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bruno le maire

  • Un nouveau gouvernement très littéraire

    Et si l'amour du livre et de l'écriture était le fil rouge de la composition du premier gouvernement d’Emmanuel Macron ? On connaît son goût pour la littérature (blog du 11 mai 2017) mais son équipe gouvernementale comporte quelques écrivains et une éditrice de renom.

    On commencera par le premier ministre Edouard Philippe dont on a appris après sa nomination qu’il était l’auteur, avec Gilles Boyer, de deux livres « L'Heure de vérité » (Flammarion, 2007), et « Dans l'ombre » (Lattès, 2011, collection Romans contemporains). Un thriller politique qui raconte une élection présidentielle minée par les trucages et les trahisons, à l'issue de laquelle le Premier ministre qui allait être nommé se révèle in extremis être un criminel » (source Wikipedia). Le Monde le cite « J’écris des livres ; je l’assume ; c’est mon plaisir. » Edouard Philippe, en tant que maire du Havre est le créateur du festival littéraire « Le Goût des autres » qui en est à sa 6ème édition.

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    François Bayrou, ministre de la Justice, s’est lui aussi illustré dans ce domaine. Homme politique, trois fois ministre de l’Education nationale, il a écrit plus d’une quinzaine d’ouvrages dont quelques-uns consacrés à l’histoire ; « Henri IV, le Roi libre » (Flammarion, 1994), « Henri IV raconté par François Bayrou » (Perrin jeunesse, 1998), et « Ils portaient l'écharpe blanche » qui raconte la saga des Protestants, des Guerres de religion à la Révolution (Grasset, 1998). Particularité il est aussi un personnage de fiction dans le roman de Michel Houellebecq « Soumission » (Flammarion, 2015) dans lequel il est nommé par l’écrivain… Premier ministre (en 2022).

    Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a lui aussi publié quelques livres. Normalien, agrégé de lettres modernes celui dont Le Figaro dit qu’il a « la plume élégante et allègre » est l’auteur de plusieurs livres politiques mais également de « Musique absolue. Une répétition avec Carlos Kleiber » (Gallimard, 2012), un premier roman qui lui vaudra les éloges du milieu littéraire et sera couronné de plusieurs prix.

    Enfin, le poste très exposé de ministre de la Culture a été confié à Françoise Nyssen, directrice des éditions Actes Sud fondées en 1978 par son père Hubert Nyssen. En novembre 2016 France Culture lui consacrait une série d’émissions titrée « Actes sud ou l’histoire d’un engagement ». D’un engagement à l’autre, mais toujours avec une grande idée de la culture.

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  • Connaissez-vous la Revue des deux Mondes ?

    Revue_des_Deux_Mondes_-_1829_-_tome_1.jpgL’indispensable Wikipedia nous dit d’elle : « La Revue des deux Mondes, recueil de la politique, de l'administration et des mœurs fut fondée le 1er août 1829 par Prosper Mauroy et par Pierre de Ségur-Dupeyron, et éditée par François Buloz pour donner une tribune aux idées en France en relation avec les autres pays d'Europe et avec le continent américain en particulier » … « En janvier 1830, son titre devient Revue des deux mondes. Journal des voyages, de l'administration et des mœurs, etc., chez les différents peuples du globe ou archives géographiques et historiques du XIXe siècle ; rédigée par une société de savants, de voyageurs et de littérateurs français et étrangers. ».

    A son propos Europe 1 écrivait il y a peu : « La Revue des deux mondes, l'une des plus anciennes revues d'Europe, s'appuie sur un passé littéraire brillant avec des collaborateurs comme George Sand, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Dumas ou Musset. Désormais tournée surtout vers la politique et l'Histoire, la publication mensuelle fait sa une ce mois-ci sur François Fillon. Ses "dîners du Cercle" accueillent des personnalités politiques éclectiques dont, depuis 2014, Anne Hidalgo, Bruno Le Maire, Valéry Giscard d'Estaing ou encore Emmanuel Macron, selon le site de la revue. » Et ajoutait cette précision : « Après Michel Crépu, parti à la NRF chez Gallimard, sa direction est désormais assurée par Valérie Toranian, ex-patronne de Elle. »

