Avertir le modérateur

arnaud nourry

  • Les Ressources humaines de l'édition

    Les maisons d’édition sont des entreprises comme les autres, avec leur hiérarchie, leurs employés, leur mode de fonctionnement. Les seuls éléments qui les distinguent sont qu’elles manufacturent un produit culturel aux composantes multiples (et quelquefois aléatoires), le livre.

    La réalisation d’un livre est une mécanique bien huilée, de l’auteur au libraire tout est prévu et chacun a sa place dans ce parcours créatif. Un processus qui ces dernières décennies a été bouleversé par l’arrivée des nouvelles technologies entrainant une profonde réorganisation des services et du rôle de chacun.

    Le 9 janvier 2019 Arnaud Nourry le P-DG d’Hachette Livre, annonce aux salariés du groupe la mise en place du télétravail. Une initiative saluée par les employés et commentée dans Livres Hebdo par Gaëtan Ruffault, directeur des ressources humaines : « Au­-delà du groupe, le télétravail relève d'une demande sociétale. Sa mise en place au sein du groupe Hachette Livre sera facilitée par les nouveaux outils collaboratifs qui favorisent la transversalité et l'échange ».

    Livres Hebdo qui consacre un grand article à « L'édition en mode RH », nous apprend que « à la faveur des concentrations, l'édition française s'est ouverte il y a moins de dix ans à des processus RH. » Vincent Montagne, P-DG de Média-Participations autre grand groupe et président du SNE, explique : « La croissance d'un groupe s'accompagne d'un nombre plus important de normes juridiques. Avant, la direction des ressources humaines était une facilitatrice mise à la disposition des managers. Elle les aidait à mieux rédiger les contrats ou à mieux gérer une embauche ou un départ. Aujourd'hui, la DRH encadre ces normes juridiques et propose plus de services aux salariés. »

    Une prise en compte des situations individuelles et collectives « dans un milieu fermé où tout se sait » et qui pourrait éviter les récentes manifestations des salariés des éditions de La Martinière qui en début d’année protestaient contre leurs conditions d'intégration au sein de Média-Participations.

    Livres Hebdo : « Hachette Livre va lancer le 1er juin une première phase de test afin de recueillir, courant 2019, les retours d'expérience qui serviront à la rédaction d'une charte adaptée aux spécificités des métiers. Le groupe entend ainsi « répondre à une demande liée à l'équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle ».

    Hachette Livre, Média Participations, La Martinière, Arnaud Nourry, Vincent Montagne, Gaëtan Ruffault, SNE,

  • Une rentrée littéraire mitigée

    La rentrée littéraire 2018 s’annonçait plutôt bien, les listes de nouveaux livres fleurissaient dans les journaux et les spécialistes signalaient la présence de nombreux premiers romans, une aubaine pour le secteur.

    Et puis début septembre paraît un article dans Le Monde titré : « Edition : un automne inquiet » (payant). Son auteure Nicole Vulser évoquait « Le rachat probable d'Editis, numéro deux du secteur, par Vivendi. L'absorption en cours du groupe La Martinière par Média Participations. L'existence de France Loisirs menacée... » et concluait ainsi son énumération « Les éditeurs et les auteurs ont quelques raisons de se sentir malmenés. »

    Suit ensuite une polémique à propos de la présence dans la présélection du prix Renaudot 2018 d’un livre publié et diffusé exclusivement sur Amazon, distributeur bête noire à juste titre des libraires. La présélection définitive le 3 octobre devrait peut-être apaiser les esprits.

    Quelques jours après on reparle livres dans les médias avec Destin français, le dernier ouvrage d’Eric Zemmour, gros vendeur, mais également auteur de déclarations fracassantes dont la teneur dérange, au point de se voir décommandé son passage dans On n’est pas couché de Laurent Ruquier. Emission prescriptrice s’il en est.

    Le milieu de l’édition aurait pu retrouver un semblant de sérénité si la publication du livre illustré « Petit Paul » de Bastien Vivès par les éditions Glénat, n’avait pas mis le feu aux poudres. Taxé par une pétition sur Internet de « pédopornographique » cet album est le premier d’une collection dirigée par Céline Tran, ex-actrice de films pornographiques. La campagne demande le retrait du livre, les chaînes Gibert et Cultura l’ont déjà fait, et relance en parallèle le débat sur la liberté d’expression.

