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  • Le livre sous toutes les latitudes

    On aurait pu croire que le « bookcrossing*», ou livre voyageur, déjà évoqué par ce blog n’était qu’un épiphénomène de mode, c’est le contraire qui se produit et il continue à donner aux livres une deuxième vie, et souvent plus.

    Le principe est simple et il s’agit de laisser dans un endroit public un livre que vous avez aimé pour le partager avec d’autres qui a leur tour le feront voyager. Un parcours qui peut être suivi sur internet. Le site de bookcrossing qui vise à «  à mettre les gens en contact par les livres » est toujours actif et explique : « C'est la Bibliothèque Mondiale. C'est un site de réseau social intelligent. C'est une célébration de la littérature, en même temps qu'un lieu où les livres trouvent une nouvelle vie. BookCrosser, c'est donner à un livre une identité unique afin que, passant de lecteur en lecteur, il puisse être suivi et ainsi relier ses lecteurs. Il y a actuellement 1 719 647  BookCrosseurs and 11 832 091  livres en train de voyager dans 132  pays. Notre communauté change le monde, et touche des vies un livre après l'autre. »

    9782818925539.jpgLe bookcrossing est même devenu en 2014 le sujet d’un livre. Le site Feminin bio nous présente les deux tomes de la bande dessinée et nous dévoile l’intrigue : « Un petit livre oublié sur un banc », écrit par Jim et illustré par Mig : « La vie de Camélia suit une petite routine un peu terne lorsque la découverte d’un livre sur oublié sur un banc lui ouvre de nouveaux horizons. Ne serait-ce que parce que son auteur est inconnu, Camélia est convaincue qu’un mystère entoure l’ouvrage. D’ailleurs, n’est-elle pas parvenue à déchiffrer le message codé laissé par l’ancien propriétaire ? Bien décidée à découvrir qui le lui écrit et se cache derrière ce livre, la voici entrainée dans une aventure qui la fait sortir de sa zone de confort, l’amène à rencontrer d’autres personnes et à ouvrir les yeux sur son quotidien. » (éditions Grand Angle, 2014)

    Si les livres voyagent c’est aussi le cas des lecteurs. Notamment la catégorie des « Tourdumondistes », (ça existe, et ils ont même un site) qui trouvent dans les guides et les romans des informations précieuses sur les lointaines contrées qu’ils vont visiter ou traverser. Le site propose une sélection de « livres utiles » à emporter dans son sac à dos.

    Et puis, à la fin du voyage, rien n’empêche de le remettre en circulation.

    Les « Livres voyageurs » sont également sur Facebook.

    *En 2013, et en 2015.

  • Le livre en vitrine

    Les libraires sont les meilleurs amis des livres. Non seulement parce qu’ils les lisent mais aussi parce qu’ils les vendent. Un commerce qui lui aussi se doit d’attirer le client.

    Vu à la télévision (La grande librairie), ou déniché dans la rubrique livre de votre journal favori, la découverte de l’existence d’un livre passe par plusieurs moyens. Sans oublier le bouche-à-oreille et… la vitrine du libraire.

    Cet espace est fait pour attirer l’œil du chaland et susciter sa curiosité avec pour but ultime de faire entrer le lecteur dans le magasin. Et l’originalité est souvent payante.

    C’est ce qu’a compris très tôt le médiatique libraire Gérard Collard comme le raconte Le Parisien en 2001: « si vous passez rue de la Varenne à Saint-Maur, votre regard ne pourra pas rester indifférent à cette vaste et curieuse vitrine. Sur plusieurs mètres de trottoir, la librairie de la Griffe noire déroule son originalité. Des dizaines de fiches de papier quadrillé coloré accompagnent de commentaires chocs les ouvrages affichés. Ecrit au feutre, parfois souligné ou se détachant en lettres capitales, le verdict est sans appel, élogieux ou assassin. Un rouleau de papier toilette rose parcouru d'un texte écrit au stylo, barre la vitrine de haut en bas. Sur la fiche à côté, on peut lire : Manuscrit original de « la Vie sexuelle de Catherine M. » de Catherine Millet. »

    Pour les libraires en panne d’imagination on trouve sur Internet notamment sur le site de la librairie parisienne Compagnie, des idées de vitrines thématiques de « A bicyclette à Walter Benjamin, en passant par « De la vitesse et de l’accélération », « Le Japon fantasmé », ou « Le sentiment numérique », autant de livres choisis, mis en valeur qui donnent un peu de personnalité à une devanture. Hélas le site n’a pas été mis à jour pour tous les titres.

    Fiches, sélection des nouveautés, coups de cœur, tout est bon pour agrémenter une vitrine et si on manque d’imagination on peut toujours suivre les recommandations du site Retif qui propose « les solutions pour vendre plus ». Parmi celles-ci, ne pas surcharger l’espace, changer de vitrine toutes les 3 semaines car « Au-delà, plus personne n’y prête attention », « faire rêver le client » et le faire « plonger dans un univers qui déculpabilise l’acte d’achat (surtout s’il s’agit d’achats plaisir).» Ce qui semble le cas pour les livres.

    Photo : une vitrine récente de la librairie Gallimard à Paris.

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  • Lire, une habitude à prendre

    « La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens. » Daniel Pennac ("Comme un roman"-1992), source Gallimard.

    Lire ou ne pas lire, lit-on encore aujourd’hui ?

    Il y a quelques mois le journaliste Jean-Marie Gavalda (le bien nommé) constatait dans Midi Libre : Quatorze livres par an : voilà une bonne moyenne pour les Français dont 80 % déclarent "aimer la lecture". Les femmes (18 ouvrages annuels) lisent davantage que les hommes (10) et les seniors (19 livres) plus que les moins de 35 ans (9). Seuls 5 % des Français ne lisent jamais. Si le livre électronique entre progressivement dans les mœurs (21 %), le papier reste dominant. Mais les librairies traditionnelles qui réalisent 28 % des ventes sont en perte de vitesse, talonnées par les grandes surfaces (24 %) et Internet (20 %). Un peu moins d'un Français sur deux fréquente une bibliothèque (48 %) mais seulement 9 % ont une pratique régulière, au moins mensuelle. »

    Des chiffres éloquents d’un énième sondage BVA qui dévoilaient aussi que 50% des personnes interrogées préféraient regarder la télévision, et que 57% ne disposaient de pas assez de temps pour lire.

    Comment alors retrouver le goût de la lecture ?

    Le journal Slate s’interroge « Et si on obligeait les élèves et les profs à lire quinze minutes par jour? », et répond en relatant l’expérience menée depuis 15 ans par lycée Tevfik-Fikret d’Ankara : « consacrer, chaque jour ouvré, qu’on soit élève, enseignant ou personnel technique, quinze minutes de son temps à la lecture. Soit, sur l’ensemble d’une scolarité, plus de 500 heures dédiées au livre. On peut se plonger dans l’ouvrage de son choix, sans restriction de genre – la bande dessinée à sa place à côté des romans et des manuels scolaires – ou de langue – ici, on parle et lit indifféremment turc, français et souvent anglais. »

    Une action volontariste que la directrice de l’établissement résume : « Ils voient les livres de leurs copains, se les recommandent, se les échangent. Comme ils ont toujours un bouquin dans leur cartable, ils peuvent le sortir et lire en classe quand ils ont fini en avance un contrôle, ou dans la navette de transport scolaire. C’est devenu une habitude.»

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    Photo : Edward Hopper, "Compartiment C, voiture 293" (1938)

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