire étalage de sa sexualité avec des mineurs/es dans plusieurs de ses ouvrages, un livre témoignage à paraître début janvier 2020 vient accuser l’écrivain aujourd’hui âgé de 83 ans. Dans Le consentement (Grasset) Vanessa Springora qui avait 13 ans lorsqu’elle a été « séduite » par Gabriel Matzneff raconte « la fascination, l’amour qu’elle dit avoir éprouvé, l’emprise, la séparation, la chute, avec crises d’angoisse et épisode psychotique, puis les années pour s’en remettre » (Le Monde).

    En 1990, seule l’écrivaine canadienne Denise Bombardier avait soulevé le problème provoqué par les écrits de Gabriel Matzneff lors de l’émission Apostrophe de Bernard Pivot. L’écrivaine raconte qu’après son intervention elle fut traitée par Philippe Sollers, de « connasse » et la critique littéraire du Monde, Josyane Savigneau, ironisait « Découvrir en 1990 que des jeunes filles de 15 et 16 ans font l'amour à des hommes de trente ans de plus qu'elles, la belle affaire ! ». A l’époque Denise Bombardier fut quand même reçue à l’Elysée par François Mitterrand en guise de soutien.

    On notera que, encore aujourd’hui, Bernard Pivot « une autre époque » ou Josyane Savigneau qui parle de « chasse aux sorcières », prennent la défense de l’écrivain comme l’avaient fait en 1977 de nombreuses personnalités dans une tribune rédigée par lui pour défendre trois hommes accusés de pédophilie. Parmi celles-ci Louis Aragon, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Patrice Chéreau, Gilles Deleuze, André Glucksmann, Catherine Millet. « On l'a laissé faire parce qu'il y avait l'aura de l'artiste. Son œuvre servait de caution. Mais au nom de quoi les dégâts seraient-ils moindres quand la personne qui commet ces actes est un artiste ? » déplore Vanessa Spingora dans BibliObs.

    9782200286439_1_75.jpgEn France la pédophilie n'apparaît pas dans la législation. Les termes utilisés pour décrire l'infraction de relation sexuelle entre un majeur et un enfant sont « atteinte sexuelle sur mineur », « agression sexuelle » , « viol », ou « corruption de mineur » pour l'incitation de mineur à des actes sexuels. Pour Pierre Verdrager, sociologue et auteur de L'enfant interdit - Comment la pédophilie est devenue scandaleuse (Armand Colin), « Le livre de Vanessa Springora va constituer un jalon majeur dans l'histoire de la pédophilie ».

    Hasard de l’actualité au moment même où la polémique prenait de l’ampleur dans les médias on apprenait le décès de actrice Sue Lyon qui incarna au cinéma Lolita personnage du livre tout aussi sulfureux de Vladimir Nabokov.

     

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  • La Sainte Valentine en quelques livres

    « Fifty Shades of Grey pimente la Saint-Valentin » titre Le Figaro qui constate le succès de la trilogie écrite par Erika Leonard : « Au départ, ce n'était qu'un roman. L'histoire d'une jeune fille prude, confrontée aux goûts sado-masochistes de son Pygmalion sexuel. Une histoire d'amour à l'eau de rose, pimentée par quelques scènes « crues ». Mais après des millions d'exemplaires vendus, la trilogie de E.L. James est devenue un véritable phénomène de société. À tel point que la Saint-Valentin n'est plus synonyme de chocolats et de bouquets de fleurs, mais plutôt de cravaches et de menottes. »

    Un phénomène que le site Slate.fr cherche aussi à comprendre « Selon Isabelle Laffont de chez Lattès, qui a acheté les droits pour la France, c'est précisément parce que Fifty Shades n'a rien à voir avec la littérature française érotique (de Sade à Anaïs Nin) qu'elle fonctionne. Pour une fois, il ne s'agirait pas seulement de sexe pur (brrrr, quelle horreur!) mais d'amour et de sexe, et d'une héroïne « moderne ». »

    L’amour et la sexualité s’expriment aussi de façon originale dans le dernier roman de Marie Nimier « Je suis un homme » (Gallimard) où elle se glisse « dans la peau du sexe opposé et raconte à la première personne l'univers masculin... et le machisme. » Dans sa rubrique « Style », Le Monde, parle et publie la photo du cadeau qui l’a accompagné tout au long de l’écriture du livre, un vibromasseur en porcelaine, « offert par une petite-cousine », « jamais utilisé » mais qu’elle préfère garder près d’elle sur son bureau « comme un objet spirituel et protecteur, une source d'inspiration. »

    Les livres évoquant le plaisir et le sexe, écrits par des femmes, ont toujours eu leur place dans le monde de l’édition. Parmi ces auteures, on peut citer Pauline Réage (Dominique Aury), Anaïs Nin, Régine Desforges, et on se souvient encore de Catherine Millet qui en 2005 défraya la chronique avec l’essai autobiographique explicite « La vie sexuelle de Catherine M. » vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires.

    L’expression de la sexualité féminine, on la trouve aussi dans la bande dessinée avec le succès en 2006 de l’album « Fraise et chocolat » d’Aurélia Aurita (Les impressions nouvelles) à propos duquel le magazine A vous Paris a écrit « Ici, le sexe et l’amour sont indissociables et Aurélia n’en fait pas de mystère. En dépit de sa tonalité ludique et joyeuse, le livre pourra surprendre. Pour la première fois dans l’histoire de la bande dessinée européenne, une femme raconte sa sexualité, sans fard. »

    Plus récemment est paru (en 2010) le roman-graphique « Le bleu est une couleur chaude » de Julie Maroh (Glénat) où Emma, jeune lesbienne aux cheveux bleus, fait craquer Clémentine. Une histoire d’amour adaptée pour le grand écran par Abdellatif Kéchiche et qui devrait arriver dans les salles de cinéma en 2013.

    Le romantisme n’a pas d’époque et l’on peut aussi se plonger dans les lettres qu’écrivait Juliette Drouet à Victor Hugo, et dont l’intégralité est progressivement mise en ligne par une équipe de chercheurs, professeurs de lettres et étudiants de l’Université de Rouen. Petit aperçu :

    « Je t'aime, j'ai le cœur plein d'amour et d'extase. Je voudrais être l'ongle de ton petit doigt ou un cheveu de ta tête pour être toujours avec toi et ne vivre que de toi. C'est bien fou et bien bête tout ce que je te dis là. Eh bien dans mon cœur c'est encore plus fou et plus délirant que ce que je te dis ; les mots n'ont aucune signification auprès de la réalité, je t'aime, je t'adore.

    Je baise vos pieds, vos mains et... le reste. Juliette. »

    Fifty Shades of Grey, Saint Valentin, Marie Nimier, sexe, amour, Anaïs Nin, Régine Desforges, Pauline Réage, Catherine Millet, Fraise et chocolat, Aurélia Aurita, Julie Maroh, Le bleu est une couleur chaude, Juliette Drouet, L'origine du monde, Joanna Hiffernan

    Légende photo : le visage de Joanna Hiffernan qui serait - d’après Paris Match – celle dont le corps aurait inspiré à Gustave Courbet le tableau « L’origine du monde ».


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