Avertir le modérateur

Livre

  • Amazon encore sur la sellette

    Principale concurrence des libraires la société Amazon peut aussi générer des problèmes pour ceux qui l’utilisent comme le raconte le quotidien 20 minutes : « Pour Jean-Christophe Caurette, les ennuis ont commencé cet été. Sans aucun préavis, la maison d’édition qu’il dirige en Alsace se retrouve privée de son compte Amazon. Impossible de vendre le moindre livre via la célèbre plateforme d’e-commerce. « Du jour au lendemain, vous perdez 15 % de votre chiffre d’affaires (CA) total, explique le dirigeant. Et pour certains pays comme l’Espagne ou l’Italie, les ventes via Amazon représentent jusqu’à 50 % de notre CA ».

    Mails et courriers n’y auront rien fait jusqu’à ce qu’’intervienne directement Mounir Mahjoubi, Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances chargé du Numérique. Une mauvaise publicité pour cette plateforme qui bannit nombre d’entreprises sans fournir d’explications, et surtout dans une période où son activité atteint son plus haut niveau avec les fêtes de fin d’année.

    Amazon.jpg

    Une image publique souvent mise en cause comme lors de la dernière sélection du prix Renaudot avec un auteur vilipendé car diffusé sur Amazon, ou au Québec avec la participation financière de dernière minute d’Amazon au Prix Littéraire des Collégiens. Un scandale, qui a entrainé une vive réaction du milieu de l’édition contre « l’emprise d’Amazon ». L’article d’Actualitté qui relate cet incident évoque aussi un autre problème et rappelle que début novembre : « un conflit explosait entre les libraires de livres anciens et rares, à travers toute la planète et la filiale spécialisée d’Amazon, Abebooks. Marquant leur solidarité avec des confrères, que la plateforme voulait exclure, les libraires ont décidé d’un boycott généralisé, qui a conduit Abebooks/Amazon à revoir sa position. »

    Amazon s’est imposé dans le monde en quelques années, avec il est vrai des méthodes entrepreneuriales agressives ou peu orthodoxes – longtemps sans payer d’impôts en France. Si son existence ne semble plus pouvoir être mise en cause, sa coexistence avec d’autres secteurs culturels ou commerciaux devrait être de toute urgence drastiquement régulée, dans l’intérêt de chacun.

  • Le salon du livre jeunesse de Montreuil 2018

    Le Salon du livre jeunesse de Montreuil ouvre ses portes pour la 34ème fois du 28 novembre au 3 décembre 2018. Ses organisateurs écrivent à son propos « Avec 6 000 nouveautés par an, la jeunesse est l’un des secteurs de l’édition parmi les plus variés et créatifs. Émanant de tous les genres qui composent cette constellation des imaginaires, chaque œuvre rivalise d’inventivité, d’intelligence et d’exigence pour offrir aux plus jeunes des histoires de qualité tant du côté de la narration que de l’illustration. » Une vision idéaliste tempérée par BFMTV qui annonce un secteur en « léger repli » (6,58%) mais constate que « Entre novembre 2017 et octobre dernier, 83,3 millions d'exemplaires de livres pour la jeunesse et de BD jeunesse se sont écoulés en France.»

    On le voit l’événement est l’occasion pour la presse de s’intéresser, une fois par an, au métier d’illustratrice/teur qui fait toute l’originalité de ces ouvrages. France Info consacre un reportage à Nathalie Choux, illustratrice depuis 20 ans à qui les organisateurs du salon ont donné carte blanche pour l’exposition « Nos futurs ». De son métier elle dit « Moi j'ai la chance de vivre de mon métier, de mes illustrations pour les albums, et je suis soumise à des contraintes éditoriales que j'accepte avec plaisir. Ça ne m'empêche pas de me sentir libre d'exprimer ma vision personnelle ».

    La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse sera également présente avec un stand et ses représentants participeront aux diverses tables rondes. Parmi les thèmes abordés la baisse des revenus engendrées par la baisse des droits d’auteur et les réformes sur les cotisations sociales qui rendent leurs conditions de vie et de travail de plus en plus précaires.

