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umberto eco - Page 2

  • La bande des Peanuts s’anime à nouveau

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    Charlie Brown, son chien Snoopy, ses amis Linus, Lucy, Schroeder, tous les personnages de la bande dessinée américaine les Peanuts reviennent dès le 9 novembre sur la chaine France 3. Sous la forme d'une série de 500 dessins animés d’une minute trente chacun, produite à Angoulême par Normaal Studio, qui a obtenu la bénédiction des ayant-droits du créateur Charles M. Schulz.

    Cette diffusion et l’arrivée dans les salles en 2015 d’un film en 3D célébrant le 65ème anniversaire de la série, relanceront sans doute les ventes d’albums avec une concurrence qui s’avère sévère entre les éditions Dargaud qui en sont au volume 15 de la publication de l’intégrale de la série et les éditions Delcourt qui annoncent la parution d’un tome 3 pour le 5 novembre.

    Le site LesBlogsMedias raconte la saga de cette série « Nés en 1950, les personnages sont inscrits dans la culture populaire américaine. Leurs aventures ont été publiées quotidiennement jusqu’au décès de leur créateur en 2000. Peanuts a été présent dans 75 pays et dans plus de 2 600 journaux. Charlie Brown et son chien Snoopy, qui a la fameuse habitude de dormir sur le toit de sa niche, se comporte en humain, pense et philosophe, se prend pour un astronaute sur la lune ou un aviateur de la 1ère Guerre Mondiale,… sont à la 8ème position du classement des 50 Plus Grands Personnages de Tous les Temps ; un musée leur est d’ailleurs consacré : le Charles M. Schulz Museum, ouvert en 2002. Depuis 1965, Snoopy est diffusé chaque soir de Noël en prime-time aux États-Unis, et arrive systématiquement en tête des audiences. »

    Peanuts Dargaud.jpgParmi les 300 millions d’albums vendus dans le monde, beaucoup ont été publiés en France, où les strips paraissent pour la première fois dans la presse en 1965, dans le magazine Chouchou, puis en 1969, dans Charlie mensuel (qui donnera son nom au futur Charlie hebdo), puis dans France Soir (1970). Les Peanuts ont été publiés en 1965 et en 1966 par l’éditeur Dupuis dans la collection « gags de poche » (trois titres en noir et blanc), Gallimard (treize tomes de 1975 à 1977), en petit format par Dargaud (1983), par les éditions Hachette (sept tomes en 1987 - collection BD), et par Hors Collection (de 1997 à 2000), puis Rivages Poche (19 titres de 2002 à 2004).

    En 1976, Charles Schulz avait demandé devant les tribunaux la destruction de la biographie de Marion Vidal publiée par les éditions Albin Michel n’aimant pas certains dessins qui l’illustraient. Sa demande avait été rejetée par le tribunal, estimant que «l'on chercherait en vain dans les dessins incriminés un quelconque Peanuts Delcourt.jpgaspect pornographique » et que «les dessinateurs qui ont collaboré à l'ouvrage ont tenu à réaffirmer au cours des débats l'admiration qu'ils portent à Schulz qu'ils considèrent comme leur maître, que, tout aussi admiratif que celui de Marion Vidal, leur hommage est seulement plus corrosif ». Le livre n’a jamais été réédité.

    Charles Schulz, malade, décide d’arrêter de dessiner en 1999. Il décèdera en 2000 à la veille de la publication dans les journaux de sa dernière bande dessinée.

    « L'univers de Peanuts est un microcosme, une petite comédie humaine pour le lecteur candide comme lettré » déclare Umberto Eco dans la préface de « La vie est un rêve, Charlie Brown », Rivages, 2002.

    Sources : pour Charles Schulz Wikipedia, pour les albums bedetheque.com

     

  • Le talent n’a pas d’âge

    A plus de 80 ans, ils nous montrent que l’écriture, c’est leur vie.

    L’Express publie un portrait d’Edmonde Charles-Roux, présidente du Prix Goncourt à 94 ans. Son éditeur Marianne Payot écrit « Il y a un mystère Charles-Roux: comment expliquer que cette grande bourgeoise, amie des légionnaires et des intellectuels, l'âme combative et le coeur à gauche, à la fois autodidacte et lettrée, suscite tant de bienveillance? Ou de déférence? Prononcer son nom est un sésame, les téléphones se décrochent pour dire, toujours, la même admiration, sans un mot discordant, comme si le temps et le respect dévolu à l'âge biffaient les aspérités: "Gaie, dynamique", louange Bernard Pivot, son compère du Goncourt. "Ardente, batailleuse, guerrière", pour Bernard-Henri Lévy, qui la côtoie depuis 1975. "Elégante, pudique, talentueuse", selon Pierre Bergé, qui annonce, dans un mouvement de fierté, la connaître depuis soixante ans. »

    Jean d’Ormesson, 88 ans, après avoir connu des problèmes de santé (un cancer, c’est lui même qui l’a dévoilé publiquement), fait la tournée des médias pour conforter le succès de son dernier livre Un jour je m’en irai sans avoir tout dit (Robert Laffont) déjà vendu à plus de 70 000 exemplaires et en tête des meilleures ventes dans le palmarès L’Express/Tite-Live.

    Autre « rescapé », le dessinateur Siné, désormais patron de presse, et qui, a 84 ans, publie Journal pré-posthume (Cherche Midi) dans lequel il raconte avec sa verve habituelle son terrible combat contre une leucémie aiguë myéloïde dont il est finalement sorti vainqueur. Une vraie leçon de ténacité.

