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Editeurs

  • Une rentrée littéraire mitigée

    La rentrée littéraire 2018 s’annonçait plutôt bien, les listes de nouveaux livres fleurissaient dans les journaux et les spécialistes signalaient la présence de nombreux premiers romans, une aubaine pour le secteur.

    Et puis début septembre paraît un article dans Le Monde titré : « Edition : un automne inquiet » (payant). Son auteure Nicole Vulser évoquait « Le rachat probable d'Editis, numéro deux du secteur, par Vivendi. L'absorption en cours du groupe La Martinière par Média Participations. L'existence de France Loisirs menacée... » et concluait ainsi son énumération « Les éditeurs et les auteurs ont quelques raisons de se sentir malmenés. »

    Suit ensuite une polémique à propos de la présence dans la présélection du prix Renaudot 2018 d’un livre publié et diffusé exclusivement sur Amazon, distributeur bête noire à juste titre des libraires. La présélection définitive le 3 octobre devrait peut-être apaiser les esprits.

    Quelques jours après on reparle livres dans les médias avec Destin français, le dernier ouvrage d’Eric Zemmour, gros vendeur, mais également auteur de déclarations fracassantes dont la teneur dérange, au point de se voir décommandé son passage dans On n’est pas couché de Laurent Ruquier. Emission prescriptrice s’il en est.

    Le milieu de l’édition aurait pu retrouver un semblant de sérénité si la publication du livre illustré « Petit Paul » de Bastien Vivès par les éditions Glénat, n’avait pas mis le feu aux poudres. Taxé par une pétition sur Internet de « pédopornographique » cet album est le premier d’une collection dirigée par Céline Tran, ex-actrice de films pornographiques. La campagne demande le retrait du livre, les chaînes Gibert et Cultura l’ont déjà fait, et relance en parallèle le débat sur la liberté d’expression.

    Une rentrée morose donc, pimentée de quelques éclats médiatiques, en attendant les résultats des prix qui nous permettront de retourner à la lecture et de retrouver un peu d’optimisme comme Nicole Vulser qui termine son article du Monde ainsi : « Mais si les grandes manœuvres capitalistiques et le jeu des concentrations dans l'édition sont sources d'inquiétudes, elles disent aussi que ce secteur demeure assez solide, et porteur d'avenir. Ainsi, Arnaud Lagardère, gérant commandité du groupe Lagardère, a désigné l'édition comme le pôle promis à un bel avenir. Et surtout celui avec les magasins d'aéroports dans lequel il est urgent d'investir. C'est la raison pour laquelle un essaim de banquiers bourdonne dans le bureau d'Arnaud Nourry, le PDG d'Hachette Livre, en lui proposant tout un catalogue de bonnes affaires... »

    Photo : Document Actualitté.com

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  • Des livres 100% biodégradables

    Le livre c’est des mots, des phrases, un récit, un auteur, mais également un « objet », du papier, de l’encre, des moyens de conservation et de distribution dont les conditions de production ne sont pas sans conséquences sur notre environnement.

    En 2017 le BASIC, Bureau d'Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne, publiait une étude dénonçant « l’édition déraisonnable » et analysait son impact social et écologique. Parmi les constatations celle d’imprimer trop de livres pour réduire le coût à l’unité et garnir les rayons mais d’être ensuite obligé de les détruire faute de ventes suffisantes. Ces dernières années l’impression à la demande a permis d’éviter les frais de stockage et les mises au pilon des invendus (désormais recyclés). Grâce à la technologie numérique les imprimeurs peuvent fournir de petites quantités et réimprimer facilement en fonction de la demande.

    En 2016, le Syndicat national de l’édition dévoilait au terme d’une enquête auprès de ses membres que « 93% du papier acheté est certifié ou recyclé, contre 73% en 2012. » et précisait qu’« un véritable tournant s’est produit au début des années 2010 au sein des maisons et des grands groupes d’édition qui ont majoritairement dirigé leurs achats vers des papiers certifiés. » Autre effort des éditeurs, celui de l’utilisation d’encres végétales au détriment des encres minérales à base d’hydrocarbures. Les huiles végétales et les résines naturelles (lin, soja, etc.) entrent dans la composition des encres de 40 à 80%. Le reste est composé de pigments (entre 15 et 25%), d’additifs (entre 0 et 3%) et de siccatifs (2 à 4 %). Ces derniers éléments bien que biodégradables ne sont pas issus de ressources renouvelables et il reste à améliorer leur fabrication pour être 100% bios (Source : Pure Impression).

    Parmi les récentes initiatives on peut également citer un nouveau type d’emballage des livres, hydrosoluble qui remplace le traditionnel blister plastique. Celui-ci a été récemment présenté par Hachette-Phoenix, filiale pékinoise commune des groupes français Hachette Livre et chinois Phoenix (basé à Nanjing), à l’occasion de la 25e Foire du livre de Pékin. Selon Livres hebdo qui relaie l’information l’emballage est réalisé à base d’amidon de maïs, et se dissout en quelques instants dans une eau chauffée à 70 degrés, et en moins de 180 jours dans une eau à température ambiante. L’article précise que le film représente 0,5% le prix de vente du livre, et qu’il emballe désormais les exemplaires de Vivants !, un ouvrage illustré pour la jeunesse qui inaugure une collection écologique en Chine.

    BASIC, SNE, Pure Impression, Hachette-Phœnix, Livres Hebdo, Actualitté.com

    Photo : document extrait du film documentaire « On achève bien les livres » de Bruno Deniel-Laurent.

  • Des romans trop réels, V.S Naipaul, et des visas refusés

    Des romans trop vrais pour être honnêtes

    L’écriture se nourrit de l’imagination de l’auteur-e, mais également de son vécu, de ses expériences, des personnes de son entourage. Il s’agit ensuite d’écrire une histoire, de l’inventer. Certains pourtant ignorent cette étape et ce contentent de copier-coller la réalité pour en faire un roman. Prenant prétexte des déclarations de Séverine Servat de Rugy, épouse du président de l'Assemblée nationale, qui estime que le roman "Vivre ensemble" d'Émilie Frèche, à paraître le 22 août, porte atteinte à sa vie privée, France Info rappelle les démêlés judiciaires de « cinq romanciers condamnés pour s'être (un peu trop) inspirés de la vraie vie ». Les ouvrages cités en exemple sont "Fragments d'une femme perdue" de Patrick Poivre d'Arvor, "Colères" de Lionel Duroy, "Les Petits" de Christine Angot, "Belle et bête" de Marcela Iacub, et "La Ballade de Rikers Island" de Régis Jauffret. France Info détaille le contenu du roman, les de la plainte, et les décisions de justice. Séverine Servat de Rugy n’a pas demandé l’interdiction du livre mais a obtenu qu’un encart précisant qu'il s'agissait bien d'une "œuvre de fiction" soit inséré dans le livre.

    9782264017499FS.gifLa disparition de V.S. Naipaul

    La mort à 85 ans de l’’écrivain britannique Vidiadhar Surajprasad Naipaul, prix Nobel de littérature en 2001 et auteur de plus de trente ouvrages, aurait pu passer inaperçue en plein mois d’août si quelques journalistes n’étaient pas encore partis en vacances.

    Télérama écrit : « Ce romancier et essayiste voyageur était « l’écrivain plus opposé aux idées reçues et à la bien-pensance qu'on puisse imaginer » (dixit Télérama), portant un regard sans concession sur les sociétés post-coloniales, et notamment sur la place de l'islam chez les peuples non arabes », et republie un grand entretien qu’il avait accordé au magazine en 2001. Libération publie la réponse à la question posée en 1985 par le quotidien « Pourquoi écrivez-vous ? » : « Ne pas écrire, c’est ne pas contempler ; ne pas contempler, c’est se révéler incapable d’extraire le sens réel, la pleine valeur de son expérience ; c’est laisser la vie, le temps, s’écouler sans avoir de signification», et Le Figaro recommande les « Cinq livres de V.S. Naipaul à lire.

    Livres sans frontières

    Livres Hebdo nous apprend que une douzaine d’auteurs invités au Festival international du livre d’Edimbourg qui se déroulera du 11 au 27 août, se sont vus refuser l’entrée sur le territoire britannique : « Le festival, qui invite 900 auteurs et illustrateurs de 55 pays, fournit régulièrement une assistance dans les démarches de demande de visa. Nick Barley, directeur du festival, dénonce dans The Guardian un "processus de demande humiliant" qui dissuade les auteurs de venir sur le sol britannique. "Nous avons tellement de problèmes avec les visas, nous avons réalisé que c’est systématique. Nous voulons en parler et résoudre ce souci. Pas seulement pour le festival mais aussi pour les organisations culturelles au Royaume-Uni" ».

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