    Une rentrée morose donc, pimentée de quelques éclats médiatiques, en attendant les résultats des prix qui nous permettront de retourner à la lecture et de retrouver un peu d’optimisme comme Nicole Vulser qui termine son article du Monde ainsi : « Mais si les grandes manœuvres capitalistiques et le jeu des concentrations dans l'édition sont sources d'inquiétudes, elles disent aussi que ce secteur demeure assez solide, et porteur d'avenir. Ainsi, Arnaud Lagardère, gérant commandité du groupe Lagardère, a désigné l'édition comme le pôle promis à un bel avenir. Et surtout celui avec les magasins d'aéroports dans lequel il est urgent d'investir. C'est la raison pour laquelle un essaim de banquiers bourdonne dans le bureau d'Arnaud Nourry, le PDG d'Hachette Livre, en lui proposant tout un catalogue de bonnes affaires... »

    Photo : Document Actualitté.com

    dossier-rentrée-littéraire.jpg

  • Mobilisation pour les éditeurs et auteurs turcs

    Conséquence de l’échec du putsch mené mi-juillet par une partie de l’armée en Turquie, la répression du pouvoir en place s’abat sur de nombreux secteurs de la vie démocratique, télévisions, agences de presse, magazines, radios, et notamment l’édition.

    Dans un communiqué, l'Association des éditeurs turcs déplore : "La fermeture de 29 maisons d'édition et la fermeture potentielle d'autres comporte le risque de violations des droits de l'homme, l'étouffement des libertés de pensée et d'expression, mais également des pertes financières et morales irréparables".

    Asli Erdogan, Actes Sud, Livres Hebdo, BibliObs, Arnaud Nourry, Cécile Oumhani, Hachette, Markus Dohle, Penguin Random House, Carolyn Reidy, Simon & Schuster, Iris Tupholme, HarperCollinsParmi les autres informations qui nous sont parvenues de Turquie, il y a également celle de l’arrestation de la romancière Asli Erdogan (photo), suite à l'interdiction du journal turc Ozgur Gundem, dont elle est membre du conseil d'administration. Dans BibliObs son amie Cécile Oumhani témoigne : « Je suis inquiète pour elle. Active militante des droits de l’homme, journaliste engagée, elle n’a jamais ménagé ses efforts ni hésité à prendre de risques pour s’exprimer, défendre ses idées. Je me souviens d’elle, il y a presque deux ans, lorsqu’elle a pris fait et cause pour la ville de Kobané, encerclée par les troupes de Daesh, organisant une marche et un rassemblement d’écrivains à la frontière turco-syrienne. Il y a seulement quelques mois, elle écrivait un texte terrible dans lequel elle dénonçait les exactions contre les Kurdes dans l’est de son pays". En France, Asli Erdogan est publiée par Actes Sud.

    Autre mobilisation, la pétition initiée par dix P-DG des plus grands groupes d'édition mondiaux, parmi lesquels Arnaud Nourry d'Hachette, Markus Dohle de Penguin Random House, Carolyn Reidy de Simon & Schuster ou Iris Tupholme de HarperCollins Canada, qui l’ont déjà signée.

    "Si nous reconnaissons le droit aux autorités turques d'enquêter et poursuivre les auteurs de ce coup d'Etat manqué, le cercle des éditeurs du PEN International appelle la Turquie à ne pas se servir de l'état d'urgence pour restreindre la liberté d'expression et à s'assurer que les auteurs et maisons d'édition sont en mesure d'exercer librement leur activité".

    Dans The Bookseller cité par Livres Hebdo, Arnaud Nourry met directement en cause le président turc, Recep Tayyip Erdogan, à l'origine de la purge dans le pays depuis le coup d'Etat : « De quoi Erdogan peut-il bien avoir peur ? Des livres ? Des opinions ? Des opinions contraires ? Croit-il que les auteurs, les éditeurs, ont joué un rôle dans le coup d'Etat ? Ou saisit-il l'occasion de réprimer ce qui reste de liberté d'expression dans son pays ? Quelle que soit sa motivation, la Turquie doit annuler le décret si elle veut encore être considérée comme une démocratie ».

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu