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Librairies

  • "Gilets jaunes" et ventes de livres pour Noël

    Magasins barricadés, moyens de livraisons bloqués, les manifestations sociales dites des « gilets jaunes » ne pouvaient pas plus mal tomber à quelques jours des fêtes de fin d’année, période privilégiée d’achats de cadeaux et… de livres.

    « Les Gilets jaunes ont-ils vraiment un impact sur les ventes de livres ? » s’interroge le site Actualitté qui constate cependant que les situations sont beaucoup plus complexes et contrastées selon les régions.

    Livres Hebdo lui aussi consacre un grand article aux conséquences des événements et détaille les baisses d’activités : « l'institut GFK annonce des ventes (en volume) en recul de 9,5% pour la semaine 46 (du 12 au 18 novembre intégrant le premier samedi de mobilisation), de 8,4% pour la semaine 47 (du 19 au 25 novembre) et de 3,2% pour la semaine 48 (du 26 novembre au 2 décembre). »

    Même constat pour Le Figaro qui écrit « Le monde de l'édition fait grise mine. Les éditeurs pensent ne pas pouvoir rattraper les ventes perdues d'ici à la fin de l'année. Xavier Moni président du syndicat de la libraire française (SLF) anticipe que l'année 2018 sera négative. Ce sera la troisième année de suite dans le rouge, ce qui est rare pour un marché de l'édition qui résiste plutôt bien. »

    La crise des "gilets jaunes" est une "catastrophe" pour l'économie a déclaré Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, et Europe 1 indique que la Fédération du commerce et de la distribution, estime les pertes à 20-25%, tout en notant que le quatrième samedi noir consécutif va faire basculer la facture largement au-delà du milliard d'euros de chiffres d'affaires perdu. »

    On pourrait penser cette situation en ligne favorise les ventes en lignes, or les blocages perturbent aussi bien l’approvisionnement que les livraisons à domicile. Actualitté note à ce sujet : « Amazon, pourrait toutefois ne pas sortir indemne non plus des mobilisations. À Bouc-Bel-Air, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, des Gilets jaunes sont ainsi venus prêter main-forte à des salariés de la multinationale en grève pour dénoncer les conditions de travail, en pointant du doigt les avantages fiscaux dont elle bénéficie. »

    Paradoxe de cette situation, celle-ci suscitera certainement plus tard nombre de livres d’analyses et de témoignages qui alimenteront l'activité des éditeurs et des libraires. Comme ce fut le cas cette année avec abondance d’ouvrages commémorant les 50 ans des événements de… Mai 1968.

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    Photo : Serge Joncour photo diffusée sur son compte Twitter (vient de publier Chien-loup, Flammarion).

  • Amazon encore sur la sellette

    Principale concurrence des libraires la société Amazon peut aussi générer des problèmes pour ceux qui l’utilisent comme le raconte le quotidien 20 minutes : « Pour Jean-Christophe Caurette, les ennuis ont commencé cet été. Sans aucun préavis, la maison d’édition qu’il dirige en Alsace se retrouve privée de son compte Amazon. Impossible de vendre le moindre livre via la célèbre plateforme d’e-commerce. « Du jour au lendemain, vous perdez 15 % de votre chiffre d’affaires (CA) total, explique le dirigeant. Et pour certains pays comme l’Espagne ou l’Italie, les ventes via Amazon représentent jusqu’à 50 % de notre CA ».

    Mails et courriers n’y auront rien fait jusqu’à ce qu’’intervienne directement Mounir Mahjoubi, Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances chargé du Numérique. Une mauvaise publicité pour cette plateforme qui bannit nombre d’entreprises sans fournir d’explications, et surtout dans une période où son activité atteint son plus haut niveau avec les fêtes de fin d’année.

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    Une image publique souvent mise en cause comme lors de la dernière sélection du prix Renaudot avec un auteur vilipendé car diffusé sur Amazon, ou au Québec avec la participation financière de dernière minute d’Amazon au Prix Littéraire des Collégiens. Un scandale, qui a entrainé une vive réaction du milieu de l’édition contre « l’emprise d’Amazon ». L’article d’Actualitté qui relate cet incident évoque aussi un autre problème et rappelle que début novembre : « un conflit explosait entre les libraires de livres anciens et rares, à travers toute la planète et la filiale spécialisée d’Amazon, Abebooks. Marquant leur solidarité avec des confrères, que la plateforme voulait exclure, les libraires ont décidé d’un boycott généralisé, qui a conduit Abebooks/Amazon à revoir sa position. »

    Amazon s’est imposé dans le monde en quelques années, avec il est vrai des méthodes entrepreneuriales agressives ou peu orthodoxes – longtemps sans payer d’impôts en France. Si son existence ne semble plus pouvoir être mise en cause, sa coexistence avec d’autres secteurs culturels ou commerciaux devrait être de toute urgence drastiquement régulée, dans l’intérêt de chacun.

  • Les livres à la demande - Suite.

    La vidéo est impressionnante (à voir ci-dessous). On y voit la chaîne de fabrication d’un livre à 1 exemplaire aussitôt expédié à son commanditaire. Le reportage date de 2017 et qualifie l’initiative de « première mondiale » mais ce système de production qui permet aux éditeurs de gérer leur stock et leur distribution se généralise depuis quelques temps déjà chez les imprimeurs.

    Hachette, Interforum-Editis, Livres hebdo,Dupli-Print, Benoît Aubin, Lightning Source, Ritméo,

    Livres hebdo sous le titre « L’hégémonie du court tirage » a consacré un dossier à cette tendance et constate « Les imprimeurs de livres sont méritants : confrontés à un marché en érosion constante, les plus dynamiques d'entre eux continuent d'investir et de se concurrencer sans faiblir, pour le plus grand bonheur des éditeurs. »

    L’impression numérique à jet d’encre a révolutionné le secteur du livre en assouplissant son mode de production et l’on voit fleurir sur Internet nombre de sociétés qui proposent ce service aux particuliers.

    Dans la vidéo précitée Eric Lévy, Directeur général d’Interforum-Editis, explique : « Dans l’économie du livre on oscille entre trop d’exemplaires ou pas assez d’exemplaires parce que on ne sait jamais à l’avance combien d’exemplaires vont être consommés ou demandés par les lecteurs. Là, on a la capacité de s’adapter au flux des commandes et non plus d’avoir une sorte de flux poussé où on essaie de vendre des produits que l’on aurait fabriqués, là on fabrique ce que l’on a vendu. »

    Ce mode d'impression désormais courant dans la fabrication des ouvrages, en dehors des beaux-livres, se complète aujourd'hui d'une automatisation dans la gestion des stocks et de la distribution. Ainsi l’imprimeur Dupli-print utilise depuis peu le programme Ritméo « conçu par Hachette pour les réimpressions de livres à rotation lente, qui automatise les commandes de quelques dizaines d'exemplaires » et permet « de contrôler au plus juste les stocks, en évitant toute rupture d'approvisionnement. » Un outil au service du groupe Hachette mais qui sera progressivement proposé aux éditeurs tiers, annonce Benoît Aubin, directeur chargé des relations et des services éditeurs de la branche services et opération d'Hachette. Ritméo complète l'impression à l'unité ou très court tirage de Lightning Source du centre logistique implanté à Maurepas (Yvelines) depuis des années (Lire blog du 10.2.2014).

    Editeurs, auteurs autoédités, libraires, espèrent que ce nouveau mode de production redynamisera un secteur en pleins bouleversements, mais avec pour objectif commun, la satisfaction du lecteur.

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