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  • Ollivier Pourriol : Fallait pas y aller*

    Pourriol.jpgDans le monde de l’édition tout fait livre. Ainsi un assez jeune agrégé de philosophie (41 ans), Ollivier Pourriol, qui pendant un an a essayé de parler de livres dans le cadre de l’émission Le grand journal de Canal +, vient de publier un livre de 354 pages qui raconte comment il a vécu cette expérience pendant laquelle il s’est retrouvé « dispersé, psychiquement atomisé, désintégré ».

    Les relations entre le livre et la télévision sont suffisamment complexes pour fournir la matière d’un ouvrage sur les coulisses de ce média alimenté aussi bien par les Théma d’Arte que par les Anges de la réalité.

    Au final, ON/OFF paru aux éditions Nil est qualifié de bon livre par la presse, de « féroce » par Le Monde », et son auteur fait la tournée des rédactions pour en parler.  

    Dans un entretien accordé au Monde il explique « Je voulais faire du journalisme d'idées à l'anglo-saxonne, à la manière de Malcom Gladwell dans le New Yorker. Parfois, j'y suis parvenu comme avec Nicolas Sarkozy. Après lui avoir passé un extrait d'Ordet, de Carl Theodor Dreyer, il a essayé de donner une leçon d'esthétique qui fut très instructive. On aurait pu continuer de la sorte avec d'autres invités politiques en les faisant réagir à une scène de leur film préféré car, cela est révélateur de leur psyché et de ce qui les anime. De même, quand Marine Le Pen me récite "Charogne" de Baudelaire, j'estime que l'on appris des choses sur elle, moi le premier. Les rares fois où j'ai réussi à faire cela, c'était un peu en contrebande. »

    Une ambition et une hauteur de vue vite contrecarrée par le déroulé et le rythme de l’émission destinée avant tout à distraire le téléspectateur de Canal+. On lui conseille aussi de « humer » les livres plutôt que de les lire, de ne pas parler de poètes morts, et de ne lire que le début, la page 100 et la fin des livres pour gagner du temps, car si on peut citer le contenu de la page 100, on démontre avoir lu le livre.

    Au cours d’un « chat » organisé par le quotidien 20 minutes Ollivier Pourriol répond au sujet de la télévision « Le «milieu télévisuel» n’est que le miroir de nos désirs. Il capte l’air du temps, ou ce qu’il suppose tel. Il ne faut attendre aucune prise de conscience du milieu, mais on peut espérer des initiatives individuelles, et un changement perceptible des attentes de ce qu’on appelle «le public». La télé n’invente rien, elle ne fait que suivre et amplifier. »

    La morale de cette épisode, on la trouve dans Les Inrocks où Jean-Marie Durand écrit à propos de ON/OFF « Dévoré par la télé de divertissement, Ollivier Pourriol fut une potiche comme une autre, ni plus ni moins. Exilé de la scène, il sait désormais que si les philosophes créent des concepts, les musiciens des affects, les écrivains des “percepts” (cf. Deleuze), la télé “crée de l’inepte”. Son passage au Grand Journal lui aura au moins fourni le plaisir d’une formule qui fait mouche… et pschitt. »

    * le titre de cette chronique est emprunté à une chanson « philosophique » de Patrick Sébastien, animateur télé qui lui aussi vient de publier un livre, « Comme un poisson dans l’herbe » (Xo).

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