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Edition

  • La deuxième vie des livres de poche

    Dans le domaine du livre toutes les aventures semblent encore possible. Sous le titre « En Bretagne, un spécialiste du livre de poche tient tête à Amazon », Le Parisien nous raconte celle de Benjamin Duquenne.

    Livreenpoche.pngSon idée est toute simple : « Depuis 2002, il offre une nouvelle vie en ligne aux livres d'occasion. Livrenpoche, petite entreprise « à taille humaine », au fonds colossal de 200 000 ouvrages, est aujourd'hui l'un des rares en France à survivre face à des géants comme Amazon. Pour son quinzième anniversaire, la société, qui continue de grandir, s'apprête à embaucher « un, voire deux salariés » et à ouvrir une annexe pour accueillir un stock global de 400 000 livres. »

    Au départ collectionneur, Benjamin Duquenne a ensuite utilisé Internet pour vendre ses titres devenus trop nombreux. La création d’un site lui a permis de toucher aussi bien les particuliers chercheurs d’occasions que les collectionneurs. Un outil qui reçoit quotidiennement la visite de 3500 visiteurs et qui a permis de vendre depuis 2002 plus de 1,4 millions de livres tous thèmes confondus.

    Les livres sont proposés par genres (Actualité, Arts, Jeunesse,Ecologie, SF, Fantasy, Santé, Scolaire), et plusieurs rubriques sont plus spécialisées « Bonnes affaires », « Livres récents ». on y trouve même des BD et Mangas et des livres neufs.

    Livreenpoche, dont le slogan est « nos livres ont une histoire », se distingue aussi par une approche différente de son activité marchande : « Loin des groupes internationaux, Livrenpoche compte 6 salariés et s'est implanté dans une petite Zone Artisanale locale. Les livres proposés à la vente ne proviennent que de notre stock. Chacun des livres d'occasion proposés à la vente ont été identifiés par nos opérateurs. Cela permet de répondre à une demande précise, une gestion des commandes en direct. En cas de réclamation, d'y répondre avec souplesse et facilité.»

    Longtemps on a cru que le numérique allait faire disparaître le livre papier, l’initiative de Benjamin Duquenne démontre que non seulement il continue à vivre, mais qu’il peut avoir plusieurs vies.

    A lire sur le même sujet un article du Journal du Net (2003) qui raconte la genèse du projet, et le test du site fait par Geekroniques (2017).

    Photo du site Bretagne-Bretons.

    Livreenpoche-V2.jpg

  • Le livre sous toutes les latitudes

    On aurait pu croire que le « bookcrossing*», ou livre voyageur, déjà évoqué par ce blog n’était qu’un épiphénomène de mode, c’est le contraire qui se produit et il continue à donner aux livres une deuxième vie, et souvent plus.

    Le principe est simple et il s’agit de laisser dans un endroit public un livre que vous avez aimé pour le partager avec d’autres qui a leur tour le feront voyager. Un parcours qui peut être suivi sur internet. Le site de bookcrossing qui vise à «  à mettre les gens en contact par les livres » est toujours actif et explique : « C'est la Bibliothèque Mondiale. C'est un site de réseau social intelligent. C'est une célébration de la littérature, en même temps qu'un lieu où les livres trouvent une nouvelle vie. BookCrosser, c'est donner à un livre une identité unique afin que, passant de lecteur en lecteur, il puisse être suivi et ainsi relier ses lecteurs. Il y a actuellement 1 719 647  BookCrosseurs and 11 832 091  livres en train de voyager dans 132  pays. Notre communauté change le monde, et touche des vies un livre après l'autre. »

    9782818925539.jpgLe bookcrossing est même devenu en 2014 le sujet d’un livre. Le site Feminin bio nous présente les deux tomes de la bande dessinée et nous dévoile l’intrigue : « Un petit livre oublié sur un banc », écrit par Jim et illustré par Mig : « La vie de Camélia suit une petite routine un peu terne lorsque la découverte d’un livre sur oublié sur un banc lui ouvre de nouveaux horizons. Ne serait-ce que parce que son auteur est inconnu, Camélia est convaincue qu’un mystère entoure l’ouvrage. D’ailleurs, n’est-elle pas parvenue à déchiffrer le message codé laissé par l’ancien propriétaire ? Bien décidée à découvrir qui le lui écrit et se cache derrière ce livre, la voici entrainée dans une aventure qui la fait sortir de sa zone de confort, l’amène à rencontrer d’autres personnes et à ouvrir les yeux sur son quotidien. » (éditions Grand Angle, 2014)

    Si les livres voyagent c’est aussi le cas des lecteurs. Notamment la catégorie des « Tourdumondistes », (ça existe, et ils ont même un site) qui trouvent dans les guides et les romans des informations précieuses sur les lointaines contrées qu’ils vont visiter ou traverser. Le site propose une sélection de « livres utiles » à emporter dans son sac à dos.

    Et puis, à la fin du voyage, rien n’empêche de le remettre en circulation.

    Les « Livres voyageurs » sont également sur Facebook.

    *En 2013, et en 2015.

  • Lire, une habitude à prendre

    « La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens. » Daniel Pennac ("Comme un roman"-1992), source Gallimard.

    Lire ou ne pas lire, lit-on encore aujourd’hui ?

    Il y a quelques mois le journaliste Jean-Marie Gavalda (le bien nommé) constatait dans Midi Libre : Quatorze livres par an : voilà une bonne moyenne pour les Français dont 80 % déclarent "aimer la lecture". Les femmes (18 ouvrages annuels) lisent davantage que les hommes (10) et les seniors (19 livres) plus que les moins de 35 ans (9). Seuls 5 % des Français ne lisent jamais. Si le livre électronique entre progressivement dans les mœurs (21 %), le papier reste dominant. Mais les librairies traditionnelles qui réalisent 28 % des ventes sont en perte de vitesse, talonnées par les grandes surfaces (24 %) et Internet (20 %). Un peu moins d'un Français sur deux fréquente une bibliothèque (48 %) mais seulement 9 % ont une pratique régulière, au moins mensuelle. »

    Des chiffres éloquents d’un énième sondage BVA qui dévoilaient aussi que 50% des personnes interrogées préféraient regarder la télévision, et que 57% ne disposaient de pas assez de temps pour lire.

    Comment alors retrouver le goût de la lecture ?

    Le journal Slate s’interroge « Et si on obligeait les élèves et les profs à lire quinze minutes par jour? », et répond en relatant l’expérience menée depuis 15 ans par lycée Tevfik-Fikret d’Ankara : « consacrer, chaque jour ouvré, qu’on soit élève, enseignant ou personnel technique, quinze minutes de son temps à la lecture. Soit, sur l’ensemble d’une scolarité, plus de 500 heures dédiées au livre. On peut se plonger dans l’ouvrage de son choix, sans restriction de genre – la bande dessinée à sa place à côté des romans et des manuels scolaires – ou de langue – ici, on parle et lit indifféremment turc, français et souvent anglais. »

    Une action volontariste que la directrice de l’établissement résume : « Ils voient les livres de leurs copains, se les recommandent, se les échangent. Comme ils ont toujours un bouquin dans leur cartable, ils peuvent le sortir et lire en classe quand ils ont fini en avance un contrôle, ou dans la navette de transport scolaire. C’est devenu une habitude.»

    Hopper Gallimard.jpg

    Photo : Edward Hopper, "Compartiment C, voiture 293" (1938)

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