    Si le thème général est les futurs, l’événement n’esquive pas le présent et notamment la présence controversée d’un stand Mc Donald's qui présente des livres co-édités avec Hachette. Les organisateurs s’en expliquent franchement : « Notre attachement à ce que l’excellence de la littérature de jeunesse soit à la portée de tous, nous a conduit à ne jamais rien entreprendre qui puisse paraître mépriser la pratique culturelle de quiconque. Les familles qui viendront au Salon et dont le premier contact avec le livre a été celui offert à leurs enfants dans un Mc Do sont bien plus nombreuses qu’on le pense. »

    Trois jurys de jeunes lecteurs remettent les prix « Pépites Salon du livre et de la presse jeunesse – France Télévisions » dans les catégories « album », « roman » et « bande dessinée », et un jury de professionnels remet « La Pépite d’Or », grand prix de la littérature jeunesse qui récompense la meilleure création de l’année. Cette année il a été attribué à l'album Le Tracas de Blaise de Raphaële Frier et Julien Martinière, publié par L'Atelier du poisson soluble.

    Capture d’écran 2018-11-21 à 18.00.30.png

  • Les livres à la demande - Suite.

    La vidéo est impressionnante (à voir ci-dessous). On y voit la chaîne de fabrication d’un livre à 1 exemplaire aussitôt expédié à son commanditaire. Le reportage date de 2017 et qualifie l’initiative de « première mondiale » mais ce système de production qui permet aux éditeurs de gérer leur stock et leur distribution se généralise depuis quelques temps déjà chez les imprimeurs.

    Hachette, Interforum-Editis, Livres hebdo,Dupli-Print, Benoît Aubin, Lightning Source, Ritméo,

    Livres hebdo sous le titre « L’hégémonie du court tirage » a consacré un dossier à cette tendance et constate « Les imprimeurs de livres sont méritants : confrontés à un marché en érosion constante, les plus dynamiques d'entre eux continuent d'investir et de se concurrencer sans faiblir, pour le plus grand bonheur des éditeurs. »

    L’impression numérique à jet d’encre a révolutionné le secteur du livre en assouplissant son mode de production et l’on voit fleurir sur Internet nombre de sociétés qui proposent ce service aux particuliers.

    Dans la vidéo précitée Eric Lévy, Directeur général d’Interforum-Editis, explique : « Dans l’économie du livre on oscille entre trop d’exemplaires ou pas assez d’exemplaires parce que on ne sait jamais à l’avance combien d’exemplaires vont être consommés ou demandés par les lecteurs. Là, on a la capacité de s’adapter au flux des commandes et non plus d’avoir une sorte de flux poussé où on essaie de vendre des produits que l’on aurait fabriqués, là on fabrique ce que l’on a vendu. »

    Ce mode d'impression désormais courant dans la fabrication des ouvrages, en dehors des beaux-livres, se complète aujourd'hui d'une automatisation dans la gestion des stocks et de la distribution. Ainsi l’imprimeur Dupli-print utilise depuis peu le programme Ritméo « conçu par Hachette pour les réimpressions de livres à rotation lente, qui automatise les commandes de quelques dizaines d'exemplaires » et permet « de contrôler au plus juste les stocks, en évitant toute rupture d'approvisionnement. » Un outil au service du groupe Hachette mais qui sera progressivement proposé aux éditeurs tiers, annonce Benoît Aubin, directeur chargé des relations et des services éditeurs de la branche services et opération d'Hachette. Ritméo complète l'impression à l'unité ou très court tirage de Lightning Source du centre logistique implanté à Maurepas (Yvelines) depuis des années (Lire blog du 10.2.2014).

    Editeurs, auteurs autoédités, libraires, espèrent que ce nouveau mode de production redynamisera un secteur en pleins bouleversements, mais avec pour objectif commun, la satisfaction du lecteur.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu