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Editeurs

  • Sur un air de Nina Simone*

    en-attendant-bojangles.jpgAvez-vous lu « En attendant Bojangles » ? Si oui, vous êtes un des 150 000 lecteurs de ce roman d’Olivier Bourdeaut, paru en janvier 2016.

    Un vrai best-seller publié par les éditions Finitude qui le résument ainsi : « L’optimisme des comédies de Capra, allié à la fantaisie de L’Écume des jours. »

    Un livre dont peu d’éditeurs voulaient, envoyé par la Poste et qui finit couvert de prix en 2016 : Grand Prix RTL / Lire, Le Roman des étudiants France Culture / Télérama, Prix roman France Télévisions, Prix Emmanuel-Roblès, Prix de l’Académie de Bretagne, Prix Hugues Rebell, et la liste n’est pas close.

    Une aventure éditoriale que L’Express raconte : "Qui aurait parié 1 kopeck sur ce premier roman d'un inconnu de 35 ans, au titre dissuasif, publié par une toute petite maison bordelaise, Finitude ? "Sûrement pas moi ! confie Bourdeaut, yeux clairs, mèche BCBG et éternel pull bleu sur une chemise blanche, qui le font ressembler à ces personnages de play-boy désenchantés des romans de Fitzgerald qu'il affectionne tant. Toute ma vie, j'ai été un loser. Mon seul diplôme, c'est mon acte de naissance."  

    20 minutes nous rappelle que c’est l’intuition de deux éditeurs, Thierry et Emmanuelle Boizet, qui a permis la découverte du livre et de son jeune auteur : « « On ne peut jamais savoir quel va être le succès d’un livre mais il y a des signes. Dès qu’on l’a eu entre les mains, on a vu qu’il avait un potentiel, mais cela ne fait pas tout. Il a été très vite acheté par de très grosses maisons d’édition à l’étranger dès fin septembre, avant sa sortie en France en janvier », raconte Thierry Boizet. L’auteur avait aussi envoyé son manuscrit à cinq éditeurs parisiens qui n’ont pas répondu ou ont refusé de le publier. La petite maison d’édition bordelaise, créée et tenue par le couple, est la seule à accepter de publier l’auteur. »

    Et Thierry Boizet dévoile leur secret d’éditeurs : « On a toujours publié au coup de cœur, les auteurs qu’on aimait. Des auteurs morts comme Raymond Guérin ou Georges Perros par exemple. On recherche des inédits, comme les textes d’Herman Melville ou plus rarement, on réédite. »

    Cette histoire fait partie des belles surprises de l’édition. J’ai souvent rappelé dans ce blog que le manuscrit de Harry Potter avait été refusé par de nombreux éditeurs, il ne reste à souhaiter à Olivier Bourdeaut et aux éditions Finitude le même succès.

    * "L'histoire et les mots venaient tout seuls, de manière sautillante. Et puis, j'ai eu un gros coup de bol. Un ami avait rempli mon iPod de musique et un matin, pendant que j'écrivais, Mr. Bojangles, de Nina Simone, est passé. Ce morceau épousait exactement le cours de mon récit et j'ai décidé de l'intégrer à mon roman." Olivier Bourdeault dans L'Express.

  • Frédéric Pajak, écrivain, dessinateur, et éditeur

    Sur Frédéric Pajak, Christophe Gallaz a écrit sur son blog : « Ces travaux, qui paraissent disparates, sont en réalité soumis au principe cardinal d'une démarche artistique intime. Frédéric Pajak cherche l'introuvable en parfaite conscience de l'insuccès qui frappera cet effort. Il incarne d'ailleurs cette fatalité de toute sa personne. Même appuyé sur des travaux de documentation acharnés qui lui donnent à connaître en détail les figures de Luther, de Pavese, de Joyce ou de Nietzsche, il réserve d'instinct une part de son intelligence aux stratégies du flottement qui capte avec bonheur ou reste bredouille. »

    Frédéric Pajak est un écrivain complexe, prolifique et un dessinateur passionné de dessin, un intérêt qu’il manifeste en éditant de très beaux livres et en organisant des expositions comme celle présentée en 2015 à la Halle St Pierre à Paris et qui attira des milliers de visiteurs.

    Comme auteur il vient de publier le cinquième tome de son « Manifeste incertain » (Les Éditions Noir sur blanc), dans lequel il retrace « Errance existentielle, errance artistique » du peintre Vincent Van Gogh.

