Avertir le modérateur

agnès b

  • Luxe, littérature, et volupté ?

    En 2004, le groupe de luxe LVMH de Bernard Arnault venait au secours de la petite maison d’édition Arléa créée en 1986 par Catherine et Jean-Claude Guillebaud et Claude Pinganaud. L'éditeur était alors au bord du dépôt de bilan. Présenté par Livres hebdo comme un sauvetage qui s’inscrivait « dans les opérations de mécénat culturel utiles à l’image du  groupe », Arléa rejoignait Radio Classique, ainsi que la revue Connaissance des Arts, et fait encore aujourd’hui partie du groupe Les Échos, pôle médias de LVMH.

    En 2013, c’est Madrigall (anagramme de Gallimard) holding qui possède les maisons d’édition Gallimard et Flammarion qui voit Bernard Arnault entrer dans son capital à hauteur de 9,5%. Un rapprochement qu’Antoine Gallimard justifie ainsi « Bernard Arnault s'est montré très sensible aux questions patrimoniales et aux questions de marque. Il apprécie l'histoire de la maison et notre côté familial. Ce qui l'a intéressé, c'est que Gallimard est une marque nationale et mondiale, dans le cadre d'une entreprise familiale qui investit sur le long terme »

    lvmh,arléa,les inrocks,prada,agnès b,la quinzaine littéraire,josé bové,madrigall,gallimard,bernard arnault,christian bourgoisRécemment l’hebdomadaire Les Inrocks soulignait les investissements de l’industrie du luxe dans le  monde de l’édition et s’interrogeait « Tendance lourde ou effet de mode, que cache cette nouvelle forme de mécénat ? ». Sans vraiment apporter de réponse – l’article avance que LVMH serait intéressé par le patrimoine immobilier de Gallimard -  l’auteure cite aussi les exemples de la marque Prada ou d’Agnès b. (ex-épouse de l’éditeur Christian Bourgois 10/18) et qui vient de contribuer au sauvetage de La Quinzaine littéraire, la revue fondée par Maurice Nadeau. Le journal précise « Pour accompagner le lancement de sa nouvelle version le 1er novembre, Agnès b. a créé des sacs aux couleurs de la publication et organisé une exposition dans l’une de ses boutiques. »

    Il est vrai que, à voir autant de capitaux affluer dans un secteur en pleine mutation technologique et en grande difficulté économique, on peut se demander quelle en sera la contrepartie ? Le livre n’est pas une marchandise peut-on écrire paraphrasant le titre célèbre de José Bové, mais on peut aussi rappeler que si les grands groupes de luxe jouent les mécènes ils sont loin d’être des philanthropes.


Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu