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  • De la rémunération des pages lues

    Le géant du e-commerce Amazon, qui faut-il le rappeler, vend aussi bien des rasoirs électriques, des jeux vidéos, des vêtements, ou des livres, propose un nouveau modèle de vente. Après avoir offert les frais d’envois de livres, annoncé un système de livraison par drones ou par ses voisins avec le service « On my way », Amazon déclare vouloir rétribuer ses auteurs au nombre de pages lues sur ses livres numériques, ou plus exactement sur son lecteur Kindle.

    Le site Numerama sous le titre «Révolution culturelle », explique : « A partir du 1er juillet, Amazon va implémenter une nouvelle formule de son service Kindle Unlimited qui ne rémunérera plus les auteurs au nombre de livres qu'ils ont vendu, mais au nombre de pages que les lecteurs ont effectivement lues.
    "Nous faisons cette bascule en réponse à de formidables retours que nous avons eu d'auteurs qui nous ont demandé de mieux aligner les paiements sur la longueur des livres, et combien lisaient les lecteurs", écrit Amazon. "Sous le nouveau programme, vous serez payé(e) pour chaque page que les clients individuels lisent de votre livre, la première fois qu'ils le lisent ".»

    Olivier Ertzscheid,animateur du blog Affordance.info (qui se réjouit d’avoir annoncé cette évolution dès 2009 et 2010 à ses étudiants), évoque l'article de The Atlantic qui détaille le projet : « Pour la plupart des auteurs qui publient directement via Amazon, ce nouveau modèle pourrait changer les priorités et les choix d'écriture : un système avec une rémunération à la page lue est un système qui récompense et valorise en priorité les "cliffhangers" et le suspens au-dessus de tous les autres "genres". Il récompense tout ce qui garde les lecteurs accrochés" ("hooked"), même si cela se fait au détriment de l'emphase, de la nuance et de la complexité. »

    Le mode d’écriture changera mais pas de quoi faire fortune surtout si vous écrivez de gros pavés bien indigestes. Le maître de conférences en sciences de l'informationprécise : « Il pourrait surtout redéfinir entièrement notre rapport à  la lecture comme activité socio-culturelle "intime" ou "personnelle" et son volet "partageable". L'article de The Atlantic prend comme exemple celui du livre "Le capital au 21ème siècle" de Thomas Piketty, pavé de 700 pages, en rappelant (nombre d'articles de presse s'en étaient fait l'écho) le paradoxe qui faisait de ce livre un best-seller en termes de vente mais dont les statistiques de lecture disponibles (notamment par le biais du Kindle) indiquaient que la plupart des gens n'en avaient lu que quelques pages. Nous avons, en tant que lecteurs, tous déjà achetés des livres qui nous sont tombés des mains après quelques pages. »

    Pour l’instant les journaux ne précisent pas le montant touché par les auteurs pour chaque page lue, mais comme l’écrit Le Monde : « Amazon continue d’innover dans l’industrie littéraire et risque de faire à nouveau grincer des dents. », ce qu’un commentaire de l’article résume ainsi « Amazon veut juste payer les auteurs moins cher. Le reste est de l'emballage marketing. »

     

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  • En automne on lit aussi

    C’est la rentrée, littéraire, forcément, avec 607 romans annoncés et quelques informations parues dans la presse au cas ou vous auriez décroché pendant les vacances.

    Paris Match consacre une série de trois articles aux nouveaux auteurs de cette rentrée et écrit « Rituel aussi attendu que cruel, la rentrée littéraire va déverser cette année plus de 600 livres sur les tables des libraires. Il y aura Beigbeder, Carrère, Nothomb… et les autres. Les jeux semblent faits d’avance. A la remorque des grands, ils seront pourtant 75 petits nouveaux à tenter leur chance. » Parmi eux le journal présente les ouvrages de Fréderika Amalia Finkelstein « L’oubli » (Gallimard), Karine Silla « Monsieur est mort » ( Plon), Adrien Bosc « Constellation » (Stock), Gautier Battistella « Un jeune homme prometteur » (Grasset), Aurélien Delsaux « Madame Diogène » (Albin Michel), Clotilde Coquet « Parle-moi du sous-sol » (Fayard), Sophie Brocas « Le cercle des femmes » (Julliard).


    Dans Le Figaro Blandine Rinkel constate que avec l’ebook « le livre devient un objet de consommation come les autres » en raison de la possibilité d’analyser les modes de lecture des lecteurs : « En soi, ces informations paraissent inoffensives, voire divertissantes. Mais ne pourraient-elles pas servir des fins plus discutables si, comme l'annoncent les promoteurs de livres numériques majeurs (Amazon, Apple, Google) depuis quelques années, les grands data centers venaient à signer des partenariats avec les maisons d'édition ? Que se passerait-il, en d'autres termes, si cette collecte d‘informations précises sur notre intimité de lecteur étaient exploités commercialement ? »

    C’est au tour des éditeurs Japonais de dénoncer les pratiques commerciales d’Amazon. Le Parisien explique : « Déjà accusé de méthodes commerciales agressives aux Etats-Unis et en Europe, Amazon est désormais sous le feu des critiques dans l'archipel nippon après la révélation d'un système de notation sur quatre niveaux qui conditionne la visibilité sur le site. Selon plusieurs sources, il consiste notamment à évaluer les maisons d'édition à l'aune de la commission payée au groupe de Jeff Bezos pour vendre leurs livres sur son vaste site Internet.
    Les plus généreuses ont droit à une active campagne de publicité de leurs œuvres, avec des répercussions directes sur les ventes, ont expliqué cette semaine à l'AFP des éditeurs basés à Tokyo, confirmant des informations du quotidien Asahi Shimbun. »