    A propos du tome 3 qui a obtenu en 2013, le prix Médicis Essai, Télérama écrivait : « On ne sait pas précisément, l'auteur lui-même ne peut l'affirmer avec certitude, combien de volumes comptera ce Manifeste incertain, dont la publication a commencé il y a deux ans. C'est sans doute l'une des caractéristiques de l'écrivain et dessinateur Frédéric Pajak que de n'en avoir jamais terminé. Avec quoi ? Avec rien. Ni avec son autobiographie, dont ses ouvrages, rêveurs, ironiques et anxieux, offrent tous des fragments obsédants, flagrants ou discrets, écrits ou dessinés. Ni avec ces conversations dans lesquelles il est ­engagé, depuis longtemps, avec un certain nombre d'écrivains – citons Nietzsche, Pavese, Robert Walser, Apollinaire, Martin Luther, Joyce... –, qui lui sont comme des intercesseurs, des frères en humanité dont les vies et les œuvres constituent un support à sa méditation sur ce « métier de vivre » admirablement énoncé par Cesare Pavese. »

    Chaque ouvrage est illustré par des dessins de l’auteur.

    En tant qu’éditeur Frédéric Pajak est aussi un découvreur de talents et le créateur d’une maison d’édition spécifiquement dédiée au graphisme Les Cahiers dessinés. A son catalogue on trouve pêle-mêle les signatures de Chaval, Martial Leiter, Marcel Bascoulard, Cardon, Pierre Alechinsky, Gébé, Hervé Di Rosa, Mix & Remix, Bosc, Anna Sommer.

    Longtemps nichée au sein des éditions Buchet-Chastel maison racheté en 2001 par Vera et Jan Michalski, Les Cahiers dessinés sont désormais autonomes. Ils viennent de publier « Topor – Voyageur du livre », « Tomi Ungerer – Pensées secrètes » et « Laplace – Sauf erreur », et participeront à la grande exposition consacrée à Roland Topor que présentera la BnF en 2017.

    Les Cahiers dessinés seront également présents dans le cadre du prochain festival de la bande dessinée d’Angoulême.

    Frédéric Pajak était un des invités de La Grande librairie diffusée le 19 janvier 2017.

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  • Tintin au pays du marketing

    Tintin.pngPublié pour la première fois en album en 1929, l’album de bande dessinée Tintin au pays des Soviets fait l’objet, à quelques jours du festival de la BD d’Angoulême, d’une réédition accompagnée importante opération publicitaire.

    Objectif, écouler les 300 000 exemplaires de cette version mise en couleurs par les éditions Casterman 33 années après la disparition de leur auteur Hergé (George Rémi). Celui-ci n’avait jamais voulu de son vivant redessiner cette œuvre de jeunesse contrairement à d’autres de ses albums : « Il n'est pas question que je reprenne tous mes albums au fur et à mesure de leur vieillissement. Tintin au pays des Soviets, Tintin au Congo ne seront probablement jamais réédités. » Hergé

    Couv_151862.jpgParue dans Le Petit vingtième supplément illustré du journal belge Le Vingtième siècle, cette aventure voit la naissance du personnage de Tintin qui connaitra par la suite une renommée mondiale avec plus de 230 millions d’albums et 96 traductions.

    Le grand art des éditions Casterman est de présenter cet album comme une nouveauté contournant ainsi le fait que Hergé avait interdit que l’on poursuive après sa mort les aventures du jeune reporter belge.

    A défaut de pouvoir faire revivre Tintin, sous la plume d’autres auteurs comme cela a été le cas pour Astérix, Lucky Luke, Blake et Mortimer, etc., l’éditeur a choisi de republier un album mythique dont la qualité narrative et graphique est plutôt décevante mais qui faisait depuis des années l’objet d’éditions pirates hors de prix avant que Casterman lui-même ne la réédite une première fois en 1973 pour endiguer la spéculation. L’album n’avait connu qu’une seule édition officielle en 1930, imprimé en noir et blanc à dix mille exemplaires, dont les 500 premiers numérotés. En avril 2006, l'un de ceux-là s’est vendu aux enchères à Paris pour la somme de 60 180 euros, un record pour un album de bande dessinée.

    Alors fallait-il le mettre en couleur ? La polémique fait rage entre comme dans cet article du Monde ou les spécialistes « tintinophiles » Philippe Godin et Yves Frémion défendent leur point de vue. Ce qui est certain c’est que ce nouvel épisode des aventures de Tintin dans le monde de l’édition fera recette.

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    Photo : une case en noir & blanc de la première édition de Tintin au pays des Soviets et les couvertures de l'édition de 1973 et celle de 2017.

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