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actuabd.com

  • Lu ça et là ce mois-ci

    Lu dans Le Monde : « Un Livre des psaumes datant de 1640, le premier ouvrage imprimé sur ce qui allait devenir le territoire américain, est devenu mardi 26 novembre le livre le plus cher jamais vendu aux enchères. L'ouvrage à la reliure dorée, avec ses pages brunies, a été adjugé à 14 millions de dollars à New York. Il y avait à l'origine 1 700 copies de cette édition, imprimée par des pèlerins à Cambridge, dans la colonie de la baie du Massachusetts, dont il ne reste plus aujourd'hui que onze exemplaires. Ces puritains, profondément religieux, avaient rédigé une nouvelle traduction de la version en hébreu du Livre des psaumes, plus fidèle selon eux que celle qu'ils avaient apportée d'Angleterre quelques années plus tôt.» 14 millions de dollars, il faut espérer qu’il en existera bientôt une version en livre de poche.

    En France, Nabilla lit son livre « Allô ! Non mais allô, quoi !» (éditions Privé) sur D8, en Italie la littérature fait son entrée dans la téléréalité. La chaîne Rai 3 diffuse « Masterpiece » un concours dans lequel les candidats doivent lire leur textes devant un jury d’écrivains. Le vainqueur de l’émission verra son roman publié à 100 000 exemplaires. L’Express explique « Quelque 5000 manuscrits ont été envoyés en un mois à la Rai qui a retenu 70 candidats avec des profils très différents: un adolescent, un serveur, un handicapé, une ouvrière, un retraité, etc. Chaque écrivain en herbe sera d'abord interrogé sur son projet de roman par un jury, composé des écrivains Giancarlo De Cataldo, Andrea de Carlo et Taiye Selasi. Chaque émission inclura une "épreuve en immersion" - une soirée dansante avec des anciens, un mariage -, expérience que les candidats seront chargés ensuite de retranscrire. Les textes, écrits en direct, seront visibles par les téléspectateurs au fur et à mesure de leur composition. Et comme dans tout "talent show" qui se respecte, une salle du "confessionnal" permettra aux aspirants écrivains d'exprimer leurs angoisses, sans oublier le "repêchage" des candidats par le public ou par le jury, jusqu'à la finale prévue fin février. »

     

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    Campagne d’affiches dans les abribus parisiens pour l’arrivée en France de ComiXology plateforme de diffusion de bandes dessinées et mangas sous forme numérique. Au mois de juillet 2013 le site ActuaBD.com parlait déjà de ComiXology, signalant au passage que deux français passionnés, Alexandre Castanheira et Victorien Minière, étaient les maîtres d’œuvre de cette implantation. Ceux-ci évoquaient les qualités de leur application : « Le point fort du lecteur de ComiXology, c’est la "Vue Guidée". Un système qui permet de lire la BD case à case, sans que pour autant le travail de l’artiste soit jamais retouché. A chaque instant, le lecteur peut revenir à la page entière ou, comme c’est souvent le cas dans les mangas, sur la double page de lecture. 40 personnes sont dédiées à cette fonctionnalité, dont certaines francophones pour s’adapter à la spécificité de la lecture en français. Effectivement, la lecture en est facile et très intuitive. » 

    « Lifting 2.0 pour Georges Perec » titre Le Point qui annonce une version numérique augmentée du livre « Les choses » et l’hebdomadaire nous apprend que  « Les choses, c'est le premier roman de Georges Perec. Un Perec pas encore connu, pas encore chevelu. C'est aussi le prix Renaudot de 1965. Et Les choses est un livre qui, depuis presque un demi-siècle, s'écoule, toutes éditions "papier" confondues, au rythme de 30 000 à 40 000 exemplaires en France par an. » L’auteure de l’article, Julie Malaure, le décrit  ainsi « L'esthétique choisie, néo-rétro, crée une passerelle entre les années 1960 et les nôtres, 2010. Sur un air de swing un peu jazzy, les choses convoitées s'animent derrière une vitrine. La vitrine, c'est la trouvaille qui fait la subtilité de cette édition. Le texte est séparé de l'image. On peut dissocier les deux ou les "lire" ensemble. Toutes les trois pages, sur les 130 du livre, on peut choisir d'actionner ou pas, par effleurement, une animation. »

     

  • Cinéma et bande dessinée

    Les bonnes bandes dessinées font-elles de bons films ? Ce n’est toujours pas le cas. Si les albums peuvent s’apparenter à des « story boards » prêts à filmer, le passage de l’image fixe à l’image animée ou réelle n’est pas toujours évidente. A la télévision, les séries passent mieux, Titeuf, le petit Nicolas, Kid Paddle, etc. Même si le résultat est très éloigné de l’œuvre graphique de l’auteur, Zep, Sempé, ou Midam, le public est au rendez-vous.

    josephine-le-film-penelope-bagieu-5.jpgPourtant, ces derniers temps le cinéma a allègrement puisé dans la bd, tous genres confondus : « Boule & Bill », « Superman », « Joséphine », « La vie d’Adèle », « Largo Winch », et bientôt Benoît Brisefer. Et avec des résultats mitigés, les aventures du Lieutenant Blueberry, d’Iznogoug, ou de Lucky Luke, en vrai, n’ont pas vraiment rempli les salles de cinéma.

    En revanche, un succès en salle fait le bonheur de l’éditeur comme l’indique au Figaro Gauthier Van Meerbeeck, le directeur éditorial des Éditions Le Lombard : «Nos deux expériences les plus récentes, L'élève Ducobu et Les Schtroumpfs se sont avérées très positives grâce au succès des films. Les ventes ont d'emblée enregistré une augmentation respective de 69% et de 29%. Une hausse qui a touché tant le fond - déjà existant - que les nouveautés que l'on a sorties dans la foulée ». 

    Mais il ne suffit pas de confier un roman écrit par exemple par un ex-dessinateur, Jean Teulé, à un réalisateur lui aussi ex-dessinateur, Patrice Leconte, pour que la réussite soit au rendez-vous, comme ce fut le cas en 2012 avec Le magasin des suicides. Le cinéaste déclarait en effet au site ActuaBD « Transposer une BD au cinéma peut être un piège. »

    Alors pourquoi aller puiser dans cet univers dessiné des histoires ? En 2010, le producteur Marc de Pontavice expliquait « Il y a une grosse dizaine d’années, le cinéma s’est intéressé à la bande dessinée pour les sujets, les univers qu’il pouvait proposer : c’est normal, parce que la nouvelle génération de producteurs, qui était assez marquée par la bande dessinée, avait envie d’aller chercher des sujets de ce côté-là. La démarche nouvelle, avec Sfar mais aussi Riad Sattouf ou Marjane Satrapi, c’est d’aller vers la BD non pas pour chercher des sujets, mais des auteurs-réalisateurs. J’ai voulu faire ça pour plusieurs raisons : la première, c’est parce que je trouve que les auteurs de bande dessinée nous emmènent en général beaucoup plus loin que les auteurs de cinéma : ils ont une liberté, un sens visuel, créatif qui est très fort. Et surtout, ce sont des auteurs qui, contrairement aux romanciers, dans leur art, savent raconter des histoires et mettre en scène des personnages en composant une image. C’est déjà un pas qu’ils font vers le cinéma. » (source ActuaBD.com)

    C’est ainsi que Marjane Satrapi a connu le succès avec « Persepolis », version animée de ses quatre livres parus à l’Association. Cela lui a permis de récidiver avec un second film d’animation « Poulet aux prunes » tiré d’un de ses livres, mais pour son troisième long métrage « La bande des Jotas », un échec commercial, elle est passée au cinéma traditionnel.

    Par ailleurs, le résultat des adaptations d’albums n’est pas toujours du goût des auteurs. Ainsi Albert Uderzo, un des deux créateurs avec René Goscinny des aventures d’Astérix, n’aime pas  « Mission Cléopâtre », le film d’Alain Chabat qui a quand même fait 14 559 509 entrées (Wikipedia), jugeant dans Le Parisien que le film est « beaucoup trop éloigné de la bande dessinée originale ! ».

    Plus sybilline est la réaction de Julie Maroh, dessinatrice de « le bleu est une couleur chaude » (Glénat) dont Abdellatif Kechiche a tiré « La vie d’Adèle », palme d’or au dernier festival de Cannes. Sur son blog elle écrit « Quoi qu’il en soit je ne vois pas le film comme une trahison. La notion de trahison dans le cadre de l’adaptation d’une œuvre est à revoir, selon moi. Car j’ai perdu le contrôle sur mon livre dès l’instant où je l’ai donné à lire. C’est un objet destiné à être manipulé, ressenti, interprété.
    Kechiche est passé par le même processus que tout autre lecteur, chacun y a pénétré et s’y est identifié de manière unique. En tant qu’auteure je perds totalement le contrôle sur cela, et il ne me serait jamais venu à l’idée d’attendre de Kechiche d’aller dans une direction ou une autre avec ce film, parce qu’il s’est approprié – humainement, émotionnellement – un récit qui ne m’appartient déjà plus dès l’instant où il figure dans les rayons d’une librairie. »

    La bande dessinée, longtemps considérée comme une lecture pour les enfants, a mis longtemps a être reconnue comme un art à part entière, le 9ème, un art tout particulier qui permet à chacun de se faire son propre cinéma.

    Photo, l'affiche du film (raté) adapté des albums de Pénélope Bagieu (Delcourt).

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