Avertir le modérateur

Marque Pages - Page 3

  • Bibliothèques en mouvements

    Les bibliothèques sont des lieux de vie très importants pour les livres. Généralistes ou spécialisées elles font parler d’elles, en France et en Turquie.

    Les bibliothèques service public

    La date de remise du rapport d’Eric Orsenna et Noël Corbin, inspecteur général des affaires culturelles « Voyage au pays des bibliothèques - Lire aujourd'hui, lire demain », prévue pour le 20 décembre est reportée à une date ultérieure qui sera précisée par le Ministère de la Culture. Actualitté écrivait à ce sujet avant cette annonce : « Au Sénat, à l'occasion des discussions sur le budget de la Culture, la ministre de la Culture Françoise Nyssen a déjà pu annoncer un objectif ambitieux : celui « d'accompagner environ 200 bibliothèques dans une transformation en maisons de service public, soit 2 par département ». Et cette transformation suppose l'extension des horaires d'ouverture des établissements. Rappelons que le gouvernement a d'ores et déjà annoncé une hausse de la Dotation Générale de Décentralisation, qui peut être utilisée par les collectivités pour subvenir aux dépenses de fonctionnement liées à l'ouverture des bibliothèques. D'une enveloppe de 80,4 millions € à l'origine, elle a été augmentée de 8 millions € par arbitrage présidentiel. »

    La bibliothèque des femmes ne déménage plus

    La Mairie de Paris qui voulait faire déménager la bibliothèque Marguerite-Durand, spécialisée dans l'histoire des femmes et du féminisme, y a finalement renoncé devant la forte mobilisation d’un collectif « Sauvons la BMD » et du personnel. Elle restera donc dans ces locaux actuels en attendant une autre solution et des moyens pour pouvoir mieux fonctionner.

    La Turquie détruit des livres

    Le magazine Les Inrocks nous apprend que le pouvoir Turc à fait retirer 139 141 ouvrages des 1 142 bibliothèques du pays. Tous ces livres sont « accusés de faire de près ou de loin la "propagande" de Fethullah Gülen », opposant du président Recep Tayyip Erdogan qui l’accuse d’avoir fomenté en 2016 la tentative de coup d’Etat contre lui. Les Inrocks racontent que les titres visés font l’objet d’une « enquête » mais : « les livres incriminés dépassent largement le cas de Gülen : des ouvrages de Spinoza, d'Albert Camus ou encore de Louis Althusser ont été accusés de faire la propagande du terrorisme et interdits dans la foulée, selon la Deutsche Welle. Camus, écrivain et philosophe français, est notamment accusé par le pouvoir turc d'avoir fait partie d'une "organisation terroriste". »

    Best-sellers et choix des bibliothécaires

    Enfin, à lire sur le site Revue Critique de fixxion française contemporaine, une très intéressante et dense contribution de Cécile Rabot (Université Paris-Nanterre), qui analyse le statut et la place des best-sellers dans les prêts des bibliothèques. Elle écrit : « Amenées à juger la production éditoriale pour décider de leurs acquisitions et à mettre en avant certains ouvrages et certains auteurs à travers leurs actions de valorisation et d’animation, les bibliothèques de lecture publique font partie de l’institution littéraire, qui, comme l’a analysé Jacques Dubois, participe à constituer, renforcer ou perpétuer la valeur des œuvres et des écrivains. »

    Revue Critique de fixxion française contemporaine, Cécile Rabot, Spinoza, bibliothèque Marguerite-Durand, Françoise Nyssen, Eric Orsenna, Noël Corbin, Fethullah Gülen, Recep Tayyip Erdogan, Albert Camus,

  • Le nouveau nouveau Magazine Littéraire

    Alors que l’on apprend que le constructeur Renault investit dans la presse en rachetant 40% de Sophia Publications appartenant à Claude Perdriel (fondateur du Nouvel Observateur), ce dernier reprend de son côté la main sur Le Magazine Littéraire.

    I-Autre-77200_360x440-le-nouveau-magazine-litteraire-n-1-janvier-2018.net.jpgCelui-ci devient Le nouveau Magazine Littéraire et amorce un virage éditorial puisqu’il « ambitionne d’être la revue des débats de la « gauche hors les murs ». Son directeur de la rédaction l’essayiste Raphaël Glucksmann déclare au Monde : « Il n’y a pas de ligne politique partisane, on veut offrir un regard littéraire sur le monde, raconter les idées, la société, les débats idéologiques ». Parmi les premiers signataires on note les noms de Najat Vallaud-Belkacem, Edgar Morin, Leïla Slimani, Michel Onfray.

    Une énieme aventure pour ce titre créé en 1966, et qui a changé plusieurs fois de propriétaire. Il a été détenu notamment par le groupe Artémis de François Pinault qui l'a cédé en 2014 à un groupe de quatre d’actionnaires, parmi lesquels Claude Perdriel. Le journaliste Maurice Szafran initiera une nouvelle formule pour relancer les ventes (voir chronique du 21 janvier 2015), en vain. Claude Perdriel est toujours l’actionnaire majoritaire du magazine désormais dissocié de Sophia Publications même s'il souhaite ouvrir le capital à d’autres investisseurs comme Xavier Niel (Free, copropriétaire du Monde).