    A l’occasion de son changement de direction en 2015, Le Monde des livres lui consacrait un article dans lequel on pouvait lire : « Depuis cinq mois – depuis, exactement, que Valérie Toranian, ancienne directrice du magazine Elle, en a repris les rênes – la revue modérée a pris un drôle de tournant, servant à ses lecteurs des plats particulièrement relevés avec des interventions ou interviews d’Eric Zemmour, Michel Onfray, Michel Houellebecq, Régis Debray : c’est un festin du pessimisme prophétique et réactionnaire. Les couvertures agressives et la mise en scène des dossiers ne font pas dans la dentelle, ­tirant la revue vers la polémique à l’arme lourde. Le virage inquiète plusieurs ­contributeurs : ils y voient une rupture avec le patrimoine génétique de la revue. Il est vrai que sont désormais aux commandes deux anciens patrons de la presse magazine. Deux, oui, car Franz-Olivier Giesbert, 38.jpegancien directeur du Point, compagnon à la ville de Valérie Toranian et ami du propriétaire de la revue Marc Ladreit de Lacharrière, a fait irruption en mars au comité de rédaction de façon specta­culaire puisque, aux dires de témoins ­effarés, ce fut pour FOG l’occasion d’une grande bouffée d’anti-intellectualisme ponctuée par ce mot d’ordre : « Il faut arrêter d’enculer les mouches. » Lancée dans l’un des lieux les plus policés du débat ­intellectuel français, la phrase a fait sensation. »

    En janvier 2017, la Revue des deux Mondes à fait parler d’elle à propos de la collaboration dans le passé de la femme d’un candidat à l’élection Présidentielle, mais c'est un autre histoire.

    Photo : la couverture du numéro daté de février-mars 2017.

  • La politique et le livre

    Avez-vous lu « Vaincre le chômage » de Jack Lang paru en 2006 (Grasset), « Au cœur de l’Etat » de Michèle Alliot-Marie paru en 2013 chez Plon, ou « Mon combat pour Paris » de Anne Hidalgo paru la même année chez Flammarion ? Peut-être pas, et en tout cas, vous n’aurez pas l’occasion de les relire dans La Pléiade car le livre politique a une durée de vie très courte.

    « Livre programme », « livre règlement de compte », le livre politique est aussi un des produits de l’édition. Non pas sur les politiques mais écrit en principe par des politiques. Publié généralement en période pré-électorale, il permet à celui dont le nom figure sur la couverture d’exprimer ses idées sur la marche du monde et sa vision de l’avenir.

    France Culture qui a consacré en 2013 une émission aux coulisses de ce type d’ouvrages nous en dit plus « Les tirages sont relativement faibles, donc les éditeurs n’y perdent pas grand-chose », explique Henri Trubert, ancien de chez Fayard et co-fondateur de la maison d’édition des Liens qui libèrent. Et puis, « souvent, les hommes politiques en achètent eux-mêmes 1000 ou 1500 exemplaires qu'ils distribuent ensuite ». Jean-François Copé avait d’ailleurs eu recours à ce stratagème pour doper les ventes. Un autre professionnel, anonyme, pointe une raison moins avouable : « pour les éditeurs, il n’est jamais inutile d’avoir un politique de haut niveau dans son carnet d’adresse. C’est peut-être un futur ministre qui signe… ». »

    Pierre Féry, directeur délégué chez Michel Lafon, précise « Le livre politique est en fait conçu comme un produit d’appel, qui va justifier les invitations médiatiques. « C’est un pur alibi marketing. A la rigueur, peu importe ce qu’il y a dedans ».

    Rares sont « les auteurs » dont on reconnaît le talent littéraire dans cet exercice. C’est pourtant ce qui est arrivé à Bruno Le Maire qui écrit sur son blog à la rubrique « écrivain » : « Les lettres occupent une place centrale dans ma vie ». Son livre « Jours de pouvoir » (Gallimard) a été unanimement salué pour ses qualités d’écriture et s’est vendu à plus de 95 000 exemplaires.

    SALONPOL2014.jpgPour les amateurs du genre, on peut signaler « Le petit salon du livre politique » qui a réuni lors de sa 7ème édition au mois de mai au Lieu-dit à Paris « une vingtaine d’éditeurs qui tous, quelle que soit leur taille, consacrent une partie importante de leur catalogue à « la politique », c’est-à-dire à la critique de l’ordre existant et aux moyens d’en sortir » comme le signale le site Contretemps, et la « Journée du livre politique » qui se déroule depuis 23 ans à l’Assemblée nationale. Un prix est décerné à cette occasion, le dernier lauréat est Frédéric Mitterrand pour « La récréation » (Robert Laffont).

    Le site Actualitté présentant les éditions belges Luc Pire titrait au mois de mai « L'édition politique : deux à trois mois de durée de vie pour un livre », pour éviter tout gaspillage on peut peut-être envisager de recycler les livres politiques en livre d’humour (noir). Il suffit de les lire quelques mois ou années après leur parution.

     

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