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  • Les auteurs de bandes dessinées ne sont tous riches

    Qui sont les auteurs de bandes dessinées ? Vivent-ils réellement de leur métier ? On sait que la littérature ne nourrit pas forcément ses auteurs, le milieu de la bande dessinée qui pourtant semble florissant connait le même problème.

    En janvier 2015, avait lieu à Angoulême une première grande manifestation de dessinateurs et de scénaristes, qui voulaient attirer l’attention des éditeurs et des pouvoirs publics sur les difficultés de leur métier.

    Déjà en 2014, le magazine spécialisé Bodoï écrivait : « Le mot court depuis quelques temps dans le milieu de la bande dessinée. Paupérisation. Oui, la grande majorité des auteurs de BD vivent mal, avec des rémunérations en baisse et un marché du numérique incertain qui ne leur promet pas de gagner davantage à court terme. Et le projet d’augmenter les cotisations de retraite complémentaire vient de faire déborder le vase. »

    Parallèlement à cette manifestation exceptionnelle, avec au premier rang de grandes signatures, Pénélope Bagieu, Fabien Velhmann, Lewis Trondheim, se tenaient les Etats généraux de la bande dessinée dont le sujet principal était la nouvelle forme de cotisation régime de retraite complémentaire de retraite des artistes auteurs professionnels applicable à compter de janvier 2016 et équivalente à 8% des revenus. Une charge trop lourde sur des revenus très faibles. Ces Etats généraux ont également proposéque « des cahiers de doléances soient rédigés par branche professionnelle, par localisation, par activité, lors de festivals ou par les organisations représentatives. »
    A quelques mois du prochain festival de la BD d’Angoulême, une nouvelle initiative vient se rajouter à toutes ces actions, avec l’ouverture d’une grande enquête s’adressant à tous, « auteurs débutants ou confirmés, scénaristes, dessinateurs ou coloristes » (Les réponses sont à fournir avant le 15 novembre prochain). Sur le site Actualitté, Benoît Peeters, président des Etats généraux, précise que ces questionnaires anonymes devraient permettre d’obtenir «un véritable état des lieux, qui sera complété par une enquête qualitative, menée à travers des entretiens. Notre intention est de savoir, combien nous sommes d’auteurs, comment ce secteur se compose, quels sont les principaux problèmes recensés – ou les non-problèmes».  

     

    Dessins de James illustrant une pétition envoyée au ministre de la Culture.

  • Pauvres auteurs

     

    « Paupérisation » est le mot le plus entendu au cours du dernier festival de la BD d’Angoulême. Il concerne la situation des auteurs dans ce milieu, mais pas uniquement, comme en témoignent des articles parus récemment.

    Sur le site Rue 89, Claire Richard, écrit « La Société des gens de lettres, qui représente des auteurs littéraires, alerte elle aussi sur une « spirale de paupérisation », liée à « une baisse des tirages, une baisse des à-valoir, et une baisse des pourcentages de droits d’auteur ». Ailleurs, même chose : en Grande-Bretagne, une récente étude indique que le revenu médian des auteurs professionnels (qui tirent plus de 50% de leurs revenus de leur plume) est inférieur au salaire minimum. »

    Actualitté de son côté, publie une tribune qui se fait l’écho de la situation des illustrateurs jeunesse : « Pourquoi l’auteur jeunesse est-il si mal rémunéré ? Il touche en moyenne 6 % de droits d’auteur par livre vendu (dans le cas des albums créés par un binôme, la réalité se situe souvent autour de 2 % ou 3 % chacun), contre 10 % dans les autres domaines (bande dessinée et littérature générale). Aucune raison, ni artistique ni économique, de légitimer cette sous-rémunération. À moins de se pencher sur des habitudes ancrées dans l’histoire, mais complètement obsolètes : les premières artistes de la littérature jeunesse étaient des femmes, qui défendaient peu leurs droits et ne prétendaient pas vivre de leurs écrits. »

    Dans une enquête publiée en décembre 2014, les Inrockuptibles indiquaient « Combien gagnent vraiment les écrivains made in France ? Il existe en réalité un contrat-type relativement encadré. Les romanciers sont rémunérés en droits d’auteur, c’est-à-dire la part qui leur revient sur le prix du livre, selon la règle du “8/10/12”. Cela signifie qu’ils touchent généralement 8 % de droits jusqu’à 10 000 exemplaires vendus, 10 % entre 10 000 et 20 000 exemplaires et 12 % au-delà. Cette échelle de droits peut varier d’une maison d’édition à l’autre, mais aussi en fonction de la notoriété de l’auteur, de ses ventes précédentes ou des prix (Goncourt, Renaudot…) qu’il a reçus. Pour un écrivain confirmé, qui vend autour de 40 000 à 50 000 exemplaires, peut ainsi être pratiqué le “10/12/14” voire plus. »

    Mais voilà, pour vivre de son écriture, il faut vendre des livres. Une stratégie dont personne ne connaît la recette miracle. Il faut dire aussi que le monde de l’édition est devenu une vaste loterie, où les éditeurs publient des auteurs en tout genre avec l’improbable espoir que, dans le lot, quelques-uns vont attirer en masse le public. De là à espérer payer son loyer avec...

    Comme le rappelle Actualitté, Fleur Pellerin, ministre de la Culture, annonçant une fête jeunesse autour de la littérature, a dit : « Les bons résultats économiques de la filière ne doivent pas faire oublier les inquiétudes des créateurs, et j’y suis sensible. » 

    Dessin de James publié par le site Bodoï (2014).

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