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  • La disparition de Françoise Héritier

    9782738139566.jpg« Décès de l'anthropologue Françoise Héritier, l'amoureuse des "ailleurs" » (France Culture), « Françoise Héritier, anthropologue et grande figure du féminisme, est morte » (Le Figaro), « Mort de Françoise Héritier, "spécialiste des sociétés humaines et de l'esprit humain" » (France Inter) Les médias sont unanimes pour célébrer cette anthropologue, ethnologue, essayiste et féministe, disparue le jour de son anniversaire, et qui venait de voir l’ensemble de son œuvre couronné par un prix spécial du jury du Prix Fémina.

    Ces dernières semaines, son livre « Au gré des jours » (éditions Odile Jacob) dans lequel elle parle de ses petits bonheurs de vivre, avait suscité nombre d’articles, interviews, et invitations sur les plateaux télé comme La Grande Librairie (vidéo ci-dessous) où elle évoque son esprit de curiosité et son goût pour le mot juste.

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    Dans un récent entretien accordé à Annick Cojean et publié par Le Monde elle rajoutait « J’ai cette propension à jouir du moment présent, sans anticiper sur les joies du lendemain. A tout apprécier. Jusqu’à l’éclat du soleil d’automne que j’aperçois à cet instant à travers la vitre. » Et sur France Culture elle confirmait « C'est le cours de la vie qui m'a appris à trouver de la joie dans les petites choses et dans le simple fait de vivre".

    Disciple de Claude Lévi-Strauss à l'Ecole pratique des hautes études elle entre au Collège de France en 1982. Françoise Héritier a publié de nombreux livres sur ses sujets d’études notamment sur la domination masculine, thème qu’elle a abordé en 2002 dans les deux tomes « La pensée de la différence » et « Dissoudre la hiérarchie » de son livre « Masculin-Féminin » (Odile Jacob). Au mois d’octobre elle déclarait à ce sujet sur France Inter « L’humanité est l’espèce la plus stupide : c’est la seule où les mâles tuent leurs femelles. »

    « II y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d'exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements, et c'est de cela que j'ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : le sel de la vie. » Françoise Héritier, « Le sel de la vie » (Odile jacob) 2012.

    Apprenant son décès Odile Jacob son éditrice a écrit « Au-delà de ma tristesse, je garderai en mémoire le souvenir d'une femme d'exception : grande intellectuelle, mais sensible, modeste et profonde. Elle était une amie. Elle était et restera un modèle. »

  • Quelques petites choses à savoir sur le dernier prix Goncourt

    lordre_du_jour.jpgPublié fin avril 2017 « L’ordre du jour » d’Eric Vuillard était déjà un succès de librairie.

    Comme le souligne Le Monde, le livre de petit format (10 x 19cm) compte 150 pages.

    « L’ordre du jour » raconte les circonstances de l’annexion fulgurante de l’Autriche par Hitler en 1938.

    Son auteur né en 1968 (4 mai) à Lyon a déjà publié huit livres. Il est également cinéaste et a réalisé deux films, « L'homme qui marche » et « Mateo Falcone ».

    Eric Vuillard vit à Rennes.

    Les éditions Actes Sud qui publie « L’ordre du jour » étaient dirigées il y a encore quelques mois par Françoise Nyssen aujourd’hui ministre de la culture. Ce qui, d'après les commentateurs, n'aurait eu aucune incidence sur le choix des jurés.

    La mention « Récit » figure » sur la couverture, généralement le jury Goncourt ne sélectionne que des romans.

    Le jury du Goncourt l’a désigné au troisième tour de scrutin, par six voix contre quatre. Au sein des jurés, Patrick Rambaud est un de ses principaux soutiens.

    Bernard Pivot, président de l’Académie Goncourt a déclaré sur France Inter : « S'il n'avait pas eu cette écriture, Eric Vuillard n'aurait jamais eu le Prix Goncourt ».

    Avant le Goncourt, Eric Vuillard s’est vu attribuer depuis 2010 plusieurs prix dont le prix Joseph Kessel en 2015 et le prix Alexandre Vialatte en 2017.

    BiblioObs nous apprend 10 choses à savoir sur l‘auteur, et entre autre que « des librairies se seraient même inquiétés de voir récompensé un livre qui ne coûte « que » 16 euros. »

    Pour terminer, donnons la parole au lauréat (cité par Ouest-France) : «C’est toujours utile de relire l’histoire. Il y a des coordonnées qui se répètent, la concentration du pouvoir économique, la restriction des Libertés publiques. Nous vivons une époque trouble. L’acte d’écrire me permet d’y voir plus clair.»

  • Le masculin l’emporte-t-il sur le féminin ?

    Dernier avatar du débat autour de la langue française, un manifeste de 314 enseignants publié par Slate qui proclame « Nous n'enseignerons plus que « le masculin l'emporte sur le féminin ». Une prise de position qui rejoint la campagne actuelle dans les médias pour « l’écriture inclusive ». Vous n’êtes pas au courant ? Pourtant depuis plusieurs mois les médias s’enflamment pour ce nouveau sujet de controverse.

    Un site lui est même dédié qui explique « L'écriture inclusive désigne l'ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d'assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes», et le site (où il est possible de télécharger un manuel d’utilisation) de formuler des propositions :

    « Accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres

    Exemples : "présidente", "directrice", "chroniqueuse", "professeure", "intervenante", etc.

    User du féminin et du masculin, par la double flexion, l'épicène ou le point milieu

    Exemples : "elles et ils font", "les membres", "les candidat·e·s à la Présidence de la République", etc.

    Ne plus mettre de majuscule de prestige à "Homme"

    Exemple : "droits humains" ou "droits de la personne humaine" plutôt que "droits de l'Homme"

    Pour l’instant en dehors d’une prise de position de l’Académie française qui y voit une "mise en péril mortel de la langue française", et de Bernard Pivot qui la juge « insupportable », peu d’écrivains ont émit un avis mais nul doute qu’ils apporteront leur point de vue sur une pratique qui risque de changer considérablement leur mode d’écriture.

    D’autant plus que l’usage de l’écriture inclusive se double d’un débat de société. L’académicienne Dominique Bona estime sur France Culture que : « Nous sommes quatre académiciennes, et toutes les quatre, nous pensons que la liberté et l’égalité des femmes ne passent pas par le massacre de la langue française. Ce n’est pas en la compliquant, en la rendant pour le moins illisible, qu’on obtiendra un progrès de la condition féminine. La condition féminine n’a rien à voir avec tout ça, et je crois que c’est une mauvaise idée. Je crois que la langue française est belle par la clarté, par la limpidité, donc c’est vraiment tout à fait dommage de penser à la compliquer. »

    Certains font remarquer que les règles concernant l’orthographe et la grammaire ont toujours été évolutives comme l’explique François Reynaert, journaliste à l’Obs dans la vidéo ci-dessous :

    Obs Inclusive.png

    Une chose est certaine, ces polémiques autour de la langue démontrent que celle-ci reste bien vivante et digne d'intérêt.

    Une émission sur France Inter.

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