    Plusieurs écrivains ont assuré la rédaction-en-chef de ce bi-mensuel à l’origine, devenu mensuel. On peut citer François Bott, Jean-Jacques Brochier, Laurent Nunez, José Macé-Caron, et Pierre Assouline.

    Sur Facebook Raphaël Glucksmann écrit :

    (…) « Pendant de trop longues années, le déclinisme et la tentation du repli, la pusillanimité et la xénophobie ont dominé notre paysage idéologique, médiatique et culturel. Comme si le pays de Voltaire et Montaigne, Gary et Rabelais, La Boétie et Zola s’était résigné à n’être que la nation de Maurras et de Maistre.

    Pendant de trop longues années, les « intellectuels-(dits)-de-gauche » - ce qui semblait être un pléonasme il y a quarante ans est presque devenu une contradiction - ont cédé du terrain, abandonné des mots, délaissé des causes, opté pour le nombrilisme et le défaitisme, le nombrilisme défaitiste et le défaitisme nombriliste.

    Il est temps de tourner cette page!

    Temps de retrouver le goût de l’aventure intellectuelle collective.

    Temps de renouer avec l’empathie qui est au cœur de la création littéraire comme de l’esprit humaniste.

    Temps de revisiter, repenser, réinventer l’Europe et le monde.

    Temps de "donner un sens plus pur aux mots de la tribu », la mission éminemment politique que Mallarmé assignait à la poésie.

    Temps, aussi, d’en finir avec les esprits douaniers, de décloisonner la littérature, le cinéma, la philosophie, la sociologie, l’Histoire, la géographie ou la science.

    Temps, enfin, de construire une maison commune. (…) »

    Dans les kiosques depuis le 18 décembre 2018.

    En photo, la couverture du Nouveau Magazine littéraire, on est loin des flamboyantes couvertures dessinées autrefois par le peintre Raymond Moretti.­­

  • Jean d'Ormesson, les comités de lecture, et les librairies à sauver

    Jean D’Ormesson

    Les livres de Jean d’Ormesson sont immortels. Depuis la disparition de l’écrivain les ventes de ses livres s ‘arrachent en librairie nous apprend Le Figaro : « Les lecteurs s'arrachent ses livres au point où certaines librairies ont connu une rupture de stocks. Le défi à relever pour la maison d'édition Gallimard est la réimpression de la Pléiade, la prestigieuse collection de la littérature, plus longue avec sa couverture dont la tranche est dorée à l'or fin, de l'or véritable, 23 carats. Les 1500 exemplaires déjà imprimés ont tous été écoulés. « Tout est parti de manière fulgurante », explique-t-on chez Gallimard. Face aux nombreuses commandes, près de 9000 exemplaires ont été réimprimés. Ce qui est tout simplement exceptionnel. Un certain nombre devrait arriver dans les rayons le 20 décembre. » Le quotidien cite aussi les autres titres que le public redécouvre, « Au plaisir de Dieu » (Folio), « Le Guide des égarés » et « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle  dont 50.000 exemplaires ont été réimprimés.

    Vidéo du passage de Jean d’Ormesson dans l’émission On n'est pas couché du 16 janvier 2016 :

    dOrmesson ONPC.png

    Comités de lecture

    France Inter relate l’histoire de deux amis qui se sont demandés « Le prix Nobel de Littérature de 1985, Claude Simon, auteur d'une trentaine de livres, serait-il publié aujourd'hui s'il envoyait ses épreuves à une maison d'édition ? » Pour obtenir un début de réponse ils ont envoyé anonymement une cinquantaine de pages du livre « Le Palace » (éditions de Minuit) à 19 éditeurs différents. Résultat, sept éditeurs n’ont pas répondu, douze ont refusé, et l’un des éditeurs a commenté : « Les phrases sont sans fin, faisant perdre totalement le fil au lecteur. Le récit ne permet pas l'élaboration d'une véritable intrigue avec des personnages bien dessinés ».

    Sauvons les librairies

    Début décembre, Le Monde a publié une tribune collective (article payant) signée par les responsables de grandes enseignes, Furet du Nord, Decitre, Albin Michel, Gibert Jeune, Tschann, Gibert Joseph, demandant aux pouvoirs publics de soutenir par des mesures fiscales la librairie « facteur déterminant pour l’animation de nos villes ». Dans cet appel ils écrivent : « Pourtant, nos librairies sont aujourd’hui très vulnérables et nombre d’entre elles se battent pour survivre. Elles sont touchées par la digitalisation de l’édition. Elles subissent de plein fouet la concurrence déloyale des plates-formes numériques dont il a été montré que leur taux d’imposition est limité à 5,2 % en moyenne. Elles sont frappées par la polarisation de la population et du territoire, notamment par la désertification et la paupérisation de certaines régions ainsi que de nombreuses villes moyennes. »

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu