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alain finkielkraut

  • Bob Dylan, prix Nobel, littérature, et fausses notes

    1507-1.jpgC’est Alain Finkielkraut, membre de l’Académie Française qui le proclame « "Bob Dylan n'a rien à voir avec la littérature". L’attribution prix Nobel de littérature à Robert Zimmerman, plus connu sous le pseudonyme de Bob Dylan, a provoqué toutes sortes de réactions. Pour ou contre ce choix ne lasse pas indifférent. Petit florilège :

    « En Suède aussi, les temps changent. Pas en bien. L'Académie Nobel décrit Dylan comme « un grand poète dans la pure tradition anglophone » et l'inscrit, rien moins, en filiation directe d'Homère, se souvenant vaguement que L'Iliade et L'Odyssée – que les académiciens n'ont pas dû beaucoup lire – est divisée en chants. Tout est culture, mais tout n'est pas art. Le Nobel de littérature à Bob Dylan, c'est un peu comme si on décernait le Nobel de physique aux Bogdanov. » Michel Schneider dans Le Point.

    « Bob Dylan était « un super choix ». « D'Orphée à Faiz, chanson et poésie ont toujours été intimement liées. Dylan est le brillant héritier de la tradition des bardes», Salman Rushdie sur Twitter, faisant référence au héros grec et au poète pakistanais Faiz Ahmed Faiz ( cité par Le Figaro ).

    « Le nom de Dylan a souvent été cité ces dernières années, mais ça a toujours été pris pour un canular », « Lui attribuer le Nobel de littérature, c'est affligeant », « J'aime Dylan, mais il n'a pas d'œuvre. Je trouve que l'Académie suédoise se ridiculise. C'est méprisant pour les écrivains », Pierre Assouline cité par Le Point dans l’article « Dylan nobélisé : le triomphe d'un barde ou l'assassinat de la littérature ? Le Figaro relaie également l’indignation de Pierre Assouline.

    « Si Dylan n’est pas officiellement étiqueté comme “écrivain”, s’il n’est pas un “professionnel de la profession” comme dirait Godard, nous le considérons nous comme un écrivain à part entière dès lors que le statut d’écrivain se mérite à partir du moment où l’on crée avec les mots, où l’on joue avec la langue, où l’on suscite images, pensée, émotions avec le verbe. Dylan a porté le verbe plus haut, plus fort et plus beau que n’importe quel chanteur et que beaucoup de plumitifs labellisés “écrivains”. », Serge Kaganski dans Les Inrocks.

    Parmi les « soutiens » on notera aussi celui de Hughes Aufray, auteur, compositeur et interprète, sollicité par l’AFP et cité par Actualitté: « Beaucoup de poètes n’avaient pas compris le signal envoyé par Rimbaud, qui à 20 ans avait jeté son carnet de notes et était parti sur les routes, créant cette philosophie de la poésie vécue. C’est dans cette tradition que s’inscrit Dylan : il a redonné de la vie à la poésie qui était, à mon avis, en train de mourir, trop élitiste. »

    A l’instant où je rédige ces quelques lignes, Bob Dylan, lui, n’a toujours pas réagi à l’honneur qui lui était fait.

    Photo : Bob Dylan vu aussi par la bande dessinée (éditions Delcourt).

  • Etre ou ne pas être Charlie : les polémiques

    Le 11 janvier 2015, étiez-vous dans la rue avec 4,5 millions de concitoyens parce que vous vouliez partager avec eux l’émotion suscitée par la fusillade à Charlie Hebdo, ou parce qu’il faisait exceptionnellement beau ce jour-là ?

    Todd.jpgEmmanuel Todd, présenté par la presse comme historien, démographe, sociologue, géographe, anthropologue, ou « l’un des intellectuels français majeurs de la fin du XXe et du début du XXIe siècles » (L’Obs), sait lui pourquoi toutes ces personnes, toutes tendances confondues, ont défilé ensemble. Il en donne l’explication dans son livre « Qui est Charlie ? » qualifiant la journée du 11 janvier d’imposture, et estimant que la manifestation était xénophobe (France Inter).

    Comme toute controverse qui se respecte, nombre de personnalités publiques s’y sont engouffrées, du premier ministre Manuel Valls, à Laurent Joffrin de Libération, en passant par Alain Finkielkraut, de l’Académie française. Sans doute pour le plus grand bonheur de l’éditeur, le Seuil, et de ses attachées de presse.

    Bougrab.jpgLa polémique soulevée par le livre d’Olivier Todd à peine épuisée, un nouveau titre va sûrement rallumer l’intérêt des médias (et des lecteurs ?). C’est celui que publie Jeannette Bougrab : « Maudites » (Albin Michel). Si le livre est un « réquisitoire contre ceux qui demeurent silencieux face aux violations les plus criantes des droits des femmes », toute la promotion est faite sur les passages où l’auteur évoque la relation amoureuse qu’elle entretenait avec Charb, assassiné le 7 janvier, et que la famille du directeur de Charlie Hebdo conteste. Jeannette  Bougrab ne veut pas être présentée comme le « plan cul » de Charb, une formule imagée qu’elle utilise dans un entretien à Paris Match.

    J'ai déjà recensé quelques titres d’ouvrages qui vont paraître sur les évènements de janvier 2015. Le Figaro de son côté en recensait récemment plus de quarante, rajoutant : « Rarement, la république des lettres a travaillé aussi rapidement. Forcément, parmi ce que l'on pourra trouver en librairie, il y aura des livres bâclés qui veulent surfer sur l'onde de choc provoqué par la mort d'une grande partie de l'équipe du journal satirique. Heureusement, on trouvera aussi des analyses de haute tenue et des témoignages qui apportent quelque chose. »

    Les deux titres précités n’en font peut-être pas partie.

    A voir, l’analyse du livre d’Emmanuel Todd par Jean Birnbaum du Monde.

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    Photo France Bleu.

  • Gilles Jacob, Finkie, Jean-Claude Pirotte, et californismes / Revue de presse.

    Fin du festival de Cannes 2014 et surtout fin de parcours pour Gilles Jacob, qui en fut l’âme à partir de 1977.  Dans Bibli Obs,  Jérôme Garcin lui consacre un article qui se termine ainsi :

    412s7T79pPL._SY445_.jpg« Mais celui dont la vie a passé comme un rêve regardera plutôt, en plongée, tous ses amis disparus du septième art, Fellini, Truffaut, Kurosawa, Malle, Chabrol, Pialat, Antonioni, Angelopoulos, Ruiz, Marker ou Resnais. Et, en bas des marches, comme voilé par le soleil couchant de la Côte d'Azur, il apercevra un garçon de 18 ans qui, en 1948, après la projection du « Macbeth » d'Orson Welles, avait conduit André Gide dans sa Citroën et avait osé lui confier : « Plus tard, j'aimerais écrire. » « C'est bien », lui avait répondu l'auteur de « Paludes ». Le jeune homme, c'était Gilles Jacob, qui a consacré ses printemps à l'image et qui offre son hiver à l'écrit. Faut-il y voir une morale ? C'est dans les livres que, désormais, ce grand cinéphile couvert de pellicules se fait son cinéma - dont Cocteau disait que c'est «une encre de lumière ». En quittant Cannes, l'auteur prolifique du « Fantôme du capitaine» et des «Pas perdus», actuellement plongé dans la rédaction d'un roman-fresque, tourne la page, au sens propre. Pour mieux la remplir. »

     
    10365928_692222460823673_901693848739455080_n.jpgA peine élu à l’Académie française, le penseur éruptique désormais immortel Alain Finkielkraut s’en prend au « genre mineur » que représente pour lui la bande dessinée. En guise de réponse, Yann Lindingre, rédacteur en chef du mensuel Fluide Glacial, (photo) lance sur les réseaux sociaux l’opération « #UneBDpourFinkie » et lui propose comme lecture « Maus » d'Art Spiegelman. Une initiative relayée par d’autres auteurs qui lui conseillent, contre l’exclusion et la discrimination culturelle, des livres majeurs tels que « La Ballade de la mer salée », d'Hugo Pratt, « Le Transperceneige », de Lob et Rochette, « Le Cri du peuple », de Tardi, « La Marche du crabe », d'Arthur de Pins, « Blotch », de Blutch, « La Folle du Sacré-Coeur », de Jodorowski et Moebius, « Passions », de Daniel Goossens, ou encore « Un Monde de différence », de Howard Cruse, comme le raconte Le Point.


    Toujours dans Le Nouvel Observateur, un article nous apprend la disparition de « Jean-Claude Pirotte, le poète en cavale ». David Caviglioli écrit « Lui qui avait publié quelques petites choses poétiques à la fin de la vingtaine, il se remet à écrire. Il pioche dans sa lourde mémoire, celle de son enfance triste et de sa cavale vagabonde. Il publie « Journal moche » puis « la Pluie à Rethel », son premier roman. Il est d’ailleurs étonnant qu’on le présente toujours comme un poète, lui qui a écrit « Cavale », « Boléro » ou « Absent de Bagdad ». Des récits éblouissants de style et de liberté, où la vie est décrite comme « un chemin vicinal oublié » qu’on parcourt les mains dans les poches, sans trop savoir où on va. Ses livres sont obsessionnels, mélancoliques, indécis, comme un poète qui a pris la tangente. »

     
    A part ça, les mots « vapoter », « cyberattaque », « Selfie », « hashtag », font leur entrée dans l’édition 2015 du dictionnaire Le Petit Robert. Pour justifier l’arrivée des deux derniers, Alain Rey, linguiste et conseiller éditorial aux éditions Le Robert, précise que pour eux on ne peut pas parler d'anglicismes ou d'américanismes, car il s'agit de « californismes », « la plupart [ de ces mots venant ] de la côte ouest des États-Unis, en particulier de la Silicon Valley » (source Le Figaro).

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