    Le Monde s’intéresse à l’écriture manuelle fortement concurrencée par les claviers d’ordinateurs et s’interroge « L'écriture manuscrite serait-elle donc vouée à disparaître ? "Nos voyages au Japon, aux Etats-Unis et en Scandinavie, où la papeterie s'est beaucoup modernisée, nous poussent à croire le contraire", répond Maxime Brenon, cofondateur de la jeune marque Papier Tigre. Lancé il y a seulement trois ans en France, ce créateur de cahiers et de cartes de correspondance comptabilise déjà 300 points de vente dans 25 pays. Rejoints par d'autres petites sociétés françaises (Monsieur Papier, Le Papier fait de la résistance ou La Petite Papeterie française), ces militants de l'écriture manuelle ne s'opposent pas pour autant à la communication digitale. »

    S-Tesson.jpgDernière nouvelle de l’été, on a appris fin août dans L’Express que l’écrivain Sylvain Tesson qui séjournait à Chamonix a glissé du haut du toit du châlet de Jean-Christophe Rufin qui l’hébergeait. Victime d'un sévère traumatisme crânien et d'un enfoncement de la cage thoracique il a été plongé dans un coma artificiel par les médecins. Le magazine rappelle que Sylvain Tesson est adepte de stégophilie (escalade à mains nues de monuments ou de façades de bâtiments). Il venait de remettre aux éditions Guérin, spécialistes des récits de montagne, un manuscrit qui raconte un voyage en side-car sur les traces de la retraite de Russie. Le livre doit paraître en janvier 2015.

    L'écrivain-voyageur Sylvain Tesson, 42 ans, hospitalisé à Annecy après une grave chute il y a une dizaine de jours, est sorti du coma et doit être transféré lundi à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, a-t-on appris auprès des éditions Guérin. Christophe Raylat, directeur opérationnel des éditions Guérin a déclaré à l'AFP "Il s'est bien réveillé avec peu de séquelles pour le moment. Il a toute sa tête et est capable de s'exprimer. La situation est très positive".

  • L’Europe du livre

    A quelques jours des élections européennes, trois fédérations d’éditeurs, d’écrivains et de libraires se mobilisent pour la protection des livres et des auteurs en publiant un manifeste.

    Dans le texte de présentation, ils écrivent « les livres font circuler les idées, nourrissent l’esprit et favorisent la liberté d’expression. Les citoyens européens doivent avoir accès aux livres afin de comprendre les valeurs démocratiques européennes, indispensables à notre projet commun. Les livres permettent aux citoyens de participer à la vie économique, sociale, culturelle et politique. C’est particulièrement vrai dans un univers numérique qui privilégie la connaissance et requiert de plus en plus de talents de lecture. »

    Livre-Europe.jpg

    Après avoir noté que « Le livre est également le premier secteur culturel en termes économiques, avec un chiffre d’affaires de 22,5 milliards d’euros en 2013 et le lancement de 535 000 nouveautés chaque année », le manifeste détaille 4 priorités :

     « Des conditions équilibrées et équitables en matière de droit d’auteur, bénéficiant tant aux créateurs de livres qu’à leurs lecteurs. Il est nécessaire d’encourager l’innovation en soutenant la propriété intellectuelle et le droit d’auteur, afin que les auteurs puissent créer et être rémunérés, les éditeurs investir, et les libraires garantir la plus grande diversité de l’offre à leurs lecteurs.

    Un régime fiscal favorisant la diffusion des livres. Un livre est un livre, quel que soit son format. Nous demandons à ce que l’on puisse appliquer le taux de TVA le plus bas à tous les livres indépendamment de leur format, de leur mode de diffusion ou de livraison.

    Des règles de concurrence équilibrées sur internet qui garantissent l’interopérabilité  des offres et la promotion de l’offre légale. Nous demandons à ce que tous les acteurs puissent concourir équitablement sur ce marché pour contribuer à un renforcement du choix pour les lecteurs européens. Il devrait y avoir une interopérabilité généralisée entre les formats permettant aux consommateurs de pouvoir lire n’importe quel ouvrage sur l’appareil de leur choix. En outre, les lecteurs devraient avoir la liberté de choisir où acheter leurs livres numériques et ne pas être captifs de l’écosystème d’un fournisseur.

    Réaffirmer l’importance des livres dans les politiques d’enseignement. Le livre reste le meilleur accès à l’éducation. Face au défi de l’illettrisme, il est essentiel de mettre des livres, quels que soient leurs supports, dans les mains de chaque enfant. Toute réforme des systèmes d’éducation en Europe doit prendre en compte le rôle fondamental des ressources pédagogiques éditées professionnellement, garantie de qualité pour les élèves et de liberté de choix pour les enseignants. »

    France Info qui relaie l’information précise que les fédérations demandent que la TVA sur le livre numérique soit uniformisée et à un taux réduit au niveau européen, et qu'elle soit la même que celle du livre classique considéré lui comme un bien culturel. La journaliste Marie-Christine Vallet explique « à partir du 1er janvier 2015, un livre acheté sur Internet sera taxé au taux du pays du lecteur-acheteur. Actuellement, la TVA appliquée est celle du pays d'établissement du vendeur (libraire, Amazon...). Ainsi Amazon, établie au Luxembourg vend au taux de 3% à l'acheteur d'un autre pays. En 2015, la taxe ne sera plus de 3% pour cet acheteur ; si par exemple celui qui a commandé le livre numérique est belge, le taux sera celui de la Belgique, soit 21%. »


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