    Toni Morrisson, 81 ans, romancière « afro-américaine », prix Pulitzer en 1987, pour son cinquième roman Beloved, prix Nobel de littérature 1993, a l’an dernier reçu les honneurs de la presse française pour son dixième roman Home qui paraît cette année en édition de poche (10/18).

    Sans oublier John Le Carré, 82 ans, lui aussi classé dans les meilleures ventes avec son dernier livre Une vérité si délicate (Seuil).

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    Aimé Césaire nous a quitté à 95 ans, Carlos Fuentes à 83 ans, Tom Sharpe à 85 ans, et l’écrivain et éditeur, Maurice Nadeau est parti à 102 ans. Le plaisir d’écrire est-il source de longévité et de jouvence ? Le secret est peut-être à trouver dans leurs livres.

    Photo : Cavanna raconte Cavanna (90 ans). Les Echappés.

  • Les secrets d’un best-seller

    Le prochain livre pour adultes de J.K Rowlings, dont on vient d’annoncer la prochaine parution, sera-t-il un best-seller comme l’a été la série des Harry Potter, un succès universel édité à plus de 400 millions d’exemplaires ?

    Difficile à prédire, il n’y a pas de recette imparable, surtout lorsqu’on sait que le manuscrit initial de l’auteure britannique a été refusé à l'époque par une dizaine d’éditeurs.

    En octobre 2011, Bernard Pivot qui consacrait sa chronique du Journal du Dimanche  au livre Histoire des best-sellers de Frédéric Rouvillois, (Flammarion), écrivait « Les livres best-sellers sont d’autant plus excitants qu’ils sont inattendus. Les éditeurs les ont tirés à trois mille exemplaires ; les libraires ne leur ont pas prêté une attention particulière ; et les auteurs sont déjà comblés d’avoir franchi le cap difficile de la publication. Et puis voilà que, très vite ou au fil du temps, tel livre, souvent sans le secours de la presse ou d’un prix littéraire, rencontre les faveurs d’un public qui grossit de plus en plus et qui devient marée d’équinoxe. Ainsi, il n’y a pas si longtemps, L’Élégance du hérisson, de Muriel Barbery, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, d’Anna Gavalda, ou, succès universel et inouï, la saga Harry Potter, de Mrs J.K. Rowling. » et tente une explication à la réussite d’un livre reprochant à l’auteur de ne pas analyser « assez profondément ce processus d’irrésistible engouement qui culmine dans une pression de curiosité et de snobisme sur des populations d’abord réticentes, puis décidées à y aller voir "pour ne pas mourir idiot ». Un « panurgisme » selon Pivot qui  « a été amplifié par les listes de best-sellers publiées dans les hebdomadaires et affichées dans les librairies. On achète un livre parce que des dizaines de milliers de personnes l’ont déjà acheté. »

    Le livre de Frédéric Rouvillois n’a peut-être pas figuré dans la liste des succès de librairie, mais son auteur a été l’invité de plusieurs médias qui ont tenté, à travers lui, de définir les clés de la réussite d’un ouvrage. Ce fut le cas de "La marche de l’histoire" de France Inter qui explique dans la présentation de l’émission « L'ère de la vitesse a commencé il y a 150 ans et quelques avec le chemin de fer. Celle des best-sellers avec l'accélération des modes d'impression et de diffusion, à la même époque. L'expression  apparaît aux Etats-Unis en 1889, elle est largement utilisée en France dès les années 1920. Mais le mot est un fourre-tout. Selon les périodes, il ne s'applique pas aux mêmes seuils : à notre époque d'industrie culturelle, on compte en millions ; il y a un siècle, au temps de la littérature industrielle, on calculait seulement en centaines de milliers d'exemplaires. Du best-seller,  on parle généralement comme d'un succès prévu, calculé voire manipulé. Mais le best seller le plus révélateur n'est-il pas l'imprévu, celui qui s'embrase comme un feu, révélant tout d'un coup une sensibilité latente ? »

    D’autres comme Umberto Eco dans Lector in fabula (Grasset) se sont interrogés sur la relation du « Lecteur modèle » avec le texte. Une étude savante pour mieux comprendre son apport au contenu de l’œuvre. Citation : «L'activité coopérative qui amène le destinataire à tirer du texte ce que le texte ne dit pas mais qu'il présuppose, promet, implique ou implicite, à remplir les espaces vides, à relier ce qu'il y a dans ce texte au reste de l'intertextualité d'où il naît et où il ira se fondre.» Ou encore : « Un texte se distingue d'autres types d'expressions par sa plus grande complexité. Et la raison essentielle de cette complexité, c'est qu'il est un tissu de non-dit. "Non-dit" signifie non manifesté en surface, au niveau de l'expression: mais c'est précisément ce non-dit qui doit être actualisé au niveau de l'actualisation du contenu. Ainsi un texte, d'une façon plus manifeste que tout autre message, requiert des mouvements coopératifs actifs et conscients de la part du lecteur.»

    A la lecture de tous ces points de vue, la « recette » du best-seller apparaît en filigrane, mais l’élément « miraculeux » qui conduit à la rencontre d’un auteur avec ses lecteurs reste un mystère, ce qui aurait tendance à rendre l’industrie du livre beaucoup plus humaine.

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