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Marque Pages - Page 3

  • Personnages de fiction et réalité juridique

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    A qui appartiennent les personnages d’Arsène Lupin, Nestor Burma, Sherlock Holmes, ou même, Superman, le Petit Nicolas, Astérix & Obélix, Tintin ? La question peut paraître incongrue tant leur existence semble liée à leurs aventures et à l’imagination de leur auteur.

    La Chronique Juridique d’Emmanuel Pierrat* dans Livres Hebdo nous apprend que tout ceci n’est pas si simple et qu’il y a certaines précautions à prendre car les personnages peuvent connaître des aventures hors du cadre éditorial ; adaptations cinématographies, jeux vidéos, sans oublier les produits dérivés, une deuxième vie commerciale dont il faut protéger juridiquement les revenus.

    Et même devant les tribunaux on s’y perd un peu. Emmanuel Pierrat cite le cas d’Angélique, la célèbre Marquise des Anges, dont la Cour d’appel de Paris a conclu en 2000 que "le prénom d’Angélique est un prénom connu sur le territoire français, (…) il a été porté par divers personnages de l’histoire et déjà utilisé dans des œuvres littéraires ; (…) en adoptant pour désigner l’héroïne des romans ce prénom, les auteurs n’ont manifesté aucun effort de création, ne procédant qu’à un choix parmi des prénoms connus". Un an plus tard la Cour d’appel de Versailles estime au contraire que le titre Angélique "correspond à celui d’une héroïne précise, parfaitement reconnaissable et sur l’identité de laquelle le public ne peut se tromper », et reconnaît à l’auteure Anne Golon l’originalité de son personnage.

    Malgré tout, il semble recommandé aux auteurs de faire preuve de singularité dans leur création aussi bien dans le sujet, le récit, que dans les prénoms et noms donnés aux personnages. A l’auteur et à l’éditeur de stipuler dans les contrats tous les droits d’exploitation extérieur au livre comme le recommande l’auteur de l’article.

    Autre conseil donné par l’avocat, le dépôt en tant que marque du personnage et de son nom. Une protection explique-t-il qui « se révèle avantageuse dans les cas où le personnage risque de tomber dans le domaine public. Le droit des marques possède en effet l’immense intérêt d’assurer une protection éternelle, sans risque de domaine public, si les dépôts sont renouvelés en temps et en heure. »

     

    *Emmanuel Pierrat, est un avocat parisien spécialisé dans le droit de l’édition. Il est également l’auteur de très nombreux ouvrages spécialisés ou de fiction. Ses chroniques de Livres Hebdo ont été réunies dans Le Droit de l'édition appliqué, deux volumes parus en 2000 et 2002 (Éditions du Cercle de la librairie).

    Photo : le personnage de Bécassine créé par l'écrivaine Jacqueline Rivière et le dessinateur Émile-Joseph-Porphyre Pinchon. Le film tiré de ses 27 albums (Gautier Languereau) réalisé par Bruno Podalydès est actuellement diffusé dans les salles de cinéma.

  • Que serait l'édition sans eux ?

    Que seraient les auteurs sans leurs droits ?

    Soutien important pour les auteurs qui revendiquent actuellement pour défendre leur statut, celui de Joan Sfar, dessinateur de bandes dessinées, écrivain, cinéaste. "L'histoire se rappellera que c'est une ministre éditrice qui a massacré les écrivains", a-t-il déclaré, relayant de façon polémique le combat des auteurs qui s'inquiètent de la hausse de la CSG (passée de 7,5% à 9,2% depuis le 1er janvier), ce qui entraîne une perte de leur pouvoir d'achat, et de la réforme à venir du régime social des auteurs qui prévoit notamment la suppression de l'Agessa, leur système de sécurité sociale. Les auteurs s’inquiètent également de la future refonte de leur système de retraite. Il faut se rappeler que 41% des auteurs professionnels gagnent moins que le SMIC.

    Que seraient les éditeurs sans leurs auteurs ?

    On connaît les difficultés (mais pas toujours) d’un auteur à convaincre un éditeur à s’intéresser à son manuscrit, dans le cas de R.J. Ellory, la persévérance (et du talent) semble être la meilleure solution. A l’occasion de la publication de son dernier roman Les fantômes de Manhattan (éditions Sonatine), l’écrivain à succès raconte sur Europe 1 son parcours du combattant : "J'en suis à 14 romans publiés en anglais", rappelle-t-il. "Et j'ai dû en écrire 45 en tout". "J'ai reçu plus de 600 lettres de refus de plus de 100 éditeurs", poursuit-il. "Fin des années 1980, début des années 1990, ma femme et moi avons dépensé 12.000 euros en frais de poste et de photocopie". Dans son bureau il avait affiche cette phrase de l’homme politique anglais Benjamin Disraeli, : « Pour réussir, il ne faut jamais dévier de son but ».

    Que seraient les auteurs et les éditeurs sans les librairies ?

    Ce blog a déjà évoqué les multiples vies de la librairie Le Bleuet nichée au cœur du village de Banon (04150) et aujourd’hui il faut signaler que depuis le 23 juin s’est créée l’association Bleuet et Cie. Parmi ses objectifs : « rassembler en réseau l’ensemble des personnes concernées par l’existence et le développement de la librairie, soutenir les projets de la librairie sur le plan logistique, faire des propositions à la librairie pour favoriser son rayonnement, organiser les relations avec le public concerné par l’existence de la librairie au niveau local, régional, national et international, et agir, en concertation avec la direction de la librairie, afin de contribuer à la pérennité du lieu ». Pour tout contact : bleuetcie04@gmail.com

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    Photo : Document Le Bleuet / Isabelle de Rouville.

  • L’été des libraires

    L’été une saison propice à la lecture, repos, inactivité, mauvais temps, incitent à se plonger dans un livre. Une période choisie par Les Librairies indépendantes pour faire la promotion de leur métier.

    Livres Hebdo dévoile les deux affiches au visuel un peu désuet qui vont accompagner la campagne de communication dont le but est aussi de faire découvrir l'existence du site internet. Celui-ci permet de trouver un titre de livre ou son éditeur, de localiser le libraire le plus proche du lieu de résidence, et de choisir son mode d’achat, livraison ou retrait en magasin.

    Le site explique dans son texte de présentation que librairiesindependantes.com est le premier moteur de recherche de livres en France, et qu’il fédère 16 portails de libraires indépendants, nationaux, régionaux ou spécialisés, soit plus de 700 librairies implantées sur l'ensemble du territoire. Une synergie qui donne accès aux 20 millions de livres disponibles dans ces librairies.

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    L’initiative des libraires indépendantes est sans doute destinée à soutenir un marché du livre qui depuis quelques années connaît un lente érosion de ses ventes comme le constataient l’AFP et France Info pour 2017 : « Après l'embellie de 2015 (+1,8%), la stabilité de 2016 (0%), le marché de l'édition connaît un reflux comme cela avait été le cas auparavant, pendant cinq années consécutives (de 2010 à 2014). Et cela mois après mois, souvent dans des proportions très importantes : -3,5% en janvier comme en février, -2% en mars, -9% en avril, -3% en mai, -4,5% en juin. » Cette année là, seul le mois de juillet avec une hausse de +4,5% des ventes inversait notablement la tendance.

    Si les éditeurs ont désormais cessé de publier des « best-sellers de l’été » au parcours commercial souvent hasardeux, il faudra attendre d’ici quelques jours les recommandations de lectures de la presse, et avec les conseils des libraires, et notre curiosité personnelle, on devrait pouvoir passer un bon été de lecture.

    En attendant, une première sélection (de BD) pour l